‹ La corruption fin-de-siècleChapitre 28 sur 39 · SECTION IMPOSÉES AUX FEMMES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

SECTION IMPOSÉES AUX FEMMES PUBLIQUES

Les filles publiques en carte sont tenues de se présenter, une fois au moins tous les quinze jours, au dispensaire de salubrité, pour être visitées.

II leur est adjoint d'exhiber .leur carte à toute réquisition des efficiers et agents de police.

Il leur est défendu de provoquer à la débauche pendant le jour; elles ne pourront entrer en circulation sur la A'oie publique qu'une demi-heure après l'heure fixée pour le commencement de l'allumage des réverbères, et, en aucune saison, avant sept heures du soir, ni y rester après onze heures.

Elles doivent avoir une mise simple et décente qui ne puisse attirer les regards, soit par la richesse ou les couleurs éclatantes des étoffes, soit par le-; modes exagérées.

La coiffure en cheveux leur est interdite.

Défense expresse leur est faite de parler à des hommes accompagnés de femmes ou d'enfants, et d'adresser à qui que ce soit des provocations à haute voix ou .-ivec insistance.

Elles ne peuvent, à quelque heure et sous quelque prétexte que ce soit, se montrer à leurs fenêtres, qui doivent êti e tenues constamment fermées et garnies de rideaux.

11 leur est défendu de stationner sur la voie publique, d'y former des groupes, d'y circuler en réunion, d'aller et venir dans un espace trop resserré, et de se faire suivre ou accompagner par des hommes

Les pourtours et abords des églises, des temples, à distance de vingt mètres au moins, les passages couverts, les boulevards, de la rue Montmartre à la Madeleine, les jardins et abords du Palais-Royal, des Tuileries, du Luxembourg, et le Jardin des Plantes leur sont interdits .m Les Champs-Elysées, l'esplanade des Invalides, les anciens boulevard extérieurs, les quais, les ponts, et généralement les rues et lieux déserts et obscurs leur sont égalemeni interdits.

Il leur est expressément défendu de fréquenter les établissements publics ou maisons pat ticulières où l'on favoriserait clandestinement la prostitution, et les tables d'hôte, de prendre domicile dans les maisons où existent des pensionnats ou externats, et d'exercer en dehors du quartier qu elles habitent.

Il leur est expressément défendu de partager leur-logement avec un concubinaire ou avec une autre fille, ou de loger en garni sans autorisation.

Les filles publiques s'abstiendront, lorsqu'elles seront dans leur domicile, de tout ce qui pourrait donner lieu à des plaintes des voisins ou des passants.

Celles qui contreviendront aux dispositions qui précèdent, celles qui résisteront aux acents de l'autorité, celles qui donneront de fausses indications de demeure ou de noms, encourront des peines proportionnées à la Gravité des cas.

CARTE DE PROVINCE. — RcctO.

Page 1