L'Ami dit Peuple, n
I la lettre datée du 23 août 17&9.
XTRODUCTION Hï
une analyse1. Enfin, à la Convention elle-même, les lettres de Marat n'ont pas un sort meilleur : on refuse de les lire2. Lafayette3 d'abord, puis Roland4, font surveiller et intercepter la correspondance de l'Ami du Peuple. Il n'est pas jusqu'aux lettres écrites à la Société des Jacobins qui n'aient été parfois perdues pour l'histoire. En novembre 1792, Marat écrit aux Jacobins une lettre 5 dont nous ne connaissons
1. Séances des 12 et 14 octobre 1789, et du 2 août 1790. « Plusieurs amis, raconte Marat, ne se fiant qu'à leur zèle, m'enlevèrent de chez moi et me conduisirent à Versailles. J'adressai mes réclamations à l'Assemblée. Ce serait manquer à la reconnaissance que de passer sous silence les efforts réitérés que fit M. Fréteau, son digne président, pour l'engager à les prendre en considération... » (L'Ami du Peuple, n° 70). Au procès-verbal de la séance du 12 octobre, la lettre de Marat est mentionnée en ces termes : « M. le Président annonce que M. Marat, auteur d'un ouvrage périodique intitulé VAmi du Peuple, se plaint d'une violence exercée contre lui... » (Archives parlementaires, t. IX, p. 411). La lettre du 14 octobre a trait à une demande de mise en liberté (Moniteur, t. II, p. 59) ; celle du 2 août 1790 est une lettre par laquelle Marat fait hommage à l'Assemblée de son Plan de législation criminelle (Moniteur, séance du 4 août 1790).
2. « Dès les premiers jours de ma suspension, dit Marat, j'ai adressé à la Convention plusieurs lettres où je proposais des mesures utiles sur des objets importants; elles n'ont point été lues. Hier encore, la lettre que j'ai fait remettre au président de la Convention a eu le même sort... » (Le Publiciste de la République française, n° 224). Même attitude dans la séance du 5 juillet, où la Convention ne consent à écouter que les premières lignes d'une des plus importantes lettres de Marat (Moniteur du 7 juillet 1793, et Le Publiciste de la République française, n° 236).