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collines. Aucune montagne ne se dresse sur cette étendue de 38.971 kilomètres carrés. Malgré leur nom, les Alpes de Fionie ne sont que des ondulations. Les deux plus hauts sommets danois, l’Ejersbavnehôj et l’Himmelsberg, atteignent à peine l’un 180, l’autre 192 mètres d’altitude.
D'ailleurs, malgré les brillantes qualités de sa race, comment pourrait-il être essentiellement industriel ce pays qui ne possède ni combustibles : le bois des forêts est une réserve vite épuisée; — ni minerais : les gisements d’ambre, de craie, de kaolin, de ciment et de granit constituent sa seule fortune souterraine! Sans doute, Copenhague, Odense — son ancienne capitale — et quelques autres cités abritent des usines. Maïs son actif industriel ne se résume-t-il pas aux papeteries de Strandmôllen et de Silkeborg, aux fabriques de sabots de cette dernière ville, à celles de gants dits « de Suède » de Randers et d’Horsens et de lainages du Jylland, aux fonderiés et aux ateliers de construction de machines de Frederikvoerk, aux poteries de Jydepotter, aux céramiques de Kähler, aux porcelaines de la Manufacture Royale?
La plupart de ces entreprises — les fabriques de gants, de lainages, de papiers — dérivent de la production campagnarde; la poterie artistique, qui soulève l’admiration des collectionneurs, n’est ellemême qu’un perfectionnement de la poterie domestique. Les autres — les manufactures de machines, par exemple — ont parmi leurs principales fonc-
hs tions la satisfaction des besoins actuels de la technique rurale. :
L'industrie danoise, dans son ensemble, est une simple auxiliaire du travail des champs.
Le Danemark achète à l’étranger les produits manufacturés nécessaires à l'entretien de ses 2.757.076 habitants indiqués par dernier recensement (1° février 1911). Il lui cède en échange les denrées issues de sa culture et de son élevage.
C’est la nation agricole par excellence.
La prospérité générale résultant de celle du paysan, le gouvernement a toujours cherché à aider celle-ci et à la provoquer. Il s’est, d’ailleurs, servi de systèmes bien divers.
L'année 1788 est la date capitale de l’histoire agraire.
Avant cette époque, le Danemark était une région très pauvre. Sa seule richesse, l’agriculture, se trouvait enchaînée par une réglementation étouffante qui tuait à l’avance toute tentative d’amélioration. Dans un cadre social minutieusement distribué et hiérarchisé, chacun avait sa place, ses attributions et ne pouvait s’en évader. Le propriétaire, en tant que membre de la collectivité, avait une tÂche déterminée à remplir. En tant que maître du sol, il jouait au souverain dans son domaine. Il résultait de cet état de choses la stagnation de la
M es technique agricole, l’oppression des travailleurs de la terre, leur pauvreté (1).
Certes, cette organisation autoritaire, legs des siècles passés, avait eu son utilité. Pour réaliser l’œuvre de mise en valeur qui s’imposait à une civilisation économiquement peu avancée, pour remplacer d’épaisses forêts par des cultures fécondes, pour substituer des champs verdoyants à des marais malsains, l'individu était impuissant: ses propres forces ne suffisaient pas. Son activité isolée ne pouvait qu’errer à l’aventure, se dépenser en vain. I] fallait une direction sévère, une forte organisation, une rigoureuse distribution des rôles. Par ailleurs, si les communications étaient possibles par le cabotage de port à port, à l’intérieur les chemins manquaïent. Les routes — quand elles existaient — ne desservaient pas tous les bourgs: la vie se concentrait dans le village qui formait un tout complet, subvenant lui-même à tous ses besoins. La difficulté des échanges déterminait l’impossibilité des approvisionnements. L'intérêt de l'Etat exigeait l’obligation au travail pour tous ceux qui avaient charge de nourrir leurs contemporains. Une année de repos et le blé manquait! La famine dressait son spectre! On s’explique dès lors pour quelles raisons solides le paysan était lié à la terre.
(4) Voir Falbe-Hansen « Stavnsbaandslüsningen og Landboreformerne ». Copenhague, 1889, vol. 1, p.99.