Mémoires, I, p
2. Le traité De la Vérité contient en effet de vifs éloges de Marat, notamment aux pages 1*3-174, et 333-340. « Mais que les cris (de l'Académie des Sciences), que ses déclamations, que sa persécution ne te découragent point, ô toi que la nature doua du génie de l'observation, et d'une ardeur infatigable pour la recherche de la vérité, toi qui, ne croyant qu'à l'expérience, et point aux noms ni à la prescription, as courageusement renversé l'idole du culte académique et substitué aux erreurs de Newton sur la lumière un système de faits bien prouvés, bien enchaînés! (p. 173)... Je ne cite ici que l'histoire de ce physicien célèbre, M. Marat, à la philosophie et aux recherches duquel je me plais à rendre justice {p. 174)... »
Recevez, mon très cher, mes sincères remerciements pour toutes les démarches obligeantes que vous avez bien voulu taire au sujet de mes ouvrages, et continuez-moi vos lions oflices; on a besoin du zèle d'un ami quand on a à combattre une aussi puissante faction.
J'ai vu M. du Villars, il m'a dit que vos affaires avaient été retardées en France, mais qu'il espérait que les obstacles allaient être levés. Les âmes franches et droites comme la vôtre ne connaissent pas toutes les routes tortueuses des satellites d'un despote, ou plutôt elles les dédaignent. Souvenez-vous cependant, mon tendre ami, qu'il faut quelque ménagement quand on n'est pas les plus forts.
Mes affaires commencent à reprendre une tournure favorable : mais si elle ne se' soutient pas, je me déterminerai à repasser à Londres, et comptez que le plaisir de me rapprocher de vous y entrera pour beaucoup, car je ne me flatte pas de vous revoir ici de longtemps.
Adieu, mon cher ami, aimez-moi toujours comme je vous aime. Madame la marquise me charge de mille choses honnêtes pour vous.