‹ La conversion d'un romantiqueChapitre 8 sur 29 · LORD ORMOND · texte numérisé non relu

LORD ORMOND

Qui chante ainsi? C'est quelque fou, Ou Rochester ! Lui-même !... Allons , sur son genou ' Le voilà grijQTonnant !

)> Il ne manque à Rochester que la guitare du joyeux Barbier. Ces deux personnages ont plus d'un trait de ressemblance : ils sont tous deux intrigants et gais ^ mais Figaro est spirituel et d'une gaîté franche; celle de Rochester est triste , grimacière et dénuée d'esprit. Il n'y a , par exemple , rien de plaisant dans l'obstination de Rochester à lire' au premier venu un madrigal d'une extrême fadeur. Sur le refus d'Ormond de subir une telle lecture, Rochester lui apprend qu'il est devenu amoureux de lady Francis, la plus jeune des filles du Protecteur. Il l'a vue à la fête

d'un romantique. io5

Que la cité de Londre Donnait au vieux CroiUTtrellé Dieu veuille le confondre! J'étais fort curieux de voir le Protecteur. Mais quand , de son estrade atteignant la hauteur, J'eus aperçu Francis, si belle et si modeste. Immobile et charmé, je n'ai plus vu le reste. Ivre , en vain , en tous sens par la foule pressé , Mon œil au même objet restait toujours fixé ; Et je n'aurais pu dire , en sortant de la fête , Si Cromwell en parlant lève ou penche la tête , S'il a le front trop bas ou bien le nez trop long , Ni s'il est triste ou gai , laid où beau , noir ou blond.

» Ces plaisanteries sont d'un goût détestable, et d'un style dont l'incorrection est frappante. Mais je m'abstiendrai de remarques critiques sur l'emploi du langage :. elles seraient trop nombreuses ; et d'ailleurs nos jeunes maîtres mettent au nombre des droits acquis au romantisme celui de dénaturer la langue et de faire impunément dessolécismes.

Ils ne veulent pas emprisonner leur génie dans les règles de la grammaire : ce serait une imitation trop serviie au classicisme caduc. Bevenons à Cromwell ! Rochester finit sa tirade par ces mots :

Xo6 h A CONVERSION

Je suis fou.

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