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ils n\>Dt à exciter que des passions mauvai* ses ; mais elle est le géqie des orateurs de la liberté. C'est elle qui les avertit de ce qu'ils ont à dire , et de ce qu'il but taire ; c'est elle qui donne l'autorité à leur geste et la puissapœ à leur parole ; c'est elle qui leur fait mépriser même la poj^larité , lorsqu'elle ue peut s'acquérir qu'aux dépens de la justice et des vrais intérêts de la patrie ; c'est au^ par elle que la gloire s'attache à l'itamortalité.
Le général Foy avait reconnu toutes les positions sociales> Il avait vu que la contrerévolution se servait de la restauration pour asseoir sa tyrannie, et que, toute force mo^ raie manquant à ses desseins^ elle se plaçait dans les lois , se &isait ainsi une législation à son usage , et envahissait en même temps tous les pouvoirs de l'état. Il voyait un redouta^ ble auxiliaire accourir au secours de la oan-< tre- révolution, armé d'aoathënies et de fanatisme* Ce parti , que distingue k nom de congrégation^ après avoir suivi des routes ténébrei]|^s>.se mont ait enfin au gra9id jour; sa voix était menaçante, son front aiqpeirbey
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son OBil eaâamikië ; il marquait déjà k liberté rdîgiense pour aa premièf e victime*
Dans cette coiQplîçation d'intérêts, la lutte entre les doctrines était établie; chaque mesure législative de yait être noise à découvert ; il ne s'agissait point de persuader une assem* blée, mais d'avertir la société. La vérité, glis^ sant sur des majorités glacées , rejaillissait hors de l'enceinte d?8 discussions , et arrivait au peuple, avide de l'entendre ; au peuple, qui la recevait coinine la consolation du pré* sent, comme l'espérance de l'avenir. La contre-révolution, gênée par cette courageuse franchise 9 par cette éloquence populaire qui survivait h la clôture et au^ que$tionspréalahle9, reprochait à l'opposition de parler par lafe-^ nétre : comme s'il était possible de parler autrement , lorsque l'évidence n'a plus de force sur les esprits, que tous les intévéts sont compromis, et qu'il ne reste d'autre ressource que d'armer l'opinion pour la défense de ces metmes intérêts !
Jamais orateur ne pron^NQça avec plus d'au-
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toritë les noms d^honneur et de patries Faut^ il s'étonner si tant d'échos en France répétèrent et répètent encore ces mots magiques que la contre- révolution veut abolir? Le général Foy portait à la tribune cette fermeté de caractère qui s'était fortifiée dans les camps; il y avait quelque chose dans^on attitude et dans son regard qui imprimait le respect. Toujours calme au milieu des plus violents débats , il ne se laissait émouvoir ni par le nombre ni par les clameurs passionnées de ses adversaires. Les interruptions soudaines donnaient encore plus d'élan à son éloquence ; et c'est avec une présence d'esprit admirable qu'il repoussait des attaques imprévues. On se rappelle cette voix contre-révolutionnaire qui , au moment même où il entrait avec chaleur dans une importante discussion , Finterrompit pour lui demander la définition du mot aristocratie. c( L'aristocratie , répondit- » il, sans s'émouvoir, l'aristocratie au dixy> neuvième siècle , c'est la ligue , la coalition » de ceux qui veulent consommer sans pro- » duire , vivre sans travailler, occuper toutes » les places sans être en état de les remplir,
y> envahir tous les honneurs sans les avoir mé^ » rites : voilà l'aristocratie. » La voix contre-^ révolutionnaire se tut , et la nation applaudit.
Toutes les hautes questions de justice et d'humanité trouvaient dans le général Foy une éloquence sympathique et un chaleureux defenéeur. L'Espagne abandonnée aux angoisses de l'anarchie , aux tortures du fanatisme ; la Grèce réveillée du long sommeil de la servitude , et luttant corps à corps avec le formidable empire de Mahomet: la révolution sillonnant les vastes contrées de l'Amérique méridionale, y déposant ses germes indestructibles, et appelant ces peuples nouveaux à l'inr dépendance ; tous ces grands spectacles enflammaient la parole de l'orateur-citoyen , et lui inspiraient ces pensées brûlantes , ces mots impérissables qui font battre les cœurs et se fixent dans tous les souvenirs.
Il avait aussi cette éloquence réfléchie , infatigable, qui saisit l'ensemble d'une question, en approfondit les détails, et en déduit toutes les conséquences^ Ses étndes laborieuses , un
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tnTail constant d'observations et de com{»raisons, avaient enrichi son esprit de con];iaissances positives et variées. Telle était la netteté de sa pensée, que rien de vague et d'obscur n'y pouvait entrer , et que la vérité en sortait comçie une vive lumière ; le sophisme et la mauvaise foi disparaissaient devant elle. Habile administrateur, il redressait tous les écarts de l'administration ; sentinelle vigilante de la fortune et du crédit public , il les défendait avec une persévérance à toute épreu-* ve; couvert de glorieuses cicatrices, il ou^ bliait que chaque émotion dé la tribune était un danger pour lui ; il vivait pour la patrie , et il est mort pour elle.
Ne lui demandons point le secret de sa composition : il était tout entier dans son àme. Rien d'étudié, rien de calculé dans sa manière ; tout est plein dans ses discours, et, ce qu'il y a de caractéristique , on n'y trouve aucune superfluité. Son abondance n'est jamais stérile; avare de mots, l'expression la plus simple met sa pensée en relief, et cette simplicité est encore un ornement. Si une
grande vérité s'offre à sa pensée, illMnotice avec une énergique précision , et c'est le pivot sur lequel tournent tous ses raisonnements.
ce La force et le droit se disputent le monde, y> dit- il, en s'adressant à rémigration^ impa* » tiente de son milliard ; la force et le droit j) se disputent le monde : le droit, qui institue » et conserve la société ; la force, qui subju-^ y> gne et pressure les nations.
» Qu'fest-çe que le droit? C'est, pour les » actes du go^vernciinent , çommQ pour ceu:^ y> des particuliers , la conforn^ ité aux lois pp- 9 sitiyes çt à ces principes d'éternelle raison » qui sont la bs^se des lois de tous les pays. Il y> n'y a devant ces lois que deux questions à )^ résoudre : L'émigration était-elle volontaiiir® » ou forcée? qu'allaient demander les émi- » grés aux étrangers ? »
La question ainsi posée, l'oratçur entre avec fermeté dans la discussion ; ses raison* neménts ^ pressent , ses preuves se développent dans un ordre parfait. L'intérêt du pays.
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l'iniëfét da trône, celui même de l'émigration y 8è montrent tour à tour pour repousser une loi funeste, ce Je n'y vois, s'écrie l'ora- » teur en finissant , que désordre dans le pré- » sent et trouble dans l'avenir. Ce n'est pas » moi qui m'associerai à cette œuvre dé mal- » heur. » L'assemblée , émue enfin par tant d'éloquence , frémit , et la loi passe.
On a voulu comparer le général Foy à d'autres orateurs ; celui qui en a le plus approché est ce vertueux Camille Jordan y qui fut son ami , et qui mérita de l'être. Le cœur de Camille Jordan palpitait aussi d'indignation contre les ennemis de la France. L'aspect menaçant de la contre-révolution avait exalté son énergie morale ; mais les efforts de la tribune abrégèrent aussi sa vie , et ôon dernier soupir fut pour la liberté.
Faut-il rappeler Mirabeau et Vergnîaud?
Ils ont eu le génie propre à leur époque. Mirabeau , porté par la révolution , avait l'avantage de l'attaque j sa force se multipliait par toutes les forces d'une puissante majorité : il
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parlait en triomphateur devant un pouvoir vaincUé Le général Foy, au contraire, soutenait les attaques de la contre-révolution , victorieuse et acharnée sur sa proie. Toujours en défense , son éloquence était protectrice i*t non agressive ; les élans de cette àm#héroïque n'avaient rien d'hostile. La stabilité du trône, la gloire et la prospérité de la patrie , voilà ce qu'il protégeait avec les armes de la raison €t les soudaines illuminations du génie*
L'éloquence de Vergniaud fut orageusç comme le temps où il vécut ; il lance des foudres, mais il répand peu de lumière. Son admirable langage est rempli d'émotions et d'images; il appelle à son aide tout le pathétir que des passions. Le général Foy, s'adressant à la raison publique et aux intérêts de tous ^ échauffe et éclaire tout à la fois. Il est inconi<r parabie lorsqu'il défend la gloire nationale insultée et l'honorable misère de ses compa^ gnons d'armes ; lorsqu'il conjure le ministère, si prodigue envers ses agents , d'épargner les cent cinquante ofiBlciers généraux de notre vieille armée, atteints dans leur repos et leur
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existence par ce qu'il nomme a le dernier » coup de canon échappé de Waterloo. » Le général Foy ne souleva jamais que les plus nobles affections ; s'il s'indigne de la calom'nie , c'est l'indignation de la vertu ; placé audessus deft passions vulgaires , il s'oublie luir même , il ne^oit que la patrie , il ne respire que pour la patrie.
J'entends demander quels services il a ren* dus^ comme législateur, à son pays. (Quels services ! je vais vous le dire* Il noitô a formés aus. habitudes et au langage de. la liberté; il a soutenu , il a fortifié ces opinions constitutionnelles qui , au milieu des clameurs du fanatisme et descrid vindicatifs d'une aristocratie contre-révolutionnaire, se répandent, s'affermissent , et poussent leurs racines jusque «dans les fondations de l'édifice social. Du haut de la tribune nationale, il (exprimait les vœux de la nation , et la nation l'écoutait avec reconnaissance et admiration. Sa voix libre et retentissante prévenait le découragement, rassuiait la faiblesse, intimidait le despotisme administratif, ralentissait son activité, et lui
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opposait deux forces dominantes , la sagesse et le temps. Qui plus que lui a contribué à vaincre ces préjugés qui séparaient les hommes généreux, divisés d'opinions sur quelques points , mais enfin réunis pour soustraire les libertés publiques aux atteintes d'une ^secte impie dont l'audace veut associer la religion à la tyrannie ? Vous demandez quels ont été les services rendus par le général Foy ! Ne parlons ni des triomphes de son éloquence, ni de ses travaux guerriers : venez près de cette fosse où va descendre l'enveloppe matérielle de sa grande àme ; contemplez cette immense population plongée dans le deuil , calme dans sa douleur, et adoptant, au milieu des larmes , les jeunes fils du héros-citoyen ; entendez la France entière répondre avec enthousiasme à cette noble inspiration. Quel plus grand service que la révélation de l'op^ nion nationale , toujours la même , toujours unanime , qui sort toute-puissante d'un tombeau , et qui nous montre l'orateur de la liberté devenant , même par sa mort , le bien^ faiteur de son pays ?