‹ La Contribution de la Méthode expérimentale à l'étude de l'HérpèsChapitre 46 sur 61 · HERPÈS ET FIÈVRE APHTEUSE · texte numérisé non relu

HERPÈS ET FIÈVRE APHTEUSE

La distinction entre l’herpès et la fièvre aphteuse ne s'impose pas d'emblée. Si les conditions épidémiologiques très spéciales dans lesquelles on contracte la fiévre aphteuse facilitent le diagnostic, celui-ci est très difficile à établir d’après la seule observation des symptômes. La fiévre aphteuse se présente chez l'homme sous la forme d'une maladie fébrile avec apparition d'aphtes dans la bouche. L'aspect de l’aphte ne serait pas caractéristique : on a bien distingué la stomatite aphteuse de celle de l'herpès par des vésicules plus larges, disséminées sans groupement en bouquet, à coloration plus jaune et donnant des ulcérations plus profondes. La confusion doit cependant rester fréquente, puisque la stomatite aphteuse vraie est une rareté et que la lésion désignée en général sous ce nom correspond soit à une affection microbienne, soit même dans. la plupart des cas selon Cougy à une stomatite herpétique. D'ailleurs on peut dans la fièvre aphteuse trouver des lésions cutanées bien voisines de celles de l’herpès, consistant en papules bientôt transformées en vésicules, puis pustules et ulcérations mais ayant des localisations habituelles au pourtour des ongles, rares à la face et aux organes génitaux. Enfin on rencontre encore dans la fièvre aphteuse des lésions septicémiques d'infection secondaire ou des complications nerveuses consistant en réaction méningée (TErNI: 1925) ou même en véritable encéphalite suivie de Parkinsonisme (LÉPeINE et BécnAuME 1923) et il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'après la guerre l'encéphalite est apparue en même temps que la fièvre aphteuse.

L'histologie ne différencie pas nettement l’aphte

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vraie de la vésicule herpétique. D’après KALLERT, puis CLuner, More et Pascaus, il y aurait d’abord nécrobiose du corps muqueux, puis chromatolyse et liquéfaction des cellules intermédiaires finalement vésicules assez analogues à celles de l’herpès avec liquide contenant les cellules nécrosées et dissociées. Ultérieurement la vésicule éclaterait et le processus se compliquerait alors d'une affection secondaire mettant 4 nu le derme et produisant une ulcération suivie de cicatrice.

L'expérimentation en dernier lieu sépare nettement les deux maladies. Le lapin se montre très réfractaire à la fièvre aphteuse et l'inoculation par le virus aphteux le laisse sensible à l'herpés (Marrani). L'homme au contraire très sensible à l'herpès se montre peu réceptif au virus aphteux, au point que la fièvre aphteuse de l'homme, prouvée par des cas de contagion et par des expériences, n’est pas encore admise par l'unanimité des auteurs.

En somme l'herpès et la fièvre aphteuse sont produits par des germes très voisins, à propriétés biologiques et pathogènes semblables, provoquant des lésions et des manifestations très comparables mais qui restent distinctes de par la clinique et de par l'expérimentation.

HERPÈS ET ZONA

L'herpèsetlezonasontconsidérés parcertainsauteurs en particulier par GrürER, par LUGER et LaANDA, comme dépendant d’un même virus, le zona correspondant à la variété la plus neurotrope du virus herpètique. Des recherches toutes récentes rapprochent au contraire le zona de la varicelle; d'autres encore font du zona un syndrome qui serait tantôt herpétique, tantôt varicelleux et parfois aussi d'une origine différente. Nous allons tout d’abord examiner les rapports établis entre l'herpès et le zona pour en arriver ensuite à la concep-

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