‹ La corde du penduChapitre 10 sur 12 · G VI II · texte numérisé non relu

G VI II

Tout à l’heure encore, le révérend Patterson semblait préférer la mort, la cécité, tous les maux possibles, en un mot, à la perspective de trahir la Société évangélique et de résigner tout ou partie de sou autorité.

Maintenant, au contraire, il paraissait résigné à faire tout ce que l’homme gris exigerait. 4

Celui-ci fit un signe à Shoking.

Shoking ouvrit le panier qu’il avait apporté et duquel il avait tiré des provisions pour le repas du révérend.

Au fond de ce panier était un petit buvard qui renfermait du papier, de£ plumes et de l’encre.

Shoking le passa à M. Patterson à travers les barreaux.

M. Patterson le prit et le posa sur la table tout ouvert. Puis, poussant un profond soupir, il regarda l’homme gris.

— Je suis en votre pouvoir, dit-il, et je vois bien qu’il ne me reste qu’à obéir.

Il prit donc la plume et attendit.

— Monsieur, lui dit l’homme gris, croyez bien que je ne veux pas me mêler, en votre absence, des questions purement religieuses. Je ne me servirai de votre pouvoir que pour mes propres affaires et celles des personnes auxquelles je m’intéresse.

M. Patterson ne répondit pas. >

II avait la plume à la main et attendait...

Alors l’homme gris reprit :

— Je suis quelque peu au courant de vos habitudes, monsieur. Vous vous absentez souvent de Londres, sans jamais prévenir personne, pas même M. Ascott.

Celui-ci sait alors ce qu’il a à faire, et il attend un mot de vous, si votre absence se prolonge.

— Tout cela est parfaitement vrai, murmura M. Patterson.

— Écrivez donc ce que je vais vous dicter.

— Faites.

L’homme gris dicta :

ROCAMBOLE

« Mon cher Ascott.

» Je vous écris de Glascow en Écosse.

Le révérend eut un geste d’étonnement.

— Dame ! dit l’homme gris en souriant, vous pensez bien que je ne vais pas faire savoir à M. Ascott l’endroit réel où vous êtes.

Le révérend écrivit, et l’homme gris continua à dicter.

* J’ai quitté Londres précipitamment, sans même avoir le temps de vous avertir.

» Qu’il vous suffise de savoir que mon voyage sera heureux pour notre œuvre.

» Je vais m’embarquer demain pour les îles Servi'.

» Je suis à la recherche d’un trésor.

» Quand reviendrai-je? je l’ignore.

» Peut-être mon absence sera-t-elle de courte durée, peut-être se prolongera-t-elle plusieurs semaines.

» Cette lettre vous sera remise par M. Bury.

» M. Bury est mon lieutenant en Écosse, comme vous l’êtes à Londres.

» II est au courant de l’affaire qui m'occupe et vous l’expliquera dans tous ses détails.

p Obéissez-lui comme à moi-même. »

Le révérend écrivait docilement sous la dictée de l’homme gris. ,

— Est-ce tout ? fit-il.

• — C’est tout, il ne vous reste qu’à signer.

— * Pardon, dit le révérend, mais comment savez-vous que M. Ascott et M. Bury ne se connaissent pas?

— Je sais cela comme je sais tant d’autres choses, dit l'homme gris.

M. Patterson poussa un nouveau soupir et signa.

— Passez-moi donc votre lettre, fit l’homme gris.

Et il la prit à travers les barreaux, tandis que Shoking apportait sa lanterne.

Un sourire lui vint aux Jèvres :

— Mon cher monsieur Patterson, dit-il, vous êtes si troublé que vous avez oublié quelque chose.

— Quoi donc?

— Les deux croix en sautoir que vous avez coutume de mettre dans votre paraphe.

M. Patterson tressaillit.

— Sans cette marque, votre lettre sera considérée comme non avenue, poursuivit l’homme gris.

— Mais...

— 11 y a mieux, M. Ascott devinera qu’il vous est arrivé malheur et que je ne suis pas M. Bury.

Et l’homme gris passa la lettre au révérend en disant :

— Veuillez donc ajouter cette petite formalité.

— Jamais! dit M. Patterson.

— Je m’y attendais, dit l’homme gris. Allons, Shoking, mon ami, M. Patterson préfère devenir aveugle. Éteins ta lanterne et mettons nos lunettes. On va faire jouer le réflecteur.

M. Patterson jeta un cri.

— Arrêtez ! dit-il.

— Ah 1 la peur vous prend ?

HOGAMBOLE

— J’ajouterai le paraphe* je ferai ce que vous voudrez, mais...

— Mais quoi?

— Faites-moi une promesse.

— Voyons?

— Promettez-moi qu’il n’arrivera pas malheur à M. Ascott.

— Je vous le promets.

— Et que vous me tirerez d’ici le plus tôt possible?

— Je vous le promets encore.

Alors M. Patterson ramassa la lettre qui était tombée à terre et ajouta le paraphe et les deux croix à sa signature.

— A présent, mettez l’adresse, dit l’homme gris.

M. Patterson obéit encore.

Puis il rendit la lettre, que l’homme gris mit tranquillement dans sa poche.

— Au revoir, mon révérend, dit-il.

Et il s’éloigna.

M. Patterson avait mis son front dans ses mains et paraissait plongé dans une douloureuse méditation.

— Ah 1 mon révérend, lui dit Schoking, vous avez donc cru comme ça que vous enfonceriez le maître?

Le révérend ne répondit pas.

— Vous ôtes malin, dit encore Shoking, mais pas assez pour nous. Bonsoir, je vous laisse ma lanterne.

Et Schoking posa sa lanterne à terre et s’en alla.

M. Patterson le suivit des yeux.

Puis il haussa imperceptiblement les épaules.

— Imbéciles ! murmura-t-il, j’ai signé et paraphé ma

lettre, mais j’ai barré les deux t de mon nom d’une certaine manière'dont Ascott ne sera pas dupe.

Allons ! tout espoir n’est point perdu.

Et M. Patterson parut se résigner momentanément à son triste sort.

Maintenant, retournons à Londres.

Il était six heures du matin et la capitale du Royaume- Uni avait endossé son plus épais brouillard.

On n’y voyait pa3 à dix mètres de distance.

Les magasins en ouvrant leurs portes avaient allumé leurs becs de gaz; les voitures circulaient difficilement et les piétons se heurtaient a chaque pas les uns aux autres, sur les larges trottoirs d’Oxfort Street.

Deux gentlemen qui marchaient fort vite tous les deux et en sens inverse donnèrent tout à coup têtp baissée l’un dans l’autre.

— Maladroit! dit l’un.

— Excusez-moil répondit l’autre.

Puis ils poussèrent tous deux une exclamation iden tique suivie d’un nom différent.

— Sir Edmund! dit l’un.

— Sir Charles Ascott, murmura l’autre.

ROCAMBOLE

Et ils se prirent par le bras.

— Où allez-vous? dit le premier.

< — Au bureau du révérend.

*— J’en viens. ,

— L’avez-vous vu?

— Non. Il n’est pas de retour.

— Voilà qui est bizarre, murmura sir Charles Ascott.

— Je faisais la même réflexion que vous, répondit sir Edmund.

— Sir Edmund, reprit M. Ascott, je n'aime pas beaucoup causer en plein air.

— Ni moi, mon cher.

— Allons au bureau , nous échangerons quelques réflexions.

— J’allais vous le proposer, répondit sir Edmund.

Ce dernier rebroussa chemin et sir Charles Ascott le

prenant par le bras, ils hâtèrent le pas.

Quelques minutes après, ils entraient tous les deux dans le petit rez-de-chaussée d’Oxford où le révérend Patterson avait établi son bureau de mystérieuses correspondances.

il y avait toujours là une manière de commis ou de secrétaire qui écrivait à sept heures du matin et ne s’en allait qu’à sept heures du soir.

C’était un petit homme déjà vieux, au teint blafard, aux habits usés, portant des lunettes bleues sur un nez pointu, et laissant entrevoir de longues dents jaunes à travers des lèvres minces et comme fendues avec un couteau.

Cet homme, qu’on appelait Bob, jouissait du reste de la confiance du révérend Patterson, de M. Ascott, de sir

. Edmund et de tous les gros bonnets de la Société évangélique.

M. Ascott et sir Edmund entrèrent.

Le petit homme releva ses lunettes sur son nez.

— Oh! dît-il, c’est vous, monsieur Ascott?

— C’est moi, Bob;

M. Ascott était un gentleman fort distingué, encore jeune, au visage plein, encadré de beaux favoris châtains ; il avait une belle prestance et un certain air de bonhomie que corrigeait cependant un petit œil vif et malicieux.

— • Sir Edmund, que je vois revenir avec vous, dit Bob, a dû vous dire que je n’avais encore aucune nouvelle de M. Patterson.

— En effet, Bob.

Et M. Ascott s’assit auprès du poêle.

— Depuis combien de jours est-il parti?

— 11 y en aura huit demain, monsieur, répondit Bob, qui laissa retomber ses lunettes sur le bout de son nez.

— C’est bien long, murmura sir Edmund.

— M. Patterson a fait des absences autrement longues, dit tranquillement Bob.

— Oui, reprit M. Ascott, mais il avait coutume de m’écrire avant de partir.

— Pas toujours, monsieur, dit encore Bob.

— Cela est vrai, dit M. Ascott, une ou deux fois, M. Patterson est parti sans m’avertir, mais il m’a écrit le lendemain.

— Et il ne vous a pas écrit cette fois?

— Non.

— Enfin, dit sir Edmund, s’adressant à Bob. quand . il est parti, que vous a-t-il dit?

— Qu’il allait en Irlande.

— Ah ! et il n’a pas annoncé son prochain retour ?

— Non.

M. Àscott fronçait le sourcil. Bob taillait sa plume pour se donner une contenance ; quant à sir Edmund, il paraissait non moins préoccupé.

Il y eut un moment de silence pai’mi les trois hommes.

„ Enfin M. Ascott murmura :

— Ne vous semble-t-il pas que tout cela est fort extraordinaire ?

— Très-extraordinaire, en effet, dit sir Edmund.

— Plus qu’extraordinaire, fit Bob à son tour.

— J’ai le pressentiment de quelque malheur, poursuivit M. Ascott.

— Moi aussi, dit sir Edmund.

Bob secoua la tête.

— Je ne suis pas de votre avis, dit-il.

— Vraiment? fit M. Ascott.

— Non, monsieur. .

— Expliquez donc votre pensée, Bob..

— Volontiers, répondit le commis qui posa sa plume derrière l’oreille.

M. Ascott et sir Edmund se regardèrent.

— Je vais vous dire mon opinion, reprit Bob. M. Patterson est à la chasse.

— Vous moquez-vous de nous, Bob?

— Pas le moins du monde, monsieur.

— Alors, expliquez-vous.

— M. Patterson chasse l’homme. /

— Que voulez-vous dire?

— Il est à la poursuite d’un homme, répéta Bob.

— Et cet homme, comment l’appelez-vous?

— Je ne sais pas son nom, ni le lord chief-justice non plus, et M. Patterson pas davantage.

— Vous voulez parler de l’homme gris ?

— Justement.

M. Ascott et sir Edmund se regardèrent.

— En effet, dit le premier, pour que M, Patterson soit parti si précipitamment, il a fallu un motif bien impérieux...

— Vous savez, observa Bob, que l’homme gris qu’on croyait tenir, est parvenu à s’échapper.

Oui, je sais cela.

— Et si M. Patterson, qui a comme nous le plus grand intérêt à livrer cet homme à Calcraftest parti, c’est qu'il est sur ses traces. Par conséquent...

Bob s’arrêta.

— Eh bien ? dit sir Edmund.

— Par conséquent, reprit Bob, il n’y a pas à s’inquiéter.

— Je ne suis pas de votre avis, moi, répondit M. Ascott.

— Pourquoi donc ?

— Et il serait arrivé malheur à M. Patterson que cela ne m’étonnerait pas, surtout si, comme vous le dites, Bob, M. Patterson court après l’homme gris.

Ce nom avait, paraît-il, le privilège de jeter l’épouvante dans l’âme des membres de la Société évangélique, car M. Ascott, sir Edmund et Bob se regardaient en frissonnant. s

272 ROCAMBOLE

En ce moment le timbre de la porte retentit, annonçant un visiteur.

Bob se leva vivement pour aller ouvrir.

— Qui sait, fit-il, c’est peut-être M. Patterson !

Bob alla donc ouvrir.

Un homme qu’il n’avait jamais vu entra en saluant et dit :

— Seriez-vous, par hasard, monsieur Ascott?

— Non, répondit Bob, ce n’est pas moi. Le voilà.

Et il montra le gentleman .

Le nouveau venu salua de nouveau.

Puis il porta à son front l’index de la main droite et fit un signe de croix mystérieux.

M. Ascott tressaillit et répondit par le même.

Le visiteur et le visité appartenaient tous les deux à la Société évangélique.

M. Ascott salua donc après avoir fait le signe de croix ; puis il attendit.

L’inconnu rendit le salut et répéta le même signe, non plus sur le front, mais sur l’épaule gauche.

— - Oh! oh! fit M. Ascott qui s’inclina très-bas, vous êtes donc mon supérieur?

— Comme vous voyez, répondit l’inconnu.

— D’où venez-vous?

— D’Écosse.

— Pour voir M. Patterson?

— Non c’est lui qui m’envoie.

Sir Edmund, Bob et M. Ascott poussèrent en même temps un cri de joie. *

Alors l’inconnu ajouta :

— Je me nomme Bury, et voici ce que je vous apporte.

Il tira une lettre de sa poche et la tendit à M. Ascott.

C’était la lettre du révérend Patterson.

M. Ascott en prit connaissance, arriva à la signature et se convainquit que non-seulement c'était bien l’écriture de M. Patterson, mais que, encore, la signature était irréprochable.

11 avait lu rapidement le corps de la lettre et n’avait examiné attentivement que la signature.

Alors il se tourna vers M. Bury, l’Ecossais, et lui dit : >

— Je suis à vos ordres, monsieur.

— Monsieur, répondit l’Ecossais, je n’ai aucun ordre à vous donner aujourd’hui. J’arrive et j’ai besoin de prendre l’air de Londres, tout d’abord; mais, demain, vous vous tiendrez à ma disposition.

— Sans aucun doute, monsieur, répondit sir Charles Ascott.

— Je suis logé à Santon hôtel, Santon Street, dans Hay-Markett, poursuivit l’Ecossais, et je vous y attendrai demain à neuf heures.

— J'y serai, monsieur.

ROCAMBOLE

M. Bury se leva, salua froidement et fit un pas vers la porte.

Puis il parut se raviser.

— Oh! pardon, dit-il eu revenant sur ses pas, j’oubliais une chose essentielle.

M. Ascott attendit.

— Vous pensez bien, reprit M. Bury, que, pour que M. Patterson, notre bien-aimé chef, m’ait investi de ses pleins pouvoirs, il faut qu’il s’agisse d’une chose excessivement grave.

— Cela est vraisemblable, dit M. Ascott.

— Je vais m’occuper ici d’un vaste intérêt, poursuivit l’Ecossais, et il me faut beaucoup d’argent.

M. Ascott répondit :

— Fixez le chiffre que vous désirez; je vous porterai demain un chèque sur la banque.

— Trente mille livres pour commencer.

— Peste ! murmura Bob, est-ce que la Société veut acheter un royaume sur le continent? ,

— Peut-être bien, dit M. Bury en souriant.

Et il s’en alla.

Quand il fut parti, sir Edmund regarda M. Ascott qui ' avait toujours entre les mains la lettre du révérend.

— Eh bien! dit-il, nous voilà rassurés sur M. Patterson.

— Oui, dit M. Ascott, mais je ne suis pas content,

moi. *

— Pourquoi donc?

— Parce que je n’aurais jamais cru que le révérend me ferait l’injure de placer quelqu’un au-dessus de moi.

— Ce qui n’empêche pas, dit sir Edmund, qu’il faut obéir.

— Hélas! dit M. Ascott en soupirant.

Bob se caressait la joue avec les barbes de sa plume.

— Trente mille livres sterling I murmurait-il, voilà une jolie somme, et ce n’est que pour commencer, paraît-il.

— La caisse de la Société est assez riche pour supporter de pareilles saignées, dit M. Ascott.

— A la condition, toutefois, grommela Bob, qu’on ne les renouvellera pas souvent.

M. Ascott eut un geste qui voulait dire :

— Voilà qui m’est tout à fait indifférent.

Et sir Edmund ajouta :

— M. Patterson est notre chef suprême. Nous lui devon une obéissance passive, et quand il commande il faut nous exécuter.

— Et puis, ajouta M. Ascott, croyez bien que le révérend a toujours posé une livre contre une banknote; et s’il sème beaucoup, c’est pour récolter six fois plus. N’est-ce pas, Bob?

Bob faisait toujours la grimace.

— Ce M. Bury ne me revient qu’à moitié, murmurat-il.

— Il ne me revient même pas du tout, Bob, mon ami, dit M. Ascott.

— C’est pourtant, observa sir Edmund, un parfait gentleman.

— Pardon, monsieur, dit Bob, je ne suis qu’un pauvre plumitif, et Dieu me garde de vouloir m’ingérer

ROt'-AMBOLK

plus que je ne dois dans les affaires de votre Société... mais. . *

Bob s’arrêta indécis.

— Mais quoi? dit M. Àscott.

— Serait-ce une indiscrétion de vous demander à voir la lettre du révérend ?

— Assurément non, répondit M. Ascott.

Et il tendit la lettre à Bob,

Bob la lut, examina chaque mot, et, tout à coup, poussa un cri.

— J’en étais sûrl dit-il .

— Hein? fit M. Ascott.

— Monsieur, répliqua Bob, M. Patterson n’a pas écrit cette lettre de son plein gré.

— Ohl par exemple! voyez donc la signature et le paraphe. Bob.

Le paraphe est irréprochable, monsieur.

— Et les deux croix en sautoir?

— Pareillement, monsieur.

— Alors qui vous fait supposer...?

— Monsieur, dit Bob, il y a deux t à Patterson.

— Sans doute.

— Eh bien 1 il n'y en a qu’un de barré.

— Est-ce possible? s’écria M. Ascott.

— Voyez plutôt.

Et Bob lui rendit la lettre.

M. Ascott pâlit.

— Cela est vrai, murmura-t-il.

Bob secoua la tête et ajouta :

—h y a de l’homme gris là-dessous.

Et Bob, M. Ascott et sir Edmund se regardèrent en frissonnant.

GXI

M. Ascott était un homme de sang-froid.

— Donnez-moi donc la lettre, Bob, dit-il,

I) se mit à relire le billet écrit par M. Patterson.

— J’ai voulu me rendre compte d’une chose, dit-il, du plus ou moins de fermeté de l’écriture.

Or, elle est un peu tremblée.

— Preuve, dit sir Edmund, que M. Patterson a écrit sous le coup d’une vive émotion.

— Très-vive certainement, car M. Patterson est un homme qui ne s’effraye pas facilement.

— Pourvu qu’on ne l’ait pas tuél dit Bob, qui frisonnait de plus en plus.

— Mes bons amis, dit alors M. Ascott, il ne s’agit pas, en ce moment, de perdre la tête. Il faut, au contraire, raisonner et prendre une résolution.

— Laquelle? fit sir Edmund.

— Vous n’avez plus aucun doute, n’est-ce pas, sur la situation de M. Patterson?

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