Mgr Perraud, p
Nul doute que ce croyant si franc fût devenu tôt ou tard un catholique pratiquant. Mais il avait eu le tort de remettre au lendemain, et le lendemain ne lui fut pas accordé. Le lundi matin, 19 mai 1856, une attaque foudroyante de paralysie lui enleva l'usage de ses facultés! et durant les trois jours que dura son agonie il ne sembla pas avoir repris connaissance. Faut-il rendre, comme on l’a fait, l’optimisme confiant du P. Gratry responsable de n'avoir point prévenu ce subit engourdissement? Ayant attendu en vain un moment lucide, le père alla ce jour-là ou le lendemain, chercher le P. Pététot qui resta seul avec le malade. Le supérieur de l’Oratoire suggéra au pauvre paralytique les actes de foi, d'espérance, de charité et de contrition, puis lui donna l’absolution. Le curé de Saint-Sulpice lui administra ensuite l’'Extrêéme-Onction. Très agité avant la venue de l'abbé Hamon, le mourant parut très calme pendant la cérémonie *. Il rendit son âme à Dieu, Le jeudi 22 mai.
Avait-il eu la conscience des paroles et du ministère du prêtre ? M. Hamon en garda la douloureuse incertitude, affirmant seulement qu'Augustin Thierry « croyait à nos mystères, au précepte divin de la confession et à la nécessité de se réconcilier avec Dieu par les sacrements? ».
Pour nous, nous aimons à penser que même recus dans ces conditions, les sacrements de l'Église auront ouvert au chrétien aveugle des yeux du corps, mais intérieurement éclairé de la foi, les portes de la vision béatifique où dans la lumière divine l'esprit jouit de toute lumière.