SCÈNE XIV « SCHMIDT, GRETTLY
SCHMIDT, qui est allé poser son chapeau sur la table.
Parbleu , je serai bien heureux de sortir d'inquiétude.
GRETTLY, à part.
Si je lui conviens... je n’aurai pas été longtemps à me placer.... (Elle regarde de côté.) Il n’est pas très-joli.... mais pour un mari de rencontre....
« SCHMIDT, à part regardant Grettly qui se rengorge.
Tiens ! mon petit gaillard avait bon goût.
GRETTLY, d’un air coquet.
Monsieur, je vous salue... Monsieur Mallhus m’a dit que vous cherchiez partout une jeunesse qui ait eû des malheurs!... et je me trouve bien dans l’embarras à cause d’une petite aventure qui m’est arrivée à Zurich.
SCHMIDT, vivement.
Aht je la connais... une aventure, qui vous a fait sortir de la maison où vous étiez ?
GRETTLY.
Précisément!.... alors, monsieur, vous devez bien savoir que ça ne le méritait pas ?
SCHMIDT
Non , non , bien certainement !
GRETTLY, à elle-même.
A la bonne heure.... voilà un brave homme!.... (Haut.) Eh bien ! monsieur Hantz, mon futur, quand il a appris cela, il a fait un bruit, un tapage et il m’a méprisée...
SCHMIDT, à part.
Pauvre petite, il aura découvert l’enfant.
GRETTLY.
Tout cela pour un méchant bibi !... aussi, le premier que je trouverai... je le prendrai !.... (appuyant) je ie prendrai L... (en le regardant) je ne vous dis que ça I
LA COllNETTE JAUNE.
SCHMIDT, à part, riant.
Ah ! mon pauvre Pétera !... (Haut.) Ah ! ça, vous avez donc oublié... à Zurich , vous aviez un amoureux î
GRETTLY, embarrassée.
Ah !... à Zurich !... c’est-à-dire.... vous le savez aussi?
SCHMIDT, se livrant davantage,
C’est lui qui est cause que je cours après vous.... et vous comprenez que si je devenais son rival . ... si je le supplantais....
GRETTLY, riant.
Ah ! ah ! il vous embrocherait !.. il est jaloux comme un coq.
SCHMIDT
Moi! son protecteur !... de qui me parlez- vous?
GRETTLY,
Eh bien ! et vous ?
SCHMIDT
De votre amoureux I
GRETLY.
Lequel ?
SCHMIDT
Ah ! ça, voyons donc... est-ce que vous n’avez pas aimé un petit sergent ?
GRETTLY, d’un air pincé.
Oh 1 fi donc !... non, monsieur, non ! je ne donne pas dans le militaire... c’est trop casuel !
SCHMIDT, riant.
Quel est donc l'homme qui m’embrocherait, disiez-vous ?
GRETTLY, riant.
Eh bien ! ce grand marmiton de chez nous, qui me faisait la cour.
SCHMIDT
Quel diable de pot au noir!.... nous n’y sommes plus!.... Voyons, je suis à la recherche d’un enfant.... n’en avez-vous pas un?
GRETTLY, révoltée.
Un enfant i
SCHMIDT
Je veux dire, ici, avec vous, apporté de Zurich.... un petit garçon de trois mois ?
GRETTLY, indignée et Hère.
Monsieur, vous me prenez pour une autre 1
SCHMIDT
Ma foi , mademoiselle, je commence à m’en apercevoir, excusez-moi... votre serviteur... du moment que vous n’avez pas ce que je cherche... (Il reprend son chapeau.)
GRETTLY.
Vous ne voulez donc pas être mon mari ?
SCHMIDT
Voire mari ! jamais de la vie ! (avec colère) Et cet imbécile de bailly qui vient
GRETTLY, avec humeur.
Ah 1 oui ! je voudrais savoir pourquoi il m’a adressé à vous?
SCHMIDT
Hé 1 morbleu ! parce qu’il vous a donné la cornette jaune.
(Il rentre à gauche.)
GRETTLY, vivement.
Il s’en est vanté ?... ça n’est pas vraii... (Allant à lui.) Soyez persuadé, monsieur... mais il a parlé de mon bonnet... Monsieur Malthus qui s’en donne les gants... Il y a quelque chose là-dessous qu’il faut que je sache !... (Regardant & droite.) Ohl mon ancien fiancé... je ne peux plus le voir en peinture.... (Elle sort par la gauche.)