‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 36 sur 48 · CHR PRE PEN · texte numérisé non relu

CHR PRE PEN

nee. à fin

ep

Pad ai

que serait-ce après les ouvrages de l'abbé Delarc et de Martens !?

Ce que nous voudrions faire ressortir dans les travaux de Gorini, c'est le caractère par lequel sa polémique atteignit l'esprit d’Augustin Thierry, mieux encore lui toucha le cœur. M. Aubineau, écrivain laïque, ne voyait qu’une cause en jeu, celle de la vérité religieuse. Gorini était prêtre; l'âme de son adversaire était pour lui une âme à gagner. « Démasquer l'impie par la science et le sauver par l'attrait de la charilé », telle était sa devise?.

De ce désir apostolique de ramener au bercail les brebis égarées résultait en lui une croyance bienveillante à quelque bonne foi chez tous, même chez ses pires ennemis. Comment lui, qui avait surpris si souvent les écrivains hostiles à l'Église en flagrant délit de mensonges, d'équivoques ou de réticences habiles, de procédés qui répugnent en apparence à la probité ou à l'honneur, en était-il arrivé à se mettre un bandeau sur les yeux pour voir en eux ou la bonne intention ou l'ignorance coupable en principe plutôt que dans ses conséquences, c'était l'effet de sa native candeur, et aussi de sa longue expérience. Après avoir mis parfois une année à reprendre l'ouvrage d’un auteur en sous-œuvre, il pardonnait beaucoup à la nécessité de produire vite; il savait à combien d'erreurs involontaires prêtent la lecture superficielle des textes, l'esprit de système, la profondeur des préjugés, l'am-

bition de faire du neuf, ce que Lacordaire appelle l'inven-

tion en histoire # et ce qui lui faisait dire à lui : « Walter Scott a gâté tous ces messieurs *»; enfin la vanité littéraire

et on a remarqué votre silence. Il vous suffira de reporter votre patiente attention sur les citations et témoignages contemporains des Normands et des Saxons, pour mettre toutes choses dans leur vrai jour, ce qui suffit pour une complète apologie, » Dom Pitra à Gorini, Solesmes, 20 février 1838, — Lettre citée incomplètement dans F, Martin, p. 163.

1. Gregor VII, sein Leben und Wirken, dargestellt, von Wilhelm Martens. Leipsig, 1894, 2 vol, in-8. Dans sa remarquable critique de cet ouvrage (Analecta Bollandiana, t. XIV, fase. 11, 1895, pp. 214-223), le P. Ch. de Smedt se range, au sujet des derniers moments de Grégoire VII, à l'opinion de Gorini, qu'il reconnaît avoir très bien dit, contre Martens.

Page 1