leurs sœurs
5 — — une tante.
2 — — un oncle.
Chacune de ces filles avait été inscrite sur les registres de la prostilulion officielle pendant le temps suivant : .
20 de là 6 mois
37 plus de . . 6 —
11G — ..:.... 1 année.
55 — 2 années.
Il est à noter que sur les 205 qui furent réclamées, soit par leur père, soit par leur mère isolément, plus de la moitié étaient de Paris et demeuraient, pendant tout le temps qu'elles restèrent sur les registres de la police, dans les maisons habitées par leurs parents ; ce qui rend non pas évident, mais probable, que ces derniers tiraient parti du désordre de leurs enfants et que le bureau des mœurs n'ignorait pas cette infamie.
Il n'y a que de très courtes observations à faire sur les prostituées qui furent rayées à la sollicitation de gens riches, qui, en les prenant pour maîtresses, promirent d'en avoir soin, et sur celles qui, après avoir abandonné leurs maris, ont été reprises par eux et sont rentrées dans leur ménage. Il a été possible de connaître la position sociale des personnes en faveur desquelles l'administration se relâchait de sa dureté accoutumée, relativement aux radiations sollicitées pour de semblables raisons; mais cependant les renseignements recueillis à ce sujet sont bien incomplets; quels qu'ils soient, pourtant, on peut les indiquer. Parmi les 101 individus qui vinrent réclamer la radiation de quelques prostituées, annonçant qu'ils les prenaient pour maîtresses, qu'ils s'en chargeaient et pourvoiraient à leur existence, on a compté :
54 sur lesquels on manque de renseignements. 16 Français, simples particuliers, fort riches.
8 Anglais.
7 riches Américains.
5 riches négociants français.
3 colonels de régiment.
3 fabricants.
3 personnes qui occupaient des places élevées et dont
les noms bien connus ne doivent pas paraître ici. 1 amiral russe.
1 courtier de commerce.
Plusieurs de ces femmes suivirent, dans les pays étrangers, les hommes qui se les étaient attachées ; deux allèrent en Amérique, trois en Angleterre et une en Russie. Quant aux femmes mariées qui rentrèrent avec leurs maris, les renseignements recueillis ne portent que sur deux d'entre elles, qui abandonnèrent de nouveau leur ménage et retournèrent à leur ancien désordre.
Arrivons enfin à celles qui quittèrent Paris, la plupart produisant leurs passeports, les autres prouvant qu'elles renonçaient à la prostitution et qu'elles allaient s'établir honnêtement ailleurs.
Le nombre des radiées qui se trouvent dans ce cas est de 1,206. Parmi celles qui forment cette catégorie particulière :
152 retournèrent dans leur pays d'origine.
Les autres :
134 allèrent à Rouen.
au Havre.
à Orléans.
- à Lille.
a Valenciennes.
à Lyon.
à Metz.
à Calais.
à Londres.
à Rruxclles.
à Saint-Pétersbourg.
en Amérique.
Ceci représente 810 départs de Paris, soit les deux tiers. L'autre tiers s'est disséminé sur la surface de la France, dans un si grand nombre de localités que l'on ne saurait les indiquer ici ; tout ce que l'on peut dire, c'est que, sauf quelques exceptions rares, les filles qui composent ce tiers de parlantes allèrent toutes dans les villes de fabrique ou de garnison, et particulièrement dans nos départements du nord et de l'est.
Voici quelle était la position de ces partantes : 425 appartenaient aux lupanars officiels; 782 étaient des filles isolées en carte. Dans ce nombre: 109 étaient nées à Paris; 1,097, dans des régions étrangères au département de la Seine.
Telle est la statistique la plus détaillée qui ait pu être faite, pour indiquer ce que deviennent les prostituées.
Nous en avons fini avec la prostitution féminine. Le lecteur me rendra cette justice que je n'ai négligé aucuns dé-, tails, si répugnant qu'il ait été quelquefois d'y entrer. Je n'aborderai pas le côté médical de l'étude de la prostitution, car, mon intention, en entreprenant ce travail, a été de faire seulement une étude physiologique et de n'envisager la question qu'au point de vue social.
On reconnaîtra de même que j'ai été très impartial et que j'ai le plus souvent puisé mes chiffres chez les auteurs favorables à la police des mœurs, bien que je sois l'adversaire absolu de cette institution. J'ai pensé qu'en agissant ainsi, mes arguments n'en auraient que plus de force.
Il est et demeure bien démontré, de la sorte, que j'avais absolument raison d'affirmer, au commencemeni de cet ouvrage :
1» Que le femme est surtout poussée à la prostitution par l'ignorance et la misère; 2« Que la police, avec son système odieux de règlemen-
tation arbitraire, favorise la débauche, propage le mal, entretient et attise dans les villes les foyers du vice, met et maintient en état de véritable esclavage des malheureuses qui, si elles étaient livrées à elles-mêmes et responsables selon le droit commun, resteraient, moins longtemps qu'il ne leur arrive, dans un état où, jetées dans un moment d'aberration, elles sont en définitive surtout abreuvées de déceptions et de dégoûts;
3° Enfin, que nos hommes politiques et nos administrateurs, au lieu de se conduire en despotes vis-à-vis de la femme, feraient bien mieux de lui donner une éducation lui enseignant ses devoirs, de ne pas faciliter sa démoralisation, de mettre fin aux monstrueuses iniquités passées à l'état de règles dans les qnestions de salaires, et de rendre possible, à quiconque a subi un égarement de mœurs, le retour au travail et à l'honnêteté.