‹ La conversion [microform]Chapitre 46 sur 48 · I-A COî^ VERSION · texte numérisé non relu

I-A COî^ VERSION

les plus révélatrices. La valeur humaine de présentation, le talent littéraire sont loin d'être à dédaigner, surtout de nos jours : ce que nos contemporains attendent des convertis qui prennent la peine d'écrire, ce n^est pas le démarquage d'une thèse de théologie ou d'apologétique, mais un document candide de psychologie religieuse, une histoire, non un tract. N'est-il pas clair par Fexemple de saint Augustin que, si les Confessions ont gardé uneinfluence toujours actuelle, elles le doivent pour une large part à la culture classique de leur auteur ? Saint Augustin soumit à l'opération de la grâce une âme que les lettres avaient profondément pétrie et disposée de . la sorte à distinguer ce qui se passait (en elle, à saisir avec une agilité merveilleuse les nuances de la vie intérieure et à les juger.

Conversions soudaines et cependant persévérantes en des hommes parfaitement sains d'esprit ; conversions héroïques où tout est sacrifié à Tamour de la vérité, fortune, amitiés, affections de famille ; conversions de prodigues revenus de très loin et qui montent très haut Jusqu'à l'éminente

sainteté ; conversions d'hommes remarquables par les dons de l'intelligence et du cœur, qui, à travers mille difficultés, mille tourments d'esprit, sans autre souci que d'être fidèles à la lumière, abordent au Christianisme où ils trouvent pour leur âme une paix inaltérable et pour leur influence la fécondité : autant d'indices à rassembler, à grouper en un lumineux faisceau. Toutes ces beautés spirituelles convergent dans le Christianisme et ne se rencontrent que là, et en les contemplant, le voyageur, encore engagé dans les voies sinueuses de Terreur ou du péché, mais qui sent déjà sa misère, entendra au fond de lui-même une voix obscure qui lui dira, comme à Maxence : « Non, il n'est pas possible que la vie soit là, dans cette rancœur, dans cette amertume immense de la conscience mauvaise. Il n'est pas possible que la vraie route soit celle-ci qui ne mène nulle part, ni que les saints ne prévalent pas contre nous^ »

Le contraste avec les convertis à rebours, les transfuges de l'hérésie ou de

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