SCÈNE XVI
Les MÊ.MES, FRANÇOISE.
FRANÇOISE. Qu'est-ce que c'est ?... Ah!
mon Dieu!... tous ces militaires chez moi...
LE CUIRASSIER, à lui-même. Si c'est là la Vénus qui m'a z'invité, je suis t'un heureux cavalier.
ROBERT. Françoise, regardez ces trois soldats.
FRANÇOISE. Je les regarde... après?
ROBERT. Ne les avez-vous pas invités à souper?
FRANÇOISE. A souper !... •
LES TROIS SOLDATS. Oui... à souper...
ROBERT. Faiies donc l'étonnée... et ces lettres ?
FRANÇOISE, les prenant. Ces lettres !. .. ah! je comprends tout.
ROBERT. Moi je n'y comprends rien
c'est pourtant bien votre écriture.
FRANÇOISE. Eh ! oui , elles étaient pour nos trois maris... voyez, TadrcbSe est d'une autre écriture.
ROBERT. J'ai toujours tort aujourd'hui.
LE HUSSARD. Ah ça, qu'est-ce que ça veut dke?
ROBERT. Ça veut dire que vous avez servi de joujou à trois maris vexés.
LE HUSSARD. Donnez-nous leurs adresses que nous allions les démolir.
LE CUIRASSIER. J'en veux dévorer z'un ou deux.
LES TROIS MARIS, s'enfotiçant dans les paniers. Ali !
FRANÇOISE, qui a vu remuer les paniers, à part. Point de doute, ils sont là I...
ROBERT. L'adresse des époux?...
FRANÇOISE. Plus tard... je ne veux pas que ces messieurs s'en aillent à jeun, et puisque je les ai invités à souper , je ne m'en dédis pas..
LE HUSSARD. Ah !
LE DRAGON. Ah !
LE CUIRASSIER, ciu Uussardet auDragon.
Laissez-moi parler z'un p=^u pour nous trois. . . Mademoiselle , je suis l'un cuirassier , ce qui ne m'empêche pas dans ce moment z'assez délicat... de vous dire z'au nom de ces messieurs et de moi, que les sentiments.. .et que c'est z'avec reconnaissance... et nous aurons la chose de faire honneur à votre souper.
FRANÇOISE. Messieurs, je vous remercie ! Robert, aidez-moi à porter la table ici.
ROBERT. Le couvert serait déjà mis. ..
Il sort avec Françoise et reparaît tout de suite en portant une table servie.
LE DRAGON et le HUSSARD, serrant la main au cuirassier. Très-bien !
LE CUIRASSIER , avec fatuité. J'ai z'assez la parole en main.
MINET. Ils vont manger dans cette salle... et je meurs de faim.
GEiGNEUX. Et moi aussi. Comment! une table de huit couverts!
PINSON. Juste nos trois places...
FRANÇOISE , aux soldats. Allons , messieurs, la main aux dames.
Elle leur indique la porte à gauche, où les trois soldats entrent.
TOUS. Il y a des dames ?
ROBERT. Je n'y suis pas du tout.
11 met les chaises avec Françoise pendant la ritourelle.