Confessions, liv. VTII, chap. v
passe à l'intime de rame. Pour qu^elle devienne un argument, un motif de crédibilité perceptible à ceux du dehors, il faut que la transformation intérieure se manifeste par des effets sensibles, et tels qu'ils distinguent la conversion de tout phénomiène purement naturel.
On pourrait d'abord songer aux témoignages de convertis qui affirment avoir expérimenté en eux de la façon la plus certaine une action surnaturelle de Dieu, un « dualisme » qui se révélait nettement à leur conscience. La difficulté est que ce dualisme, non pas simplement réel, mais senti^ expérimenté, est loin d'être universel et de constituer un caractère inhérent à toute conversion. S'il est juste de dire avec le R. P. Mainage : « Le converti n'est pas seul sur le chemin qui conduit à la vie catholique, il est deux », il ne paraît pas qu'on puisse ajouter en bonne psychologie: « Il se sent deux, et ce dualisme est tellement universel que je n'hésite pas à y reconnaître l'un des traits fondamentaux, sinon le trait essentiel de la conversion ^ »