DE LA PRÉFACE
U est facile d'apercevoir- Fart avec lequel le peintre des Caractères arrange et dispense ses cooleurs dans ce petit tablean. Le lecteur , ou plutôt le spectateur , y est entraîné de surprise en surprise ; c^est une petite scène qui a son exposition, son milieu et son dénouement , pu rintérét croît à chaque phrase , où tout est disposé pour un seul objet-, pour faire ressortir cette idée , qui termine : a Après que vous^ aurez mis la dei*- » nière main , quelqu^un de ces pâtres qui habitent les i> sables voisins de Palmyre , devenu riche par les » péages de vos rivières , achètera un jour à deniers » comptants cette royale maison , pour Tembellir et la » rendre plus digne de lui. » Suard c^te plusieurs autres morceaux qu^il analyse et qu^il juge avec autant d'esprit que de finesse. Il fait voir qu'on trouve presque partout, dans les Caractères , cet .art de produire de l'effet, de soutenir l'attention. par les contrastes , de piquer la curiosité par la rapidité et la variété des tournures ; c'est tout le secret de La Bruyère , mais c'est un secret qui ne peut être que celui d^un grand écrivain. • ^ Depuis que ce poème a paru pour la première fois , Delille a présenté lui-même une esquisse bien vraie du caractère et des écrits de La Bruyère , dans l'article qu'il a consacré à ce grand moraliste , autome vi de la Biographie universelle.
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