‹ La Convocation des États généraux en ProvenceChapitre 58 sur 116 · LA MAN(EUVRE DE MICHEL POYET · texte numérisé non relu

LA MAN(EUVRE DE MICHEL POYET

nécessaire aux opérations ecclésiastiques. Nous ne saurions oublier que les évêques sont les admistrateurs-nés des diocèses ; eux seuls peuvent unir et supprimer; eux seuls peuvent exiger de nouveaux titres; c'est dans eux seuls que réside la juridiction ecclésiastique et, dans nos principes religieux et constitutionnels, rien ne peut se faire sans leur influence. S'ils ne [paraissaient pas aux Etats généraux dans le nombre nécessaire pour que l'ordre épiscopal y fût véritablement représenté, nous ignorons quelles opérations ecclésiastiques pourraient y être faites, puisque les évêques sont les seuls juges de leurs diocèses et que dans leur juridiction volontaire, leur conscience seule dicte leurs obligations. Autrefois ils étaient membres nés des Etats généraux et cependant ces assemblées se réduisaient à accorder des subsides. Elles n'intéressaient la législation que par de simples doléances. Si on veut les rendre aujourd'hui plus utiles, comment ne pas y appeler les administrateurs nés des choses ecclésiastiques ? Le respect dû au caractère épiscopal et les intérêts du clergé doivent donc lui faire chercher les moyens d'assurer à l'ordre des évêques une représentation suffisante et cependant telle qu'elle ne dépouille pas le deuxième ordre des députés qui lui sont nécessaires ».

La restriction — ou concession — finale, assez difficile à observer d'ailleurs, n'empêchait pas l'ensemble de la recommandation d'être doucement odieux. Les curés désiraient ardemment des réformes. Ils n'iraient certainement pas élire ceux qui mettaient tout en œuvre pour les faire échouer. Poyet, pour ne pas embarrasser les curés, voulait bien leur indiquer quels choix lui paraissaient les meilleurs.

Il nommait 3 députés dans le diocèse de Glandèves, ',) dans celui de Senez. Sa personne se dédoublait, (lomme représentant de l'évêque de Glandèves, il nommait M. Roux de Bonneval, évêque de Senez ; en qualité de député du chapitre de Glandèves, et par une touchante réciprocité, il portait son choix sur M. Hachette des Portes.

C'est en vain qu'il appelle à son secours les députés des chapitres. Pons et Gibelin, chanoines, ont beau représenterez qu'étant députés de 15 ou 20 personnes dont sont composés leurs chapitres, il serait décent et convenable qu'ils eussent un député ainsi que les seigneurs évéques et qu'en accordant un député représentant l'ordre épiscopal et un autre pour les chapitres, il resterait encore 4 députés pour messieurs les curés >), messieurs les curés font la sourde oreille. Le vote a lieu, six curés sont élus : Joseph Laurensy, de Castellane , Antoine Poesy , de Glandèves , Alexandre Dedoue, des Mujoulx, Honoré Mathieu Féraud, d'Annot, Joseph Engelfred, de Moriès, et Jean Marting, de Taloire. L'éloquence de Poyet est ]'estée vaine et les objurgations des chanoines se sont évanouies dans le désert.

Résumons tout ceci et voyons en quel nombre les curés arrivent dans les assemblées de sénéchaussées qui doivent députer aux Etats généraux. A Draguignan, sur 27 électeurs, ils sont 18, six de Draguignan, six de Grasse, six de Castellane. — A Forcalquier, sur 24 électeurs, ils sont 21, 8 de Forcalquier, 7 de Digne, 6 de Sisteron. La disproportion eût été encore phis considérable si les curés de la vallée de Barcelonnette ne s'étaient abstenus de députer pour les raisons que nous avons dites. — A Toulon, sur 27 électeurs, ils sont 17, 9 de Toulon, 7 de Brignoles,

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