PRELIMINAIRES
lioM de l'autre .' C'est ce que je voulais juger eu connaissance de cause : je priai donc Joseph Delorme de reposer tranquillement dans son tombeau; et j'attendis avec patience le beau jour de sa résuri'ection.
Ce jour est arrivé ; l'expérience décisive a été faite : le drame d'imagination s'est montré sur la scène ; il a paru avec toute la pompe des costumes , des décoralions , tout le prestige de la curiosité habilement excitée. Je n'hésite plus maintenant à le déclarer, Her- 7iani, et les pièces qui lui ressemblent, ne sont que des mélodrames beaucoup moins intéressants que ceux qui se jouent sur les boulevarts; ils auront la même destinée : la foule y viendra , comme s'il s'agissait de voir un monstre, un jeu capricieux de la nature, tel, par exemple, que l'enfant bicéphale, Ritta-Christina ^ mais, la curiosité satisfaite, ces informes productions d'une imagination déréglée tomberont dans un insultant oubli ; les maîtres de la scène ne seront point détrônés.
Il n'y a de nouveau dans Hernani qu'un langage (pii n'a pas de nom. Ce langage fait mentir la définition du maître de philosophie de M. Jourdain, qui prétendait qu'on ne peut parler qu'en prose ou eu vers. Le style àiHernani, comme celui de Cromwell, est une espèce de jargon bâtard qu'on ne sait comment qualifier, qui n'a ni la mesure du vers, ni le mouvement naturel de la prose. Si la pensée n'y