‹ La conversion [microform]Chapitre 25 sur 48 · Les Témoins du renouveau catholique, p · texte numérisé non relu

Les Témoins du renouveau catholique, p

pour un incrédule qui cherche la lumière en toute sincérité un acheminement vers la vérité. Le cas est exceptionnel ; l'histoire de M™® Mink-JuUien nous montre qu'il n'est pas chimérique. Élevée dans l'athéisme, mariée à un socialiste militant, animée d'une haine farouche contre l'Eglise catholique, elle reste veuve à Hanoï. Pour complaire aux sollicitations d'une amie, elle essaye, sans y croire, des tables tourmantes. Elle obtient des réponses qui se donnent comme venant de son mari, réponses sages, mesurées, si bien qu'elle finit par ne plus douter de Inexistence d'un monde spirituel. Un jour même, la table demande à une amie de M'"® Mink-Jullien de réciter pour celle-ci un Pater et un Ave Maria. « Le soir, écrit la future convertie, j'étais occupée à méditer sur toutes ces choses étranges, et j*étais étendue sur ma chaise longue, les 3'^eux fermés. Je ne saurais vous expliquer clairement ce qui m'arriva alors. Je me sentis pénétrée d'une lumière intérieure très douce, très rapide et très légère. C'est le cas oujamaisde dire que « c'était comme l'aube d'un jour merveilleux. » Dans un centième de seconde je

compris, je ne sais comment, que Dieu est.

Cela était déjà comme les prémices d'une révélation lumineuse ^ » De cette illumination à la demande positive du baptême chrétien , il y aura encore du chemin, mais la route est ouverte et l'âme ira jusqu'au bout.

A iiiesnre que l'âme approche de la vérité, la grâce continue de l'assister avec une merveilleuse souplesse. Rien de plus délié, de plus délicat, de plus personnel que l'action du Saint-Esprit. Il coopère avec l'âme,

1. Les Voies de Dieu, p. 58-59. — L'interprétation de ces faits est délicate, étant donné le mj'-stère dont ils s'enveloppent. Pourtant il n'apparaît pas impossible que Dieu se serve excepUonnellement d'un moyen, dont l'usage plein de dangers pour les catholiques, justifie les prohibitions de l'Eglise, mais qui n'est pas prouvé être toujours et nécessairement mauvais. Conîme le remarque le R. P. Mainage, dans sa préface au récit de M"° Mink- Jullien, « si l'Eglise défend de prouoguer les phénomènes de l'occultisme, elle ne se prononce pas sur le fond du problème. Elle ne dit pas que nécessairement et par essence tout phénomène de ce genre soit un effet démoniaque » (p. xvii). Le même auteur ajoute judicieusement que cette utilisation exceptionnelle du spiritisme pour une bonne fin « ne nous autorise nullement à induire que Dieu sanctionne la prétention de certains croyants » à le pratiquer. « Entre M""= Mink-Jullien et ces chrétiens peu scrupuleux, il y a toute la distance qui sépare la bonne foi de la curiosité malsaine et maladive ». {Ibid., p. xx-xxi).

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mais avec l'âme telle qu'elle est^ qui n'est pas l'âme en géiiéral, mais râm.€ avec ses particularités individuelles, son passé, ses penchants, ses goûts. Ondoyante et diverse comme les esprits humaiiis, la grâce les aide à trouver les raisons de <:roirequiont chance de s'insérer plus profondénient dans le contexte psychologique du futur converti, d'en colorer de façon plus intense les divers éléments, intelligence, volonté, mém.oire, imagination. A l'artiste que séduit la beauté, elle fera goûter les richesses inépuisables de la liturgie et en découvrira ia source divine. Au psychologue ou à l'ascète épris de valeurs morales, elle offrira le spectacle de la sainteté, sainteté présente ou sainteté passée^ individuelle ou collective. Dans le philosophe intellectualiste, elle excitera l'admiration pour l'harmonie et la grandeur de la synthèse dogmatique. Aux esprits positifs, avides d'ordre et de netteté, elle donnera de comprendre la stabilité de l'Eglise catholique et sa magnifique intransigeance. D'autres, dont le culte protestant ne peut assouvir le désir d'une union intime avec Dieu, seront attirés par la richesse de la vie sacramentelle catholique^

spécialement dans la Sainte Eucharistie ^ Autant de raisons excellentes, sur lesquelles appuyer une foi absolument certaine, car elles ne sont que des aspects « de ce grand et perpétuel motif de crédibilité, de ce témoignage irréfragable ^), que constitue l'Eglise catholique. Aussi ne voyonsnous aucune raison d'imaginer à leur endroit, après le R. P. Gardeil et ses disciples, une théorie dite des suppléances subj ecti ves de la crédibilité; comme si ces raisons ne pouvaient^ dans les mêmes conditions que le miracle physique et la prophétie, fonder une foi objectivement certaine. L^Évangile ne donne-t-il pas des louanges à ceux qui pour croire n'ont pas besoin de prodiges et reconnaissent la divinité du Christ à la seule présentation de sa doctrine ^ ? Tels ces Samaritains, dont parle saint Jean, qui crurent, non pour ce que le Christ avait raconté à la femme rencontrée près du puits de Jacob, mais « pour l'avoir entendu lui-même* x.

\. Voir les autobiographies publiées par le R. P. Abt sous le titre : ï/ne conversion de protestants par la Sainte Eucharistie, 2' édition, Paris (Beauchesne), 1911.

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