‹ La coqueluche du quartier: vaudeville en un acteChapitre 14 sur 22 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

FRANÇOISE, GEIGNEUX, j^jme GEIGNEUX, cachée.

FRANÇOISE , à part. Voici le dernier, heureusement. {A Geigneux qui entre.) Entrez, je vais fermer la porte.

GEIGNEUX , à part. Ce diable de militaire m'a fait boire... je me sens tout jovial... je n'en suis pas fâché , ça me donnera de la hardiesse... je suis si poule mouillée avec les femmes... C'est mon état qui m'a rendu comme ça... quand on vit dans la faïence, on a toujours peur de casser quelque chose.

FRANÇOISE. Eh ben ! qu'est-ce que vous dites donc là tout seul ?

GEIGNEUX. Je me cause au sujet de la manière dont je vous divulguerai un secret qui m'étouffe.

FRANÇOISE. Faut me conter ça tout naturellement.

GEIGNEUX. Tout naturellement... vous avez peut-être raison... (A jmrt.) Elle est blanche comme de la porcelaine premier choix ! [Haut.) D'abord voici mon plat. . . une galette du boulevard Saint-Denis, nous sommes venus bras dessus bras dessous.

M'"* GEIGNEUX, à part. Qui se ressemble s'assemble !

GEIGNEUX. Maintenant passons à un autre exercice.

FRANÇOISE. Que voulez-vous dire ?. . .

GEIGNEUX. Je veux dire... que... oh! ne me regardez pas comme ça, ou je vais rougir.

M'"^ GEINEUX , à part. C'est pas avec mes yeux , c'est avec ma main que je te ferai rougir.

FRANÇOISE. Eh bien?

GEIGNEUX. M'y voici ! Mademoiselle Françoise... je connais un de mes amis intimes dont je veux vous entretenir... cet ami est bien... très-bien.. . enfin.. .. il me ressemble.

FRANÇOISE. Il a du bonheur!

GEIGNEUX. Vous trouvez... oh ! je me sens rerougir. Pour lors cet ami intime est capable des plus grandes sottises quand il est amoureux de quelque chose qui vous ressemble... et il est épris de quelque chose qui vous ressemble... car je vous aime... [A part.) V'ià le mot lâché !

FRANÇOISE. Vous m'aimcz ?

Air: J'en conviens. (Mauvais père.)

Oui, mon cœur {ter) bat ; Ayez pitié de son cruel état.

Si vous r'fusez, hélas ! de 1' secourir,

Vous me verrez mourir.

FRANÇOISE

Jadis peut-être on aurait vu cela.

A présent c' n'est plus ça :

Tous les amants qui part'nt pour se périr, On les voit revenir.

ENSEMBLE

FRANÇOISE

Oui, son cœur {ter.) bat; Mais sans pitié je vois son triste état, Et je n' crains pas en r'fusant d' le s'courir

Ici de r voir mourir.

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