‹ La Convocation des États généraux en ProvenceChapitre 90 sur 116 · MICHEL, ÉLU DÉPUTÉ, REFUSE · texte numérisé non relu

MICHEL, ÉLU DÉPUTÉ, REFUSE

comme suppléant par M. de Marin, eut cette fois plus de chance. Son élection le dédommagea de tout le mouvement qu'il s'était donné. Avec lui fut élu André Michel, bourgeois. Mais Michel se trouvant alors à Paris, aux termes du règlement il lui fallait un suppléant. Un négociant, Pierre Siffren Boulouvard, fut choisi.

Michel, informé de son élection, l'accepte tout d'abord. Mais la lecture du procès-verbal éveilla ses scrupules. Sa députation était irrégulière, « puisque le peuple avait été empêché d'y concourir ». Il chercha un prétexte honnête pour la décliner et saisit celui d'une indisposition. Sa retraite laissait le champ libre à Boulouvard.

S'il faut en croire M. de Quinson, qui ne s'agitait peut-être autant que pour se donner de l'importance (1), Boulouvard hésita lui-même fort longtemps. Sa santé était excellente, mais « il n'avait pas plus de courage que Michel et il refusa aussi de partir ». Quelle mesure allait-on prendre devant cette double démission? Une convocation nouvelle des électeurs

Je n'ai pas daigné le faire. J'ai comme on s'est permis de vous

empêché de mes amis et des vieil- l'écrire, je serais parti dès le

lards qui m'honorent de leur premier instant. Tranquille sur

estime de le faire, ne croyant pas • le témoignage de confiance que

qu'il me convînt de quereller une m'a mérité mon zèle et mon atta-

députation que la brigue m'en- chement pour la cause des oppri-

levait et de n'obtenir qu'en infir- mes, je me suis reposé sur la

mant 3 ou 4 voix une distinction justice de leurs droits et votre

qui m'a été d'abord librement, consentement seul pourra me

volontairement et presque gêné- décider à vous aller présenter

ralement offerte », Arch. nat.. moi-même notre respect et nos

B» 14, 1. 7, p. 14. LettredeGuilhem hommages». Arch. nat., B* 14,

-à Necker, 23 avril 1789. 1. 4, p. 23. Lettre de l'abbé de

(1) «... Si j'avais été affamé de Quinson à Necker, Arles, 27 mai

députation, si j'avais eu l'orgueil- 1789. leuse ambition de jouer un rôle

318 l'élection de la ville d'arles

s'imposait. Mais, les élections se faisant sous 16 même régime, les débats fâcheux des précédentes assemblées allaient se renouveler, n. La chaleur du premier moment commençait à diminuer et les têtes sulfureuses à se refroidir » : on ranimait la première, on réchauffait les autres. (( La réclamation toujours subsistante du peuple de la ville et de la campagne injustement exclus du concours à l'élection rendait incertaine la marche de l'administration ; une nouvelle assemblée ferait encore fermenter les esprits, que la moindre étincelle pouvait enflammer ». Fort heureusement que Boulouvard se ravisa (1). Ce fut peut-être sur le conseil de M. de Guilhem. Tous deux étaient un peu parents : celui-ci était le beaufrère, celui-là l'oncle d'un homme qui tout récemment venait (( de donner son bilan et de passer en pays étranger » (2) par crainte sans doute de couver-^ salions trop intimes avec les gens de loi. Les électeurs qui avaient voté ensemble avaient aussi une députation homogène. On pouvait dire que le pays d'Arles était représenté en famille.

Dans une lettre du 8 mai adressée aux ministres, les consuls gouverneurs annonçaient la double élection. « Nous espérons, ajoutaient-ils, que vous daignerez approuver le choix de ces trois sujets (Guilhem, Michel et Boulouvard) qui méritent à tous égards l'estime de leurs concitoyens )). L'approbation pouvait faire doute puisque l'élection était irrégulière, presque autant que la précédente (3). Le choix de Bonnemant et autres était radicalement nul. Ce

(1) Pierre Siffren Boulouvard, Lettre de Quinson à Necker, fut exécuté à Marseille en Tan II. 8 mai 1789.

(2) Arch. nat., B» 14, 1. 7, p. (>. (3) « La nombreuse et très inté-

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