Mgr Perraud, p
faits, aurait dû nous montrer quelque pasteur protestant venant lire la Bible au malade.
Il a mieux aimé contester la valeur du témoignage direct du P.Gratry et insinuer que l’Oratorien avait pris ses propres pensées pour celles de M. Thierry. M. Jules Bonnet, qui se trouvait à Clarens à l’époque de la mort et écrit en 1877, peut faire toutes les conjectures qu’il lui plaît; ses hypothèses ne tirent pas à conséquence. Le P. Gratry était sur place, à Paris. Huit jours avant le triste 22 mai 1856, il eut avec l'historien, devenu son ami, en présence de la princesse Belgiojoso, un entretien d’une demi-heure, cet entretien où il condamna si énergiquement toutes les sectes, et que nous avons résumé. Mais Gratry est franc; il avoue sans peine que la conversion, bien que de plus en plus accentuée dans le sens de la soumission à l'Église romaine, avait traversé graduellement d’autres phases. De lincrédulité Thierry avait passé premièrement à un christianisme dévoyé et incomplet : « Son esprit, s’élevant par degrés de l'erreur à la vérité, crut voir d’abord dans le protestantisme la pure doctrine de l'Évangile. C’est alors qu’il chercha la lumière à Genève. « En ce temps, ce sont ses propres expressions, «je ne me doutais pas de l’histoire de l'Église. Lorsque j'y «eus jeté les yeux, je vis clairement que le protestantisme «ne pouvait être la religion fondée par Jésus-Christ. Le pro- « testantisme et l’histoire sont entièrement incompatibles. Le «système protestant a été forcé de construire à son usage «une histoire fictive. Je m'étonne qu'on se maintienne «encore sur un pareil terrain ‘. » Que M. Bonnet ait persisté à s’y maintenir, c'était affaire à lui; mais bien inutilement, à moins d’ajouter un chapitre à cette histoire fictive stigmatisée ici, qu’il a essayé d'y ramener le sincère catholique ?.