‹ La Cornette jaune, vaudeville en 1 acteChapitre 17 sur 25 · SCÈNE XIV « SCHMIDT, GRETTLY · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV « SCHMIDT, GRETTLY

SCHMIDT, qui est allé poser son chapeau sur la table.

Parbleu , je serai bien heureux de sortir d'inquiétude.

GRETTLY, à part.

Si je lui conviens... je n’aurai pas été longtemps à me placer.... (Elle regarde de côté.) Il n’est pas très-joli.... mais pour un mari de rencontre....

« SCHMIDT, à part regardant Grettly qui se rengorge.

Tiens ! mon petit gaillard avait bon goût.

GRETTLY, d’un air coquet.

Monsieur, je vous salue... Monsieur Mallhus m’a dit que vous cherchiez partout une jeunesse qui ait eû des malheurs!... et je me trouve bien dans l’embarras à cause d’une petite aventure qui m’est arrivée à Zurich.

SCHMIDT, vivement.

Aht je la connais... une aventure, qui vous a fait sortir de la maison où vous étiez ?

GRETTLY.

Précisément!.... alors, monsieur, vous devez bien savoir que ça ne le méritait pas ?

SCHMIDT

Non , non , bien certainement !

GRETTLY, à elle-même.

A la bonne heure.... voilà un brave homme!.... (Haut.) Eh bien ! monsieur Hantz, mon futur, quand il a appris cela, il a fait un bruit, un tapage et il m’a méprisée...

SCHMIDT, à part.

Pauvre petite, il aura découvert l’enfant.

GRETTLY.

Tout cela pour un méchant bibi !... aussi, le premier que je trouverai... je le prendrai !.... (appuyant) je ie prendrai L... (en le regardant) je ne vous dis que ça I

LA COllNETTE JAUNE.

SCHMIDT, à part, riant.

Ah ! mon pauvre Pétera !... (Haut.) Ah ! ça, vous avez donc oublié... à Zurich , vous aviez un amoureux î

GRETTLY, embarrassée.

Ah !... à Zurich !... c’est-à-dire.... vous le savez aussi?

SCHMIDT, se livrant davantage,

C’est lui qui est cause que je cours après vous.... et vous comprenez que si je devenais son rival . ... si je le supplantais....

GRETTLY, riant.

Ah ! ah ! il vous embrocherait !.. il est jaloux comme un coq.

SCHMIDT

Moi! son protecteur !... de qui me parlez- vous?

GRETTLY,

Eh bien ! et vous ?

SCHMIDT

De votre amoureux I

GRETLY.

Lequel ?

SCHMIDT

Ah ! ça, voyons donc... est-ce que vous n’avez pas aimé un petit sergent ?

GRETTLY, d’un air pincé.

Oh 1 fi donc !... non, monsieur, non ! je ne donne pas dans le militaire... c’est trop casuel !

SCHMIDT, riant.

Quel est donc l'homme qui m’embrocherait, disiez-vous ?

GRETTLY, riant.

Eh bien ! ce grand marmiton de chez nous, qui me faisait la cour.

SCHMIDT

Quel diable de pot au noir!.... nous n’y sommes plus!.... Voyons, je suis à la recherche d’un enfant.... n’en avez-vous pas un?

GRETTLY, révoltée.

Un enfant i

SCHMIDT

Je veux dire, ici, avec vous, apporté de Zurich.... un petit garçon de trois mois ?

GRETTLY, indignée et Hère.

Monsieur, vous me prenez pour une autre 1

SCHMIDT

Ma foi , mademoiselle, je commence à m’en apercevoir, excusez-moi... votre serviteur... du moment que vous n’avez pas ce que je cherche... (Il reprend son chapeau.)

GRETTLY.

Vous ne voulez donc pas être mon mari ?

SCHMIDT

Voire mari ! jamais de la vie ! (avec colère) Et cet imbécile de bailly qui vient

GRETTLY, avec humeur.

Ah 1 oui ! je voudrais savoir pourquoi il m’a adressé à vous?

SCHMIDT

Hé 1 morbleu ! parce qu’il vous a donné la cornette jaune.

(Il rentre à gauche.)

GRETTLY, vivement.

Il s’en est vanté ?... ça n’est pas vraii... (Allant à lui.) Soyez persuadé, monsieur... mais il a parlé de mon bonnet... Monsieur Malthus qui s’en donne les gants... Il y a quelque chose là-dessous qu’il faut que je sache !... (Regardant & droite.) Ohl mon ancien fiancé... je ne peux plus le voir en peinture.... (Elle sort par la gauche.)

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