F, Martin, p
4, Ibid., p. 194.
et la prétention à Pinfaillibilité lui paraissaient aller trop souvent de pair avec la prédominance de l'imagination ou des idées préconçues. C’est parce que je vois ces causes d’erreurs si nombreuses et presque inévitables, a-t-il déclaré solennellement, « que je ne puis consentir à soupconner de mauvaise foi ceux qui y succombent! ». Il apportait toutefois à son principe cette sage restriction : « Par ce respect sincère des écrivains que je réfute, je me délivre du dégoût qu apporterait la pensée que je suis aux prises avec des calomniateurs. »
Cette horreur instinctive du mal et cet impérieux besoin de croire au bien ne le servirent avec personne mieux qu'avec deux hommes supérieurs : Guizot, qui lui voua son estime mais sans faire un pas de plus vers le catholicisme, et Augustin Thierry, qui se sentit attiré et vers son critique à la plume si sacerdotale, et vers la religion qu’il représentait. « Je n'ai vraiment pas eu grand mérite à rester poli envers MM. Thierry et Guizot, écrivait-il, il m’a suffi de comprendre que la vérité comme toute autre lumière doit être sereine pour éclairer. » Le ceste n’était bon à ses yeux qu'avec les écrivains des bas-fonds de la littérature; avec ceux qui se respectent, 1l préférait les gants?.
Cette honnêteté de style, cette mesure dans la fermeté, cette modération dans une force qui se sentait sûre d’ellemême lui assurèrent la victoire définitive. S’il rouvrit au cœur d’Augustin Thierry la blessure portée par les coups de M. Aubineau, ce fut pour verser en même temps le baume sur la cicatrice qui saignait encore. « Que les erreurs de M. Thierry aient été préméditées, avait-il écrit dans la Défense de l'Église, ce soupcon je le repousse de toutes les forces de ma conviction. » Il ne s'était pas trompé.