III. — Conclusion
irc CoN'CLUSiON '. Cyoye:^ au divin amour.
Mes Frères, vous ne pouvez douter de l'amour de Dieu pour vous ; vous ne pouvez douter q"ue tout ce qu'il fait est bien fait : c'est l'œuvre à la fois de sa Puissance, de sa Sai^'esse, de son Amour^ l'œuvre du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Vous ne comprenez pas, sur l'heure, le pourquoi et le comment de tous les événements que sa Providence ordonne ou permet : vous n'avez pas à les comprendre. Est-il bien étonnant, je vous le demande, que le fini ne comprenne pas l'Infini ; que l'enfant, qui balbutie les premières lettres de l'alphabet, ne pénètre pas le sens du grand livre de l'histoire: que le témoin d'un lever, et d'un coucher de soleil n'embrasse pas l'éternité ?
Si vous compreniez, d'ailleurs, vo^s ne croiriez pas ; et Dieu veut que vous croyiez, afin que votre foi soit méritoire pour vous^ et plus glorieuse pour Lui, Le saint homme Job, qvie la divine Ecriture propose en modèle aux âmes souffrantes, avait mille fois raison de ne point écouter sa femme et ses amis, qui le poussaient à la révolte, sous le prétexte que les épreuves n'avaient point de sens, qui s'abattaient sur un serviteur fidèle à Dieu : « Nous avons reçu de la main de Dieu ses bienfaits, répliquait le martyr, pourquoi n'en recevrions-nous pas la souffrance ? Si bona suscep.imus de manu Dei, mala qiiare non suscipiamus ? » {2)
En d'autres mots, il ne s'agit pas de juger si une chose est, à notre gré, bonne ou mauvaise ; la question capitale n'est pas de savoir si elle nous" plaît ou nous déplaît ; notre point de vue est trop étroit, notre horizon trop borné, notre faculté de juger trop incertaine, pour nous mettre en état de nous prononcer avec sagesse sur la portée et sur la valeur des événements providentiels.
Il y a un parti beaucoup plus sûr, le seul réellement sûr, c'est de se tenir à sa place, dans l'humilité de .son incompétence et de sa sujétion, et de laisser à Dieu l'autonomie souveraine, la compréhension, l'amour. Le saint roi David, dont la vie fut tant traversée par
(i) I Cor. XVI, 22.
(2) Job, II. 10.
l'épreuve, se sentait souvent troublé par le spectacle de la prospérité insolente de ses persécuteurs et de ses ennemis ; il épanchait, alors,, dans ses psaumes, ses doutes, se^s angoisses, *son chagrin ; mais la Foi, chez lui, prenait le ^dessus et le conduisait finalement à ces élans d'amour : « O mon Dieu, que désiré-je dans la création entière, sinon » le bonheur d'être avec Toi ? Ma chair se consume, mon cœur » défaille ; l'asile de mon cœur, mon partage, c'çst Dieu à jamais ! En » s'éloignant de Toi, Seigneur, les impies s'éloignent du bonheur et » de la vie. Pour moi, mon bonheur est de m'attacher à Dieu, de » reposer en Lui mes espérances. » (i)
S'il vous arrive d'être tentés de scepticisme, rnes Frères, prenez votre psautier ; lisez, méditez quelques psaumes; votre foi se réveillera et, sans que vous vous en aperceviez, vous vous mettrez à prier.
L'homme qui prie, revit. Priez; dites,- surtout, la prière par excellence, celle que nous avons apprise à l'école du divin Maître : le Pater. "
2de Conclusion :