‹ La conversion d'un romantique, manuscrit de Jacques Delorme, publiéChapitre 42 sur 46 · SUR l'éloqite>ce · texte numérisé non relu

SUR l'éloqite>ce

iiiières des sociétés, s'arma de toutes sis foudres pour renverser la monarchie absolue, fondée par Richelieu , décorée plutôt qu'affermie par Louis XIV, privée de respect sous la régence , abandonnée ensuite pendant un demi- siècle aux caprices de l'arbitraire, aux coups de la fortune et aux mécontentements du peuple. Toutes les classes s'étaient réunies pour la destruction ; elles se divisèrent lorsqu'il fallut refaire Tordre social ; chacune d'elles parut sur la scène, avec ses passions, ses intérêts , ses vieux ou ses nouveaux préjugés. L'éloquence fut alors appliquée aux plus hautes questions d'ordre public ; les discussions, calmes et réfléchies dans l'origine, s'animèrent par degrés ; enfin , toutes les résistances intérieures étant vaincues, la monarchie constitutionnelle s'éleva sur des bases déjà chancelantes sous le poids des factions et au milieu des mouvements impétueux d'une nation devenue libre sans avoir acquis les mœurs et les habitudes régulières de la liberté.

Chaque époque digne de mémoire enfante

Phomnie qui lui convicnl. Cet homme apparaît à tous les regards comme un géant ; il frappe les imaginations et se place sur les hauteurs de la société ; à sa voix , tout marche , tout se précipite dans la liberté ou dans la servitude. Ecoutons Mirabeau s'adressant , en 1789, aux états de Provence :

« Dans tous les pays , dans tous les âges , )) les aristocrates ont implacablement pour- » suivi les amis du peuple ; et si , je ne sais » par quelle combinaison de la fortune , il » s'en est élevé quelqu'un dans leur sein , c'est » celui-là surtout qu'ils ont frappé , avides » qu'ils étaient d'inspirer la terreur par le » choix de la victime. Ainsi périt le dernier » de.î Gracques de la main des patriciens ; )^ mais , atteint du coup mortel , il lança de » la poussière vers le ciel , et de cette pous- » sière naquit Marins • Marius, moins grand » pour avoir exterminé les Cimbres que pour » avoir abattu dans Rome l'aristocratie de la » noblesse. »

A ces menaçantes paroles, la révolution

Page 1