‹ La Coopération Rurale En DanemarkChapitre 10 sur 25 · LE AC · texte numérisé non relu

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à organiser des magasins de gros secondaires, des succursales dans les principales villes, notamment à Odense, à Aarhus, à Aalborg, à Horsens.

L'autre part — environ 6 0/0 du chitfre global d’affaires de la Fédération — est répartie entre les sociétés adhérentes, au prorata de leurs achats collectifs. Celles-ci, à leur tour, la distribuent aux adhérents, au prorata de leurs achats individuels.

Grâce à la coopération, les 183.569 membres de la Faellesforeningen for Danmarks Brugsforeninger réalisent ainsi une épargne annuelle de 3.330.000 couronnes, sans s’imposer la moindre privation, au contraire, en vivant mieux et en acquérant des droits sur la propriété collective qui se forme. À cette économie vient encore se joindre le boni distribué par les coopératives — boni résultant de la différence entre le prix payé au magasin de gros et le prix de détaïl obtenu des associés.

Les Sociétés coopératives d'achat de fourrages

Vu l'importance de leur rôle dans l’activité agricole du pays, les sociétés coopératives d’achat de fourrages méritent une mention spéciale.

Elles sont groupées en trois fédérations : La Jydsk Andelsfodderstofforretning (1), dans le J'ut-

(4) La Jydsk Andelsfodderstofforretning fut créée à Aarhus, en 1896, pour répondre à une entente des négociants en fourrages destinée à maintenir un cours élevé, Dés la première année, elle faisait plus de deux millions

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land; l'Œrnes Andelsselskab for Indkôb af Fodderstoffer, dans les Iles; la Fyns Andelsfodderstof- Joretning, en Fionie.

La première de ces fédérations compte 558 coopératives adhérentes ; la seconde 76; la troisième 99.

Aucune solidarité n’unit les diverses coopératives membres de la même Fédération. Elles ne garantissent de capital fédéral de roulement que proportionnellement au nombre de vaches qu’elles possèdent ou pour lequel elles s’inserivent.

Par contre, les adhérents de chaque coopérative sont collectivement responsables des engagements de celle-ci.

Voici en quels termes M. A. Nielsen, l’éminent coopérateur qui a si souvent représenté le Danemark dans les Congrès internationaux, nous a résumé le fonctionnement de cette forme particulière de coopération: (La Fédération achète en gros, les fourrages et les touriteaux, les cède à la coopérative et les lui livre au port le plus proche. La distribution aux sociétaires s’effectue soit à l’arrivée

de francs d’affaires et obtenait un bénéfice net supérieur à quarante-cinq mille francs, aussitôt réparti entre ses membres au prorata de leurs achats. La création de cette Fédération, suivie d'une aussi rapide réussite, est un des meilleurs exemples qui sauraient être donnés de ce que peut l'effort coopératif pour arracher des consommateurs, qui sont en même temps des producteurs, aux griffes des commerçants, jusqu'alors considérés comme les rois du

marché.

du wagon, soit dans un entrepôt où chacun va s’approvisionner au fur et à mesure de ses besoins. Dans ce dernier cas, la coopérative est obligée de se procurer un capital de roulement. Elle le trouve par un emprunt solidairement garanti. Il lui est ainsi possible de faire crédit à ses sociétaires. Maïs ce crédit n’offre aucun des inconvénients du crédit commercial ordinaire. Les statuts autorisent pres-. que toujours le directeur à se payer sur l’avoir d’un débiteur à la laiterie coopérative, quand ce dernier n’a.pas réglé, au bout de trente jours, le montant de ses achats. C’est qu’en effet la Fédération fait ses livraisons payables à un mois; ce crédit expiré, elle réclame un intérêt supplémentaire assez élevé à la coopérative. Celle-ci doit donc être armée pour enrayer tout retard financier émanant de ses membres. Le fourrage est compté au même prix à toutes les coopératives qui, soit dit en passant, sont tenues de réserver leur clientèle à la Fédération pendant un laps de temps déterminé —. en pratique, cinq ans. Mais toutes ne touchent pas le même dividende. Celui-ci dépend du prix de transport qui reste à la charge de la coopérative à partir du quai de débarquement, et de la quantité livrée; la différence peut ainsi se monter jusqu’à 28 centimes par quintal métrique. Le boni réalisé est toujours relativement considérable, même pour les associations les plus modestes et situées le plus loin de la mer. »

Les sociétés d’achat de fourrages permeitent

mu AUS ainsi aux agriculteurs danois de fournir économiquement au bétail la nourriture saine, abondante et substantielle qui est nécessaire pour assurer la prospérité du commerce de la laiterie et de la boucherie.

Elles rendent done d’immenses services au pays.

La coopération de production

C’est la plus récente. Elle marche quand même brillamment sur les traces de ses deux aînées. Elle tend aujourd’hui à embrasser la préparation,le traitement de toutes les richesses que la culture arrache à la terres Le blé va aux boulangeries coopératives ; le seigle et l’orge se transforment dans les brasseries et les distilleries coopératives; les pulpes de betteraves alimentent les raffineries coopératives…..

Les principaux établissements sont des laiteries (andelsmejerier), des abattoirs (andelssvineslagterier), des sociétés (d'exportation d’œufs (æggekredse) et d’élevage de chevaux (hesteavlsforeninger). Nous allons les examiner, leurs traits généraux se retrouvant, mutatis mutandis, les mêmes dans toutes les coopératives de production.

Les Laiteries coopératives

La première laiterie coopérative a été fondée en 1882, dans l’ouest du Jutland, par un laitier de Kjedding, M. Stillin Andersen.

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L'élevage était jusqu'alors absolument négligé. Assurer au bétail des soins systématiques semblait un luxe inutile. Ne recevant l’hiver aueun engraïs, — un peu de foin leur suffisait — les vaches dépéris. saient lamentablement.

Envoyées au pacage en avril, dès la mise bas, elles tenaient à peine sur leurs jambes et fournissaient juste la quantité de lait indispensable aux veaux. Leur production n’augmentait qu’en été et en automne. Les jeunes animaux, sevrés trop tôt, séjournaient quelques semaines dans les herbages ; à six mois, ils ne maugeaieut plus que de la paille et du foin; à un an, ils devaient se contenter des plus maigres pâturages; à vingt mois, les génisses vêlaient.

Rien d’étonnant alors que le bétail, petit, mal bâti, fournit un lait de qualité souvent médiocre, donnant un beurre plus médiocre encore, parce que mal fabriqué.

Une amélioration était indispensable.

Que demandait-elle? Des sélections: les qualités spécifiques du troupeau — composé des races jutlandaise, rouge danoise et Durham à courtes cornes — les rendaient faciles. Des soins assidus et mieux distiplinés: affaire de bonne volonté. Une alimentation plus substantielle et de meilleure qualité: une entente entre propriétaires pouyait permettre d’acquérir, avec le minimum de frais, fourrages et tourteaux de lin, de chénevis, de tournesol, de cobra, de navette, de coton et d’arachides.

Un traitement plus méthodique de la matière première: il s’agissait d'ouvrir des établissements pourvus de l’outillage moderne, d’appareiïls à pasteuriser, de machines réfrigérantes, d’écrémeuses centrifuges, de chaudières à vapeur. Entreprise irréalisable?.. Croyez-vous? Il est si simple de constituer le capital nécessaire : 30 à 40.000 francs!

Les producteurs s’associent. Ou chacun paie sa quote-part des frais d’installation, et plus l’assoclation est nombreuse, plus cette quote-part est faible ; elle peut même être demandée à une caisse de crédit agricole. — Ou la collectivité des associés contracte, au taux de 4 à 5 0/0, un emprunt remboursable en dix ans, chacun offrant sa garantie personnelle, proportionnellement au nombre de ses têtes de bétail.

Le capital versé, l’association prend un siège industriel; dans un édifice construit ou agencé à cet effet, la laiterie s’installe sur le modèle des établissements les mieux achalandés.

Voici la coopération de production prête à fonctionner.

Quotidiennement — souvent même deux fois par Jour — ses employés parcourent les domaines des associés et recueillent le produit de la traite.

Sur-le-champ, les délégués d’une commission de contrôle procèdent à une sévère vérification: ils se rendent compte de la quantité de lait produite par chaque vache inscrite sur les registres de la coopérative, de sa teneur en graisses, du rapport entre

R — 51 — ce rendement et les fourrages et tourteaux consommés, — car la coopérative laitière a généralement pour annexe une coopérative de consommation qui achète en gros fourrages et engrais et les cède à ses membres sans bénéfice.

Ces contrôleurs représentant la collectivité des coopérateurs, c’est, en définitive, cette collectivité qui surveille la conduite technique et la probité commerciale de chacun de ses membres. Elle sait s’il pratique le mouillage, soit directement. en additionnant le lait d’eau, soit indirectement en faisant à dessein trop boire ses vaches. Sans porter la moïindre atteinte à ses droits individuels, elle exerce une haute autorité profitable et bienveïllante sur sa gestion, en ce sens qu’elle ne perd pas de vue la valeur de son bétail et reste constamment en mesure de l’aïder de ses conseils, de désigner les vaches à conserver pour la reproduction et celles à sacrifier. Elle guide et facilite les sélections. Résultat: la race bovine s'améliore sans cesse. La suppression de tout exercice et un régime alimentaire particulier ont réussi à réaliser un processus de rétrogradation du squelette tel que, chez les vaches Durham notamment, les os se sont considérablement amincis; la nourriture absorbée se transforme presque intégralement en graisse et.en lait. Un bon sujet adulte arrive à donner annuellement de 3.500 à 6.000 kilogrammes de lait d’excellente qualité — d’une qualité telle que le revenu a doublé: le litre, qui se vendait de 8 à 9 centimes, rapporte aujourd’hui plus

MERS NE de 16 centimes. Près des quatre cinquièmes du lait produit par le troupeau danois — exactement 2.600.000.000 kilos sur 3.400.000.000 — passent par les coopératives: l'Allemagne seule leur en achète, chaque année, pour onze millions et demi de francs.

Quant au beurre, sa production s’est métamorphosée. Jadis on passait le lait au tamis, puis on le versait dans de petits plats en terre rangés sur des planches, autour des murs de l’unique chambre de la maison. Dans cette pièce, toute la ferme vivait, dormait, mangeait, naissait et mourait — même les poules et les oïes. La crème se conservait longtemps. Le beurre peu propre se signalait surtout par un goût désagréable. Jamais on ne le lavait. On le battait simplement contre les parois du pétrin jusqu’à l’écoulement du petit lait. On le salait alors fortement et, tassé dans des tonneaux de bois de hêtre, on le vendait en bloc à des intermédiaires qui, en octobre, l’expédiatent en Norvège ou en Angleterre, vi& Kiel ou iflambourg. Cette transaction, d’ailleurs, ne constituait souvent qu’un simple échange, le producteur troquant son beurre contre des marchandises nécessaires à son entretien. Aujourd’hui, le beurre ne se fabrique plus à la ferme, mais dans les grands établissements modèles.

La coopérative confie le lait à des techniciens, anciens élèves de cours spéciaux, tenus en haleine

ce Dies par de nombreux concours et par le désir de récompenses recherchées.

On a complètement abandonné l'antique système de l’écrémage par le repos. Chacun sait que, dans le lait fraîchement trait, les globules graisseux sont uniformément répartis dans la masse du sérum. La densité moyenne de la matière qui les constitue est de 0,93; celle du sérum de 1,034. Cette différence de densité amène les globules vers la surface. Mais ceux-ci ne sont pas tous de même grandeur. Dans leur ascension, ils rencontrent la résistance du liquide. Seuls, les plus gros parviennent au niveau supérieur de la masse. Les petits restent au fond ou à mi-récipient, prisonniers dans les mailles du réticulum muqueux de la caséine en suspension. Cette portion de matière grasse, obstinér ment retenue par le petit lait, atteint facilement le cinquième de la matière grasse totale. Elle est complètement gâchée dans ce système d’écrémage par le repos. L’écrémage centrifuge, au contraire, tend à réduire cette perte à zéro. Il ramène la crème au centre de l’appareil et rejette la caséine en suspension vers la périphérie. C’est tout au plus si, sur un kilo de matière grasse, trois grammes ne peuvent être recueillis. Treize kilos de lait fournissent ainsi une livre de beurre. Par le repos, pour obtenir la même quantité, seize kilos suffisent à peine. On se rend compte, par cet exemple, combien un outillage perfectionné facilite, par une intégrale utilisation de la matière première, une

O0 EE production adaptée aux exigences du marché imternational et du progrès économique: tirer le maximum de marchandises du minimum de matière première, de manière à pouvoir, grâce à l’économie réalisée, vendre la marchandise ainsi produite au plus bas prix.

La crème pasteurisée, soumise à une température de 90°, caillée à l’aide de ferments minutieusement étudiés et préparés, laisse, presque sans déchet, un beurre de premier choix. Trois millions de kilos de ce beurre, pétris à la machine et conservés dans la glace, sont expédiés en caisses hermétiques jusque dans les pays transocéaniens. Le principal débouché du beurre frais est l'Angleterre. Le marché britannique s’approvisionne en Hollande, en Suède, en France, en Russie et dans les colonies de la Couronne: le Danemark y déverse à lui seul presque autant que tous'ses concurrents réunis et nous a chassés de nos positions. Notre exportation s’est affaissée de 75 à 44 millions de francs ; la sienne atteint 241 millions. I] vient même nous concurrencer sur notre propre territoire: i’hivers, les Halles centrales de Paris reçoivent du Jutland des arrivages de plus en plus considérables.

Le commerce laitier, dont chaque numéro du Moalkeritidende — organe professionnel hebdo; madaire — marque les étapes, se chiffre, chaque année, par 213 millions de couronnes. Une forte partie de cette somme revient aux coopérauves dè

production. C'est-à-dire que, quant à elle, le bénéfice rentre directement dans l’escarcelle du paysan. Déduction faite des frais d’exploitation qui, à part l’amortissement du capital emprunté ou souscrit et les gages du personnel, ne s’élèvent guère, les administrateurs, sociétaires de bonne volonté, ne touchant rien ou presque rien, chaque coopérateur reçoit une part de gain proportionnelle à la quantité et à la qualité du lait qu'il a fourni. Est-il système de répartition plus équitable?

Notons que si quatre cents laiteries environ assument la charge d’exporter seules les marchandises et de traiter avec la clientèle, les autres, fusionnées, se superposent un organe mieux adapté à cette fonction délicate.

Citons, d’après la satistique dressée en 1913 par le ministère de l’Agriculture, ces unions de laiteries qui, en 1903, n’étaient que 14 constituées par 095 sociétés.

NÉE) Nombre Nombre

adhérentes de membres de vaches Frederiksborg .... 29-:5%8,608 24.100 HiolboeRasiin 28 3.729 23.800 SU 1 SENS 50 6.709 44.500 ETES TON LL Terre 38 6.501 38.200 Bornholm ........ 15 3.173 19.900

MTINO 4 ee we 20 3.759 23.300

MNT. CURE

RAR Nombre Nombre adhérentes de membres de vaches

REDOTL ANR NIET 173 27.474 173.800 D aie ne DR LR ane 120 15.034 93.600 RAC NA LT SRE 33 4.873 35.400 MOTO PE ee 22 3.426 19.700 MAY ds er run. 93 4.735 32.700 DiUkeDOrLE I EME, 18 8.195 18.600 ATEN RUE 48 6.583 45.500 FAUTETS Te Pas 34 5.043 34.600 FFODrO NT EN eue 21 3.288 17.000 AAÏDO PE EP ATNER 30 4.949 31.900 Vendsyssel.. 1.4... 28 3.632 26.600 Lhisteds Re tnere 19 5.377 24,200 Vipore Re ee 42 8.177 45.200 RingkobiINp Nr Er 46 7.437 47.300 Ribe Pere 37 0.658 36.000 Motans rames 709 108.841 682.100

Ces groupements présentent une utilité considérable : ils facilitent les achats en gros de l’étranger. Le client, qui ne ferait pas le tour des établissements isolés pour acheter, dans chacun, quelques centaines de kilos de beurre, s’adressera à une Fédération, certain d’obtenir sans délai. livraison de dix mille kilos.

Dernière remarque. Les laiteries coopératives fédérées sont leurs propres assureuses contre les

accidents du travail qui peuvent survenir à leur

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