‹ La Coopération Rurale En DanemarkChapitre 18 sur 25 · A HE · texte numérisé non relu

A HE

Et l’étranger était l’ennemi. À Rome, le mot hostis désignait et l’étranger et l’ennemi. La force et la ruse constituaient seules de droït international et commercial. Se réclamer de tels ancêtres semble fort imprudent de la part des macrhands — pardon, comme tous leurs congénères, ils n'aiment plus ce mot — des négociants danois...

Certes, avec les progrès de la civilisation, les trafiquants prirent heureusement meilleure figure. Il avait vraiment grande allure, ce richard de Venise ou d'Anvers, majestueusement drapé dans sa robe fourrée, la chaîne d’or au cou, présidant au départ de sa flotte redoutablement armée pour résister aux écumeurs de la mer ou de l’interminable convoi de ses chariots escortés de brillants cavaliers, terreur des détrousseurs de grands chemins. Florins, ducats, doublons, rixdales emplissaient ses coffres. Il condéscendait à prêter aux rois. Généreux Mécène, il encourageait les arts en entassant les chefs-d’œuvre dans son palais. Il partageait, avec les clercs, le monopole de 1? « escienze du lisre et de l’escrire ». Ses relations constantes avec les pays lointains, avec des sociétés autres que la sienne, permettaient à son esprit d’entrevoir des horizons inconnus autour de lui. Ayant à tenir tête aux soudards, aux soldats mercenaires qui le volaient, à l’Eglise qui gênait ses opérations en prohibant le prêt à intérêt et le lucre, il nourrissait en son cerveau des idées de tolérance, de progrès, qui préparaient l’évolution vers la liberté...

Tud

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