Analyse extraite d'un catalogue d'autographe
premier égard, mon extrait de baptême fait foi. Au dernier égard, il suffit de jeter les yeux sur les ouvrages que j'ai donnés au public depuis mon arrivée en France, et dont j'ai l'honneur de vous faire hommage, pour sentir que leur composition a demandé tout mon loisir, et qu'elle m'a coûté de fortes sommes.
Les sciences, Monsieur, ne vous sont sans doute pas plus étrangères que les belles-lettres et ies beaux-arts : si vous saviez un seul de ces ouvrages, vous reconnaîtriez aux recherches dont ils sont remplis qu'ils ont dû absorber tout mon temps et prendre même sur mon repos. Et si vous prenez la peine de suivre les dates de leur publication, vous verrez que tant que j'ai eu le titre de médecin des gardes d'Artois, j'ai été livré à la retraite du cabinet, comme j'y ai été livré depuis que j'ai renoncé à ce litre, car il ne se trouve plus dans mes deux derniers ouvrages.
Il est juste que je ne sois pas imposé à la capitation, puisque je suis dans le cas de tous les étrangers qui voyagent et dépensent pour s'instruire. Au reste, Monsieur, il en coûte infiniment à ma délicatesse de vous laire une pareille demande, et je n'aurais pu m'y déterminer, si la mauvaise foi de ceux qui ont abusé de ma confiance ne m'imposait la plus stricte économie.
Je connais trop le prix de vos moments pour me rendre plus longtemps importun. Quelle que soit votre décision, ce sera celle de la justice, et je regarderai comme une faveur la peine que vous voudriez bien prendre de m'en instruire*.
Marat.
1. En t<"te de cette lettre, le destinataire a écrit ces mots : << A terminer très promptement de la manière la plus favorable. » •D'autre part, une réponse se trouve jointe à la pétition faite au nom de Mirât sur le même sujet, el cette réponse est nettement défavorable. 11 ne semble donc paa cme Marat ait eu gain de cause.
LETTRE A
(Sans date)
Absorbé comme je le suis par tant d'occupations, il faudrait, mon cher comte, pour avoir le temps de vous donner une consultation sur l'état de Mme du Mesnil, que je négligeasse plusieurs malades qui ont besoin de mon secours. Je suis pénétré de reconnaissance, mais je vous prie de me garder vos bonnes dispositions pour des cas moins difficiles. Je n'aime guère que les maladies où il y a peu à faire et beaucoup à gagner, et lorsqu'on peut choisir, pourquoi ne pas le faire? J'aurai l'honneur de vous voir ce soir, sur les sept heures, rue Saint-Claude. Je vous embrasse de toute mon àme.
Marat.
Lundi matin.
LETTRE A .'
(6 mai 1780'
Paris, 6 mai 1786.
Je saisis avec empressement l'occasion que M. le baron de Lisle veut bien me fournir de vous faire passer mes