‹ La coqueluche du quartier: vaudeville en un acteChapitre 12 sur 22 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

I^|me PINSON, FRANÇOISE, M™^ MINET, puis MIINET.

i^itne PINSON, à madame Minet en lui cédant sa place. A votre tour, voisine.

M"*^ MINET. Pourvu que la patience ne m'échap})e pas.

FRANÇOISE. En voilà déjà un de trompé; tâchons que ça réussisse aussi bien avec le second.

MINET, mystérieusement. Me voici.

FRANÇOISE. Vous êtes exact.

MINET. Et discret. .. je suis entré par la cour pour n'être aperçu de qui que ce soit.

M"" MINET, à part. Quel raffinement !

MINET. Il y a des êtres si méchants par le monde... quand on les connaît, ce n'est rien. .. on leur passe quelque chose au travers du corps, et... votre serviteur de tout mon cœur.

M"'® MINET, à part. Il fait le crâne!... le capon !

FRANÇOISE. Vous êtcs uuc mauvaisc tête.

MINET. Je m'en pique.

M"'*' MiNtT, à part. Il a peur d'un enfant qui le regarde en face.

FRANÇOISE. A qui parliez-vous dans la rue?

MINET. Au militaire de tantôt, qui a voulu absolument me doimer une poignée de main. ..Il a vu qu'il avait affiire à un gaillard solide et pas facile. .. 31ais détournons nos pensées de ces images sérieuses, pour les reporter sur quelque chose de plus agréable à i'œil.

FRANÇOISE. De quoi voulez-vous parler?

MINET. De deux objets bien différents en apparence... et qui au fond ne se ressemblent pas du tout.

FRANÇOISE, c'est?...

MINET, offrant un cœur glacé. Ce cœur glacé et moîi cœur brûlant que je vous offre, pour faire de tous deux tel usage que bon vous semblera.

I! va mettre le cœur sur la table.

M"^ MINET, à part. Mais nous vivons en communauté; il n'a pas le droit de disposer de son cœur sans mon consentement.

FRANÇOISE. Celui-ci nous le mangerons ensemble.

MINET. Etl'aut'e?

FRANÇOISE. Oh! il appartient à quelqu'un.

MINET. A quelqu'un !... et à qui donc?

FRANÇOISE. Dam... à votre femme...

MINET. Ma femme!... un tigre qui me battrait si je ne prenais l'initiative.

M"^ MINET, à part. Si je ne me retenais pas. . .

MINET. Et je lui confierais un cœur du genre du mien... mais elle le morcellerait... Françoise.

FRANÇOISE, avec surprise. Françoise...

MINET. Je ne m'en dédis pas... Françoise!...

FRANÇOISE. Vous êtes bien effronté.

ML^ET. Je le trouve comme vous... mais c'est mon système à moi avec les femmes, je les traite cavalièrement.

FRANÇOISE. Comment, monsieur...

MINET. C'est le seul moyen de les subjuguer... je les étourdis par mes propos... je les étonne par mf^s actions...

FRANÇOISE. Ainsi eu tête-à-tête. ..

MINET. Rien de plus simple... je me présente hardiment... Femme magnifique, que

MAGASIN THÉÂTRAL

Je m'écrie, je t*aime, je t'adore, je t'idolâtre. . . veux-tu répondre à ma passion ?. . . oui... en ce cas donne-moi ta main [il prend la main de Françoise) , que je la place sur mon cœur... alors je la prends par la taille, je l'embrasse. . . {il veut embrasser Françoise^ qui le repousse) elle est stupéfaite, mais je suis son vainqueur...

M°'® MINET, à 'part. Il est enragé...

FRANÇOISE. Savez-vous, monsieur, que cette façon d'agir...

MINET. M'a toujours réussi...

FRANÇOISE. Toujours !... il paraît que vous êtes un coureur. . .

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