La Convocation des États généraux en Provence
La Convocation des Etats généraux en Provence lïa fait jiisquà présent Vohjct (Vaiicune élude d'ensemble. A défaut d'autre mérite, j'oserai donc revendiquer pour ce livre celui de la nouveauté.
Si je ne craignais de paraître avantageux Je dirais, en parlant du sujet, non pas quil est intéressant, mais qu'il passionne. Dans cette Provence oii tous les ordres témoignaient du plus vif attachement pour leur constitution, on a vu une partie de la noblesse prêter le serment de désobéir aux ordres de son roi et, fidèle ci ce serment, faire le vide autour des représentants du pouvoir qui présidaient les assemblées des sénécliaussées, élire des députés contre le règlement royal et les charger de porter à Versailles V assurance d'un respect qu'elle venait de démentir. On a vu le haul clergé, archevêques, évoques, chanoines, parler d'union et de concorde, mais contester aux curés le droit de siéger à leurs côtés, se plaindre que le roi leur eût attribué toute influence dans les assemblées électorales et les curés refuser leurs suffrages à cèux-lci qui, tout en les sollicitant, leur témoignaient le plus outra-
(jeanl dédain. On (i vu dans les villes la bourgeoisie essayer d'annihiler par des manœuvres suspectes la prépondérance numérique que le roi venait d'accorder aux artisans et (uix ménagers, et ceux-ci riposter en imposant l élection d'hommes qu'ils croyaient dévoués éi leur ccuise ou bien encore en élire eux-mêmes^ sans scrutin et par accUunation.
Devant ces manifestations aussi diverses, mais qui ne sauraient surprendre dans un pays où les âmes sont naturellement portées aux extrêmes ^ j'ai plaint r aveuglement des uns et douté de leur bon sens, j'ai admiré le courage des autres et applaudi au triomphe pacifique de leurs idées, parce que ce triomphe m'a paru être celui de la justice et de la raison.
ABREVIATIONS
i:mpl()ykes dans ce livhi:
C — (^ Ici' (je.
N. — Noblesse.
T. — Tiers Étal.
N. P. F. — Nobles possédanl fiejs.
l. — liasse.
p. — page.