‹ La coqueluche du quartier: vaudeville en un acteChapitre 11 sur 22 · FRANÇOISE , PINSON , M"^ PINSON · texte numérisé non relu

FRANÇOISE , PINSON , M"^ PINSON

cachée.

PINSON, àpart. Elle est seule!

M"'^ PINSON, à part. Le v'ià, le traître.

FRANÇOISE . C'est vous, monsieur Pinson?

PINSON. Moi-même, avec mon plat.

FRANÇOISE. L'un portant l'autre. ..

PINSON. Et tous deux parfumés.

FRANÇOISE, prenant le plat et le plaçant sur la table. Crôme à la vanille...

PINSON. Dans ce compotier... crème aa jasmin dans mes cheveux... rose et œillet dans mon mouchoir... oh! je ne ressemble pas à tout le monde.

FRANÇOISE. Vraiment?

PINSON. Ecoutez, belle marchande de volaille... nous ne sommes pas ici pour nous écorcher. .. je suis bien... très-bien !

^jme PINSON, à part. Le fat !

PINSON, qui croit que c'est Françoise qui aparté. Oui, je suis fat... que voulez-vous? les femmes raffolent de moi... je n'ai qu'à me baisser et à en prendre.

FRANÇOISE. Voyez-vous ça?

PINSON. Eh bien ! cet essaim de délicieuses beautés, je vous le sacrifie... tous les gages d'amour que j'en ai reçus, je vous les offre en trophée.

jyjrae pi^soN, à part. Comment! il a des gages d'amour!...

FRANÇOISE. Vous me feriez ces sacrifices?

PiiNSON. Ah ! que de délices vous attendent avec moi!... chaque mai in promenant mes doigts dans votre chevelure angéhque... mon peigne devient un talisman qui transforme votre tête de vestale en une tête de Junon, de Cléopâtre, de Marie Stuart ou toute autre Jeanne d'Arc de l'antiquité. .

FRANÇOISE. Quel avenir !

PINSON. Loin de souffrir que le temps porte une main profane sur vos charmes, à l'instar de l'Aurore, je \ous rajeunis par mon amour et mes coaoïétiques, et cliaque matin vous avez un jour de moins.

^me pi]>jsoN, à part. Il n'a jamais fait cela pour moi.

FRANÇOISE. Tout ça est bien séduisant... mais votre femme ?

PINSON. Ma femme ! une coquette dont la toilette ruine la maison.

M™^ PJNSON, à part. Scélérat!... moi qui porte des robt s à onze sous le mètre !

PINSON. Mais pourquoi attrister notre doux lête-à-têie en me parlant de la femme a quoi je suis joint?

FRANÇOISE. Vous avcz raison... pensons plutôt au souper... Ah! mon f>ieu l n'ai-je point entrndudu bruit?

PINSON. Ce n'est rien...

FRANÇOISE. Mais si... quelqu'un est entré par la porte de la cour... Oh! je vous en prie qu'on ne nous voie pas ensemble...

PINSON. Cachez- moi dans quelque chose.

FRANÇOISE. Du tout... sortez et proinenezvous dans la rue jusqu'à ce que je vous appelle.

PINSON. Ah! rapp^'lez - moi bien vite, car si vous me laissiez trop longtemps dehors... ça me donnerait un rhume de cerveau.

ENSEMBLE

Air: Silence. (Gribouillet.) Silence, Prudence, Vite il faut sortir.

D'avance, Je pense l Q'vous pourrez r'venir.

l Pouvoir revenir.

Pinson sort par la porte de la me.

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