‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 23 sur 48 · LA CRITIQUE PROTESTANTE : J. BONNET · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE PROTESTANTE : J. BONNET

avec un accent de foi que je n’oublierai jamais, les paroles que l’Église adresse à Jésus-Christ dans l’Eucharistie :

« Adoro te, supplex, latens Deitas, « Quæ sub his figuris verè latitas, « Tibi se cor meum totum subjicit, « Quia te contemplans totum deficitf. »

La série de ses pratiques dominicales, continuées deux années consécutives, trahit davantage encore l'expression réelle de son âme et accuse un fonds permanent de piété envers la messe, cauchemar des protestants. « Je m'étais imaginé, écrit Mgr Perraud, que l’illustre aveugle m'exprimerait le désir d'entendre successivement des pages choisies de notre littérature sacrée, peut-être certains épisodes des récits bibliques, — ou bien des chefs-d’œuvre oratoires de Bossuet, de Bourdaloue, de Massillon, du P. Lacordaire, — que sais-je ?

« Dans notre première entrevue et après l’échange des politesses et salutations d’usage, Augustin Thierry me dit : « Monsieur l’abbé, veuillez me lire les prières de l'ordinaire « de la Messe, » ce que je fis aussitôt, en commençant par le psaume /ntroibo, pour aller sans interruption jusqu'au Verbum caro factum est de l'Évangile de saint Jean. Ce fut la même chose tous les autres dimanches... Je n’oublierai

jamais de quelle façon il se disposait à entendre cette lec-

ture. Il se faisait habiller comme s’il avait dû aller en ville. Il avait même soin, en signe de respect, d’avoir les mains gantées. Je lisais PE dans la langue même de l Église, les prières liturgiques. Elles RE Be parfois à mon avt teur, et comme malgré lui, des cris d’admiration : « Que c’est « beau, disait-il à demi-voix! Que c’est grand! Que c’est « profond ! » Puis, quand je m'étais acquitté de mon oflice, il m’exprimait sa reconnaissance dans les termes les plus émus et les plus délicats ?. »

Cette reconnaissance n'avait rien d’affecté, car, ainsi que le dit Gratry, il tenait singulièrement à son service religieux du dimanche. M. Bonnet, pour diminuer l'autorité de ces

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