‹ La conversion [microform]Chapitre 47 sur 48 · Le Voyage du Centurion, p · texte numérisé non relu

Le Voyage du Centurion, p

la libre pensée, ne pourra que renforcer l'argurtient^ : qu'on prenne les plus en vue de ces apostats, qui donc^ s'il n'a pas perdu tout sens des valeurs spirituelles, oserait mettre en balance la libre humilité d'un saint François d'Assise et la fougue anarchique d'un Luther, la sincérité de Newman et l'obliquité de Renan ! A fructibaseorum cognoscetis eos.

Restent, il est vrai, les objections tirées de la névrose et du subsconscient. Mais ce sont là de ces explications unilatérales, qui ne tiennent pas devant la variété, la complexité, et, on pourrait dire, la santé des convertis au catholicisme. Le plus habile protagoniste de la psychologie subliminale, William James, est, d'ailleurs, le premier à reconnaître, dans son étude de la conversion, « qu'il y a des envahissements du champ de la conscience qui ne semblent pas correspondre à une incubation consciente prolongée », et que dans des caS;, « où la crise mentale aboutit à des conséquences utiles et conformes à la raison, on pourrait invoquer une hypo-

1. Voir le livre du R. P, Mainage,^Ze Témoignage des apostats, Paris, 1916,

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thèse plus mystique et plus théologique ^ »

Et même une difficulté qui pourrait paraître beaucoup plus sérieuse, celle de déterm.iner les lois d'une psychologie purement naturelle, de fixer la limite de l'effort purement humain, ne saurait arrêter longtemps les chercheurs pieux et diligents.

L^expérience montre que ceux qui sont en ces dispositions discernent avec une admirable sûreté la sainteté surnaturelle, distinguent sans hésitation le dévouement chrétien et la philanthropie purement hum.anitaire. La grâce donne même aux plus simples, aux moins instruits, un tact, une pénétration, qui leur permettent, à quelques indices bien présentés, d'inférer la source divine de ces vertus plus qu'humaines. L'induction surnaturelle jouera avec la même facilité chez ces âmes bien disposées au spectacle de quelques conversions particulièrement admirables. D'ins-

1. \Pilliam James, V Expérience religieuse (traduction française^, 2' édit., Paris, p. 200-201. — Pour une discussion détaillée, je renvoie au R. P. Mainage, la Psychologie de la, conversion,. sb:v.î que, pour les raisons précédemment indiquées, je ne saurais attacher la même importance que. lui au « dualisme dans Tàme des con.vertis ».

tinct elles iront à la cause véritable, et cette découverte positive contiendra implicitement l'exclusion de toutes les explications purement naturelles. C'est à ces chercheurs pieux et diligents que s^adresse l'argument tiré des conversions^ comme d'aillleurs tout argument apologétique. Ceux-là seuls peuvent en être frappés et vibrer à son contact que la bonne volonté, aidée de la grâce, met à l'unisson de la beauté surnaturelle. « Reçois ce qui est goûté plus tôt qu'appris, écrivait saint G3^prien à Donat, ce qui n'a pas besoin des patients délais d'une longue enquête, mais est saisi en un instant, quand la grâce atteint sa maturité*. »

1. « Accipe quod sentitur antequam discitur, nec per morastemporumlongaagnitione colligitur, sed compendio gratiae maturantis hauritur, » (Ad Bonatnm, c, II. Edition Hartel, vol. III, pars I, p, 4.)

Vannes. — Imp. Lafolye, Frètes.

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