Acte d'adoration, de soumission, d'amoia
Pater noste7% Notre Père : Mon Dieu, la première pensée 4|ue je veux contempler lorsque mon âme, dans la détresse comme dans la joie, s'élève vers vous, c'est que vous êtes mon Père, que je suis votre enfant, qu'entre vous et moi, grâce à une ineffable condescendance, de votre part, il y a des relations de famille. C'est sur le pied des relations familiales que j'entends vivre avec vous. Je ne doute pas plus de vous que de mon père ou de ma mère ; j'ai moins de confiance, en mon père, en ma propre mère qu'en vous," parce que mon père et ma mère, souvent, sont impuissants à me procurer le bien qu'ils me ^veulent, tandis que, pour vous, ô mon Père du ciel, rien ne peut résister à votre volonté souveraine. v
Notre Père qui êtes aux deux : Ce n'est pas sur terre, dans l'espace restreint d'un abri fait de main d'homme, que s'épanouit la vie famihale des enfants de Dieu. Le ciel, c'est la régipa supérieure à la matière, supérieure à la raison de la chétive créature humaine ; c'est l'esprit, dont la grâce du baptême a fait un temple, c'est le sein de la Trinité divine où l'âme chrétienne, transformée par la Foi,
(i) Quid enim mihi est in coelo ? Et a te quid volui super ten^am ? Déficit caro mea et cor meum : Deus cordis mei, et pars mea Deus in
aeternum. Quia ecce qui elongant se a te, peribunt Mihi autem
adhaerere Deo bonum est : ponere in Domino Deo spem meam.
Ps. 73, V. V. 25-28.
l'Espérance, la Charité et par les dons de l'Esprit-Saint, respire en Dieu, croît en Dieu, se dilate en Dieu, jusqu'à ce qu'elle ait acquis la taille que lui mesure le dessein de l'éternelle prédestination.
Que votre Nom soit sanctifié. Mon Dieu, Vous êtes la sainteté essentielle et, à ce titre, inaccessible à une créature misérable et pécheresse. Vous nous dépassez infiniment. Votre Majesté, du temple saint de sa gloire, domine nos vains efforts pour la louer, pour la glorifier. « Benedictus es in templo sancto gloriae tuae, et super laudabi lis et supei'gloriosus in saecula. » (i) Mais, ô abime insondable du divin Amour, Mystère qui résume pour nou$ tous les Mystères, Vous Vous êtes plu à nous faire jaillir du néant, à Vous incliner vers nous, à nous envelopper de votre amour, et à nous offrir le partage de votre vie et de votre félicité. Cependant, il y a, à cette déification de nos âmes, une condition : il faut croire que Vous nous aimez, il faut avoir foi au Christ, révélation suprême du divin Amour; croire. à votre amour, ô mon Jésus, comme l'ami croit à son ami, l'enfant à sa mère, l'épouse à son époux. Cette foi est la glorification la plus haute du saint Nom de Dieu : Sanctificetur nomen tuum. Que votre Nom soit sanctifié.
Que votre règne arrive : Mon âme Vous est un temple, Seigneur qu'elle Vous soit aussi un royaume ! Je suis et veux être votre sujet. Régnez souverainement sur moi. Si je me suis parfois détourné de Vous ,• s'il m'est arrivé, même, de me révolter contre Vous, c'est que je ne vous connaissais pas. Heureusement, mon Dieu, Vous ne Vous 'effarouchez ni de la pusillanimité, ni des révoltes de la nature. Vous ne me demandez que ma. Foi et une volonté fidèle, sous la direction de la Foi et sous le souffle de votre amour. Je crois, Seigneur, je veux croire, guérissez-moi de mon incrédulité. (2) Triomphez de mes résistances. Vous ne me subjuguez, je le sais, que pour m'aimer. M'assujétir à vous, c'est me laisser aimer par Vous : c'est Vous donner la liberté de réaliser en moi, fût-ce malgré moi, mon bonheur. Disposez de moi. Seigneur, brisez en moi, de gré ou de force, les obstacles à l'envahissement et au triomphe de votre Amour.
Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ma volonté est à Vous, je vous l'immole. Ce que Vous voulez est bon, toujours bon; ce que je voudrais peut ne l'être pas. Ma volonté doit fléchir devant la vôtre. Maîtrisez-la, purifiez-la, transformez-la. Les anges et les saints du ciel voient et acclament votre infinie sagesse. Je ne la vois pas, mais j'y crois. Je bénis vos volontés passées et présentes; j'attends, avec une confiance pleme d'amour, vos volontés à venir.
(1) Dan, m, 5.
(2) Marc. IX, 23.
Il n'y a pas d'événement qui ne nous apporte, de votre part, un message d'amitié, une offre d'union, un gage de béatitude. «Tous les desseins de la Providence sont miséricordieux et fidèles, nous dit le Psalmiste, mais pour en faire l'expérience, il faut aller au devant de l'alliance divine et en désirer recueillir les témoignages. » « Universae viae Domini misericordia et veritas requirentibus testamentum ejus et testimonia ejus. » (i)
Que le Nom du Seigneur soit béni, dès ce moment et toujours î « SU Nomen Domini benedictum, ex hoc mine et usqiie in saeculum. »
(Signé) I D. J. Card. MERCIER,
* ARCH. DE MÀLINES.
(i) Ps. 24, V. 10.