‹ La correspondance;Chapitre 34 sur 107 · LETTRE A M. GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

LETTRE A M. GRÉGOIRE

(10 mai 1789)

Le Journal général de France, dans son numéro du 12 janvier 1788, avait annoncé en ces termes la publication des Mémoires "ca témiques : « Le Mémoire sur les Iris des bulles de savon couronné par rAcadémie de Rouen, et dont l'extrait a fait tant de plaisir aux savants de la capitale, est de M. Marat, M. de Longchamp, auquel on l'a attribué, n*étant que le prête-nom. Ce Mémoire e.-t au nombre de ceux que ce novateur célèbre vient de publier et qui se trouvent chez Méquignon l'aîné, libraire à Paris, rue des Cordeliers. Nous rendrons compte incessamment1 de cette importante collection. » C'est à propos de ce Mémoire sur les Iris des bulles de savon que

1. Ce compte rendu se trouve dans le numéro du 22 janvier 1788.

Marat adressa, le 10 mai 1789, à l'auteur d'un mémoire sur le même sujet, la lettre suivante, que le Journal général de France publia dans son numéro ~:j (jeudi 18 juin 1789, p. 307.

Paris, 10 mai 1789.

J'ai lu avec plaisir, Monsieur, votre Mémoire sur les Iris de bulles de savon. L'annonce que lit une feuille publique, peu après que le mien eut été couronné, ayant donné lieu à l'invitation qui vous fut adressée par un amateur de publier votre écrit tel qu'il avait été envoyé à l'Académie, vous vous êtes imposé l'obligation de le soumettre à mon examen. Sensible à cette marque de confiance et de délicatesse, je me fais un devoir à mon tour de déclarer que quoique cet ouvrage ait été presque entièrement refondu depuis l'époque du concours, je ne réclame rien dans les changements que vous y avez faits.

Je suis, etc..

Marat.

LETTRE AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX , (27 juillet 1789)

Avec celte lettre, nous entrons dans la période politique de la vie de Marat. Il vient d'écrire VÔffrancté à la Patrie. Les travaux des États-Généraux le préoccupent, et il leur prête une aitention infatigable. Les problèmes qui agitent l'A.-semiil' e lui sont familier.-; il les a déjà étudiés dans ses Chaînes de l'Esclavage et dans son Plan de législation criminelle. Dans l'impossibilité de se mêler aux délibérations des Étals-Généraux, il leur adresse lettres sur lettres. « J'ai eu L'honneur,

dil-il ', d'écrire à nos seigneurs des États-Généraux plus de vingt lettres que je publierai un jour.» Parmi ces lettres, s'en trouvait une, datée du 27 juillet 1789, et relative à la constitution d'un tribunal d'État. Marat en donne, dans le n° 2 du Publieiste parisien (13 septembre 1789), l'extrait que voici :

... Au milieu des grands objets qui occupent les esprits, la recherche des criminels d'État fixe particulièrement l'attention : on s'est mis à leur poursuite, et déjà quelques-uns ont expié leurs forfaits. Leur supplice était mérité sans cloute; mais, en le leur infligeant, on a violé la Justice et outragé la Nature. Aux scènes atroces qu'a fait éclore la vengeance de la populace, doivent succéder des jugements réguliers. Que le châtiment des traîtres à la Nation, qui voulaient se baigner dans son sang ou la faire périr de faim pour s'enricbir de ses dépouilles, soit donc capital et infamant, mais-juridique...

On a mis en question si cette auguste Assemblée a le droit de créer un tribunal pour connaître des crimes d'Etat. Qui en douterait encore? Non seulement elle le peut, mais elle le doit, lorsque les cours de justice ordinaires n'ont plus la confiance du peuple, et qu'elles ne peuvent plus remplir le but de leur institution...

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