‹ La CorbiéréideChapitre 8 sur 13 · DOUDEAUVILLE · texte numérisé non relu

DOUDEAUVILLE

Et vous osez le dire !

VILLÈLE

Et le dirai toujours :

Je déteste les gens qui voilent leurs discours. Dissimulons devant un public misérable , Soit; au moins, entre nous, jouons cartes sur table.

doudeauville se levant.

Cen est trop, je ne puis modérer mon courroux ; Un La Rochefoucault ne peut vivre avec vous. On ne peut être ici, sans trahir la justice; De vos exploits honteux qu'un autre soit complice ; A ce licencîment je refuse ma voix Et siège en ce conseil pour la dernière lois.

A ce noble refus, le vigilant Corbière

De ses doigts allongés excite sa paupière ; L'exotique Damas fait trois signes de croix , Le grand-juge rougit pour la première fois; D'Hermopolis s'enfuit, Clermont tombe en faiblesse, Et Villèle se couvre en signe de détresse. Peyronnet le premier rompt le silence, et dit : Motivez, s'il vous plaît, un refus si subit. Par quel secret motif d'une plèbe rebelle Contre l'avis de tous épouser la querelle ? Ah! de plaider sa cause épargnez-vous le soin , Les torts de ces bourgeois datent d'un peu plus loin; Oubliez-vous, Monsieur , que ces bandes guerrières Ont fait feu sur nos rangs?

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