LA CO?a'ËRSION
)) — Que le christianisme, répliqua le docteur , se dégage donc de l'intolérance , du fanatisme, des idées superstitieuses, qui abrutissent riionimc ! Qu'il insiste moins sur le dogme et plus sur les devoirs; que le pauvre et le riche, le faible et le puissant, s'y rencontrent, de fait, égaux devant le prêtre comme devant la Divinité ! que le sanctuaire n'ait pas deux poids et deux mesures, une morale pour les grands , une autre pour les petits ; qu'il redevienne ce qu'il a été dans l'origine; et la philosophie se reconnaîtra dans ses principes et sa morale ?
» — En quoi , reprit Joseph , faites-vous donc consister la science de l'homme?
» — Dans la morale , à remplir sa destination , et c'est tout dire : dans les sciences proprement dites, à ne jamais subslituerd'hypothèses aux faits réels. Que l'observation vous serve de guide ! Constatez les fluts; cherchez les rapports qu'ils peuvent avoir entre eux : c'est parla seulement que vous arriverez à d'utiles résultats.
d'un ROMAINTlQUi:. T'.'jS
ï) On peut appliquer à la philosophie les excellentes réflexions de notre ami sur la littérature. Il y a deux philosophies : l'une du iiionient, l'autre éternelle. On s'amuse quelques jours de la première ; l'autre se perfectionne par l'expérience et les découvertes progressives des fliits. Les nombres de Pythagore et de Platon, les atomes d'Épicure^ les tourbillons de Descartes , les idées innées de Mallebranclie , les monades de Leibnitz , l'œstliétique transcendentale de Kant, ont servi de fondement à des systèmes qui se sont évanouis (( comme les fabriques sans base d'une vision (i). « Les phénomènes de conscience sont de la même famille , et éprouveront la même destinée. Ce qui ne périra pas, c'est la philosophie morale, ({ui rend Ihommc meil-
(i) « Like the baseless fabric of a vision. »
( Paroles de Prospcro clans la tempête de Shakspeare. )