Dénonciation, p
ili LA CORRESPONDANCE DE MARAT
Quoi qu'il en soit, vous venez de consacrer mes principes par cette démarche d'éclat : vous venez de reconnaître solennellement que c'est au tribunal du public seul, que les agents ' du pouvoir doivent >e justifier des inculpations dont on les charge; vous vous êtes volontairement soumis à ce tribunal suprême, et vous vous êtes engagé à n'en reconnaître aucun autre. Conséquences que vous n'aviez pas prévues, mais dont je prends acte contre vous.
Je vais descendre dans l'arène; je ne veux ni bouclier, ni cuirasse : je m'interdis toute ruse, toute feinte, je ne vous attaquerai que do front; mais laissez-moi, de grâce, le champ libre, et ne mettez point d'obstacle à la notoriété de mes coups. Je me présenterai en ennemi généreux, défendez-vous en brave, abattez-moi à vos pieds, et recevez d'avance cette déclaration sacrée, que si vous sortez vainqueur du combat, je "Serai le premier à publier ma défaite et votre triomphe.
1. M. de Saînt-Priest, ministre de Paris, s'était déjà soumis à cetribunal, dés le 12. Dénoncé à l'Assemblée nationale par le comte de Mirabeau, pour avoir répondu à la phalange féminine parisienne : « Quand vous n'aviez qu'un Roi, vous ne manquiez pas de pain; aujourd'hui que vous en avez douze cents, allez leur en demander », il adressa au président du Comité des recherches une longue épitre, où on lit ce passage : « Je sais qu'un citoyen doit toujours être disposé à répondre au tribunal du publie: je viens récemment de confondre une calomnie inventée contre moi, a mon district de Saint-Philippe-du-Roule. » Mais il me semble que la justification d'un ministre devant un Comité de district est un peu suspecle, du moins à en juger par la réception de M. Neoker à celui du district des Filles-Saint-ïhomas. J'ajouterai qu'elle n'est rien moins que publique, car tout y passe à huis-clys. (Afote de M, uni
LETTRE A CAMILLE DESMOULINS1
(28 décembre 1789)
Cette lettre de Marat est vraisemblablement la première qu'il ait écrite à Camille Desmoulins. Elle répond à une proposition, sur laquelle Marat ne donne aucun détail; peut-être avait-elle trait à une entente sur l'orientation politique de L'Ami du Peuple et des Révolutions de France et de Brabant, dont le premier numéro venait de paraître, le 28 novembre précédent. Un peu plus tard, le 24 juin 1790, nous verrons Marat faire à Camille Desmoulins une proposition de ce genre, en lui demandant de s'unir à lui pour éclairer le peuple sur les principaux problèmes de la Constitution.
Tous les citoyens qui ont de l'àme, Monsieur, sont mes amis, et vous êtes à la tète de ceux qui ont fait leurs preuves; j'accepte avec plaisir votre proposition, et vous prie d'agréer l'assurance de toute mon estime et de mon sincère attachement.