CONCLUSION
On a dit avec humour de l’année 1938 qu’elle était « l’an V de la coordination ». On ne peut que constater en effet qu'il a fallu bien longtemps pour acclimater en France le sentiment de discipline indispensable pour bâtir un système rajeuni des transports. Que de préjugés à détruire ! Que d’appréhensions à calmer ! Mais tel est l’apanage de toute importante réforme...
Au reste, devait-il nécessairement y avoir conflit entre le transporteur, l’usager, le contribuable ? Certainement pas : leurs points de vue n'’étaient-ils pas moins opposés les uns aux autres que ceux du rail et de la route entre eux ? On pouvait aussi les « coordonner »… On le devait, si l’on voulait assurer l’aboutissement de l’entreprise. À cet égard, et par avance, le Conseil National Économique avait préconisé une politique très souple : on aurait donc pu, semble-t-il, faire l’économie d’un échec en 1936.
Quoiqu'il en soit, l’ère des réalisations est commencée. Sur la route, l’anarchie des transports est grandement atténuée. Du côté du chemin de fer, un émondage s’imposait « l'arbre émondé n’en sera que plus vigoureux ». Des deux
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côtés à la fois, et pour les marchandises, il faut penser que la période de précoordination sera de courte durée. Enfin un grand espoir est mis dans le Conseil Supérieur des Transports, afin d'orienter au mieux la politique de cette grande industrie. 3 ë
. « L'économie » a dit Gœthe « est la plus nécessaire expression de l’ordre »… C’est bien d'économie qu'il s’agit, et par là, la coordination est l’un des facteurs essentiels du redressement financier que le Pays attend.