SOIRÉE CHEZ LA BARONNE
Divertissements artistiques
Répertoire va ié : Lèvres de feu, val-e;
Au Pays des roses, quadrille:
Longues ivresses, mazurka; Patte,
d'araignée t polka, etc.
Rue No
Les plus adroites se font faire de la réclame par les journaux, qui ne se doutent pas du rôle qu'ils jouent inconsciemment.
Ainsi, il y a quelque temps, une des maisons les plus aristocratiques du genre renouvela son mobilier et s'entendit avec son tapissier pour un procès. Censément, la maîtresse de la maison refusait de payer, trouvait certains prix exagérés. Le tapissier intentait une action civile, fournissait son mémoire. De là, minutieux exposé de l'ameublement. L'affaire fut plaidée. Bon nombre de journaux en parlèrent. Naturellement, le procès se termina par un arrangement entre les parties. La maison paya ce qu'elle devait; mais, e:i attendant, elle s'était fait connaître, la presse boulevardière ayant trouvé très amusant de donner le compte-rendu des débals dans la chronique des tribunaux.
Quelques tenancières, les plus hardies, prennent, par l'intermédiaire des agences, les adresses de certaines classes de jeunes gens ou personnes opulentes, se font renseigner sur leurs habitudes et leur adressent des billets fort bien tournés. Sous le prétexte d'une affaire importante, elles invitent le jeune homme à passer chez elles, ayant bien soin de lui dire que l'affaire le concerne personnellement, et qu'elles voient avec regret l'impossibilité où elles sont de lui éviter un déplacement. La plupart de ceux qui reçoivent ces lettres en profilent et s'amusent de cette aventure. Les autres jettent la correspondance au panier.
Voici quelques spécimens de ces lettres :
Monsieur,
M'occupant d'affaires qui, je l'espère du moins, ne peuvent manquer de vous intéresser, je désire vivement entrer en rapports avec vous, et j'ai la certitude que vous serez satisfait de mes bons of.ices.
Dans le cas où vous voudriez bien m'honorer de votre confiance, j'ai l'honneur de vous informer que, chaque jour, y compris le dimanche, je serai à votre entière disposition, à partir de deux heures de l'après-midi.
Veuillez agréer, Monsieur, avec l'expression de mon désir
de vous être agréable, l'hommage de mes sentiments très distingués.
{Signature .)
Rue N°
La signature de la lettre ci-dessus est le nom de famille de la proxénète, et, comme on vient de voir, par la tournure des phrases, il faut lire entre les lignes pour comprendre que l'auteur de la circulaire est une femme. Au surplus, l» circulaire est autographiée et d'une écriture masculine.
En voici une autre, richement imprimée sur carte brisfol; c'est la plus courante :