‹ La corruption fin-de-siècleChapitre 38 sur 39 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après un exposé tel que celui que je viens de faire, une double conclusion s'impose.

Il est nécessaire, d'abord, d'élever l'àme, d'un coup d'aile, au sortir de toutes ces fanges. Il faut, ensuite, proposer une solution pratique.

Humains, faibles par notre nature, nous devons constamment réagir contre nous-mêmes; l'ennemi est en nous.

Dans cet ouvrage, j'ai multiplié les citations. Cela était utile. Un livre comme celui-ci ne pouvait pas, ne devait pas se borner à des renseignements personnels, à des observations personnelles; il eût été incomplet et sans portée. Je ferai donc une citation dernière, pour montrer quel est l'ennemi que nous avons à vaincre; et cette nouvelle page, je l'emprunterai à l'un de nos orateurs les plus éminents, à un homme dont la chrétienne mémoire est populaire et universellement respectée, Lacordaire.

« L'àme n'est pas seule dans l'homme, disait du haut de la chaire de Notre-Dame l'illustre et éloquent Lacordaire (22e conférence, année 184;); elle est unie à un corps, et le corps de l'homme n'est pas comme celui de l'animal; il n'est pas réglé par des instincts immuables qui le maintiennent dans la limite oonvenable aux fins de sa destination. Tout notre corps est plus ou moins révolté contre l'àme qui doit le régir. Cependani, i'àme gouverne assez bien certains de ces ressorts que nous appelons les sens; elle peut, par la force de leur nature, à l'aide d'une philosophie honnête et

spirituaiiste, tenir assez souverainement les rênes d'une partie de son administration. Mais il est un sens singulier, le seul qui ne soit point nécessaire à l'entretien de la vie, et qui demeure privé de ses fonctions, même légitimes, s&ns nuire au jeu ni au développement de notre organisation; et ce sens, qui devrait être naturellement le plus facile à gouverner, puisqu'il est libre d'accomplir ou de ne pas accomplir son ministère, c'est celui-là même qui est en révolte permanente contre l'âme, par un mystère que je ne puis pas expliquer présentement, que j'ignore, si vous voulez, mais qui est le plus grand mystère de notre nature, parce qu'il touche au plus profond de la question du bien et du mal.

« Le sens dont je parle, n'est pas seulement révolté; il est dépravé.

« J'appelle un sens dépravé celui qui ne s'inquiète pas de ses fonctions vraies, mais qui agit par un instinct d'égoïsme étranger à toute destination. Il est manifeste que c'est là une dépravation de l'ordre naturel, parce que la nature va toujours à uno fin juste, déterminée et efficace. Or, le sens dont je parle ne s'inquiète pas de sa fin; sa fin lui est complètement étrangère. Ce qu'il cherche, c'est lui-même, c'est une satisfaction indépendante de tout bien qui le couvre de son utilité et de sa sainteté. Au lieu que tous les autres sens opèrent dans la direction de la vie, alors même qu'ils abusent d'eux; au lieu que le sommeil nous repose, que la nourriture nous répare, que nos oreilles écoutent la parole, que notre verbe la profère; en un mot, au lieu que tous nos sens, même dans leurs excès, accomplissent quelque chose de vrai, celui-là ne cesse de conspirer contre notre vie. Il use sans fruit nos plus précieux organes, il dévore sans but nos plus admirables facultés.

« N'avez-vous pas rencontré de ces hommes qui, à la fleur de l'âge, à peine honorés des signes de la virilité, portent déjà les flétrissures du temps; qui, dégénérés avant

d'avoir atteint la naissance totale de l'être, le front chargé de rides précoces, les yeux vagues et caves, les lèvres impuissantes à peindre la bonté, traînent sous un soleil tout jeune une existence caduque?... Qui a fait ces cadavres? qui a touché cet enfant? qui lui a été la fraîcheur de ses années? qui a mis sur sa face des siècles honteux? N'est-ce pas ce sens ennemi de la vie des hommes?... Victime de sa dépravation, le malheureux a vécu solitaire; il n'a aspiré qu'à des secousses égoïstes, qu'à ces effroyables pulsations que l'homme et le ciel se détournent pour ne pas voir. Et le voilà! il s'en va, pris du vin de la mort, et d'un pied méprisé, porter son corps au tombeau où ses vices dormiront avec lui et déshonoreront sa cendre jusqu'au dernier des jours.

« Ah! si ce n'est pas là un sens dépravé, quel nom lui donner? Un nom plus dur encore, messieurs, car j'ajoute que c'est un sens abject. C'est un sens abject, parce qu'il tue le cœur, parce qu'il substitue l'émotion du sang à l'émotion de l'âme... J'ai déjà vu dans ma vie bien des jeunes gens; et je vous le déclare, je n'ai jamais rencontré de tendresse de cœur dans un jeune homme débauché; je n'ai jamais rencontré d'âmes aimantes que les âmes qui ignoraient le mal ou qui luttaient contre lui. Une fois, en effet, qu'on s'habitue aux émotions violentes, comment voulez-vous que le cœur, une plante si délicate, qui se nourrit de quelques gouttes de rosée tombant ça et là du ciel pour lui; qui s'ébranle par de légers souffles, qui est heureux pour des jours par le souvenir d'une parole qui a été dite, d'un regard qui a été jeté, d'un encouragement que la bouche d'une mère ou la main d'un ami a donné; le cœur, dont le battement est si calme dans sa vraie nature, presque insensible à cause de sa sensibilité même, et de peur qu'il n'eût été brisé par une seule goutte d'amour, si Dieu l'avait fait moins profond; comment, dis-je, voulez-vous que le cœur oppose ses douces et frêles

jouissances aux jouissances grossières et exagérées du sens dépravé?... L'un est égoïste, l'autre généreux; l'un vit de soi, l'autre hors de soi ; entre ces deux tendances, l'une doit prévaloir. Si le sens dépravé l'emporte, le cœur se flétrit peu à peu; il ne sent plus la force des joies simples; il ne va plus vers autrui; il finit par ne plus battre que pour donner son cours au sang, et marquer les heures de ce temps honteux dont la débauche précipite la fuite... Mais quoi de plus abject que de tuer le cœur dans l'homme? que restet-il de l'homme, quand son cœur ne vit plus?... Pourtant, le sens dépravé fait davantage encore : aucun vice, comme aucune vertu, n'arrête ses effets à l'homme seul; l'un et l'autre ont dans la société le contre-coup de leur action. Et, sous ce rapport, le sens dépravé est l'oppression et la ruine du monde.

« On parle beaucoup de liberté, et, pour ma part, j'en parle aussi fièrement qu'un autre; car, grâce à Dieu, il y a une liberté juste et sainte, et aucun mot n'existe dans le langage humain qui n'ait sa légitime application. Dieu et le démon se servent des mômes mots, et le démon ne peut pas en maudire un seul, pas plus qu'il ne peut maudire une seule idée en en abusant. Dieu est le père delà liberté; il l'a bénie en la donnant à l'homme ; il en tient, devant nous, par les mains de son Église, l'étendard toujours debout et toujours honorable. Je parle donc de la liberté, et je vous dénonce un de ses ennemis ; je vous le dénonce du haut de la grande tribune de l'humanité, là où ses devoirs et ses droits, se soutenant l'un par l'autre, ont constamment trouvé des orateurs et des martyrs. Je vous dénonce un despotisme atroce et ignoble, celui du sens dépravé contre toute une portion de la race humaine; car l'infâme ne se borne pas à lui, quoiqu'il ne vive que de lui; il sort de lui, mais pour faire des victimes; et quelles victimes!...

m Ah 1 messieurs, en quittant cette assemblée, cherchez

une de ces nies où la misère s'abrite; vous n"aiirez pas à chercher bien loin. Montez ces tristes rampes; vous voici devant un grand spectacle... Ces visages flétris si jeunes, ils ont été beaux; ces membres qui n'inspirent que la tentation de l'horreur, ils ont été vivants; ces êtres déshonorés, ils n'ont plus rien, pas même des remords. Qui les a dépouillés, meurtris, livrés à la misère, à l'opprobre, à l'ignorance même ie leur malheur? Qui? Vous le savez bien... Lâche autant qu'égoïste, le sens dépravé ne s'attaque pas à l'humanité dans sa force, mais dans sa faiblesse; il n'ira pas tenter l'homme qui peut le regarder en face: il va bassement, comme le ver de terre, se glisser au sein des fleurs que le printemps vient d'ouvrir et qui n'ont qu'un jour. Il va solliciter ce qui ne peut se défendre; il se présente à un être faible et trop facile à séduire, parce qu'il a autrefois séduit le premier ; il se présente à lui sous les dehors d'un cœur touché. L'hypocrite ose mettre la main sur cette région de l'âme; il cache la débauche et la trahison sous le geste de l'amour et de la fidélité ; puis, l'heure passée, une fois qu'il a détruit ce qui ne se réédifie jamais, il abandonne, il s'en va, déserteur du mal qu'il a fait, se consoler du dégoût qu'il éprouve, par un dégoût qui n'est encore qu'à venir... Quelle oppression y aura-t-il dans le monde, si ce n'est pas là de l'oppression? Et quelles ruines, si ce que je vais dire ne compte pas pour des ruines?

« Quand vous regardez dans l'histoire de notre pays et que vous voyez tous ces noms illustres qui en étaient la couronne, couronne de baron, couronne de comte, couronne de marquis, couronne de duc, toutes ces vieilles couronnes qui formaient la couronne totale du pays, et qu'ensuite, regardant ces racés dans le présent, vous en trouvez qui plient sous le fardeau de leur antiquité, enfants dont l'épée maniée par leurs pères avaient étendu les frontières de la patrie et de la vérité, et qui ne peuvent plus rien ni pour l'une ai

pour l'autre, il ne vous est pas difficile d'en connaître la cause. Le vice a passé dans ces races et en a rongé les fibres vives. Il n'épargne pas même les nations. Un temps vient, et pour pour quel peuple n'est-il pas venu tôt ou tard? Un temps vient où l'histoire civilisée succède à l'histoire héroïque; les caractères tombent, les forces diminuent, la force physique et morale s'en va d'un même pas, et l'on entend de loin le bruit du Barbare qui s'approche et qui regarde si l'heure est venue d'enlever du monde ce vieillard de peuple. Quand cette heure a sonné, quand un pays se sent trembler devant la destinée, qui a passé sur lui? quel souffle a tari sa vie? Toujours le même, messieurs; la mort n'a*jamais qu'un g<rand complice. Ce peuple s'est abâtardi dans les homicides joies de la volupté; il a versé son sang goutte à goutte, et non plus par flots sur les champs féconds du dévouement; or, il y a, du sang versé de la sorte, une vengeance inévitable, celle que subissent dans la servitude et la ruine toutes les nations finies.

« Pardonnez-moi, messieurs, si je ne suis pas ma pensée; qu'importe! Mais je vois bien des jeunes gens ici; qu'ils songent donc, chaque fois que le tentateur s'atiaque à eux, que c'est l'ennemi de la vie, de la beauté, de la bonté, de la force, de la gloire, que c'est l'ennemi universel et national... Eh! messieurs, si un Tartare venait frapper à votre porte et vous demander une trahison contre la France, quelle ne serait pas votre horreur!... Pourtant, le sens dépravé ne fait pas autre chose; le sang qu'il vous demande, ne fût-il pas celui de l'éternité, serait encore le sang de la patrie et de l'avenir.

« Mon Dieu! que fera l'âme devant cet ennemi? A-t-elle reçu quelque force? En a-t-elle exercé quelqu'une contre lui? Nous n'avons qu'à prendre l'histoire. C'est elle qui va nous répondre.

« Eh bien ! l'âme s'est trouvée faible. Elle a pu quelque

chose pour la justice, pour la prudence, pour la tempérance même pour la force ; elle a fait Annibal, Scipion, Caton d'Utique, et tant de grands hommes qui ont eu le courage de vivre et de mourir dans des circonstances difficiles; elle a fait des héros, elle n'a pas fait de chastes. Et se voyant ainsi impuissante, comme il lui faut vivre avec honneur, parce que c'est son instinct, elle a poussé son délire jusqu'à vouloir l'honneur du sens dépravé. Elle ne s'est pas contentée de la liberté; elle n'a pas demandé au monde seulemont que le sens dépravé fût libre, elle lui a demandé qu'il fût en honneur, et le monde y a consenti... Présentement encore, messieurs, malgré le christianisme, le monde s'efforce de maintenir l'honneur du sens dépravé. Un homicide est réprouvé par le monde ; le profanateur des serments les plus sacrés, le violateur du sanctuaire domestique, l'adultère y passe le front levé. C'est pour cela surtout que le monde et l'Evangile ne peuvent pas s'entendre : l'Evangile n'accable rien tant que le sens dépravé; le monde le soutient encore, et honore jusqu'à la fin le déshonneur luimême.

« L'honneur du sens dépravé n'a pas satisfait l'âme : elle en a voulu la publicité, l'état public ; car, messieurs, il n'y a de véritablement grand que ce qui arrive à l'état public. Tant qu'une chose ne soutient pas la publicité, elle n'est pas à sa haute puissance. Le croirez-vous ? le sens dépravé a aspiré à la publicité, et, grâce à la connivence de l'âme, il l'a obtenue!... Je ne puis aller plus loin, messieurs. La parole chrétienne se refuse à la simple indication des réalités que le soleil voyait autrefois ; mais Dieu a permis que Tacite et Suétone en écrivissent des pages, qui, jusqu'au jour du jugement dernier, porteront à la connaissance de l'homme l'histoire sanglante de sa propre dépravation... Ne vous rappelez-vous pas le spectacle de l'empire romain dans sa décadence ? Ne vous rappelez-vous pas Néron se montrant à

- -il.', —

L'empire romain, ^ux descendants de la grande république? Néron, le maître le tant d'hommes, chargé dans sa seule tète de représenter ce qu'un orateur anglais appelait divinement bien la majesté d'un peuple; Néron, l'héritier des Fabius, des Scipion, de toutes les familles consulaires, couvert de toutes les pourpres amassées par tant de vertus et tant de siècles; Néron paraissant devant les tombeaux de la patrie, devant ses tempies, au Forum, environné... Gomment pourrais-je le peindre?... Et tout un peuple le voyait, mais un peuple préparé par les plus affreux spectacles à ce dernier spectacle!...

« Personne ne viendra-t-il au secours de l'àme? personne ne se livrera-t-il pour lui rendre un peu de courage et d'honneur?... Est-ce qu'il n'y avait point de philosophes en ces temps-là? Oh ! il y avait des philosophes, je ne le dis pas avec sarcasme ; il y avait de puissants génies, qui savaient découvrir de grandes vérités, encore qu'ils ne la découvrissent pas tout entière. Mais les philosophes n'ont rien pu; le sens dépravé a môme eu sa philosophie, on lui a fait une philosophie!... Non seulement, messieurs, il a eu sa philosophie , mais encore il a eu son sacerdoce, il a eu ses prêtres.

« Le prêtre ! ce nom nous représente un homme blanchi dans l'âge et dans la tradition, qui a visité les royaumes de la vérité et couru sur tous les rivages de l'erreur, d'où il a rapporté, en faveur des hommes, une sagesse plus haute que celle du temps, un regard que les peuples viennent consulter, pour y lire des pensées vénérables. Eh bien ! le sens dépravé a eu des prêtres ; il a eu des prêtres chargés d'exercer, comme un ministère de sainteté, cet effroyable mystère de la dépravation.

« uue dis-je? des prêtres!... Il a eu des temples! Des temples, mon Dieu !... Quand l'homme est fatigué, quand il est las du jour et n'en peut plus de la vie, il se met en chemin, il va frapper à la porte d'un temple ; il tombe à ge-

noux, il prie, il monte vers Dieu dans ces murs qui»en sont la demeure ; son âme y respire l'espérance et le parfum d'une vie meilleure; voilà le temple... Et la volupté l'a souillé ! A l'homme qui venait s'y reposer des songes cruels de la vie, le sens dépravé se montrait sur l'autel et lui disait : « Je « suis le dernier Dieu ! »

Le lecteur comprendra que je n'aie pu résister au désir de reproduire en entier ce tableau tracé d'un pinceau magistral.

Qu'ajouter après une si haute éloquence?... Et que dirait le grand Lacordaire, s'il vivait encore aujourd'hui? Il verrait que le sens dépravé est plus que jamais en honneur et que nous rebroussons chemin, à toute vapeur, vers ces temps de l'orgie romaine qu'il a si bien décrits. Encore quelques étapes à franchir dans la voie de la dépravation, et le culte de Priape sera publiquement rétabli.

Si ce livre avait été écrit dans un but de propagande religieuse, je dirais pour terminer : Le remède au mal qui nous tue est dans l'Evangile.

Mais, ainsi que je l'ai expliqué au début, je me suis uniquement proposé aujourd'hui de gagner, sur le terrain social, en dehors de toute politique et de toute religion, des adhérents à la cause des adversaires de la prostitution d'Etat. A chaque jour suffit sa peine. Au- dessous des considérations d'un ordre élevé auxquelles je viens de faire allusion, il y a un point de vue plus immédiatement accessible à l'esprit de tous, un programme dont la réalisation peut être faite bientôt par l'accord des divers partis et des différantes croyances.

Aux catholiques, je dirai : — A Rome, sous le pouvoir temporel des papes, il n'y avait pas de prostitution réglementée, les lupanars n'existaient pas, l'organisation collective de la débauche était interdite et réprimée, les excès de la dépravation étaient bel et bien des délits et des crimes selon leur gravité, les coupables étaient jugés par les ma-

gistrats ordinaires, et non pas tracassés capricieusement par les fonctionnaires- de la classe administrative.

A mes autres lecteurs, je dirai simplement : — Voyez le mal, il est évident que le foyer de la corruption actuelle est la prostitution légale, alimentée et avivée par le proxénétisme. Que fait-on, lorsque l'on s'aperçoit qu'on a dans sa maison un chien enragé ? Pour ne pas être mordu, pour éviter que l'animal communique sa rage à d'autres êtres, on l'abat d'un coup de fusil. Or donc, il faut supprimer carrément la prostitution légale et le proxénétisme. Une bonne loi sera le coup de fusil qui nous débarrassera de cette espèce dangereuse.

Réagissons contre nous-mêmes, d'une part; soumettons à l'âme le sens dépravé. Et, d'autre part, obtenons de nos législateurs une solution prompte et pratique.

Les gouvernements, pour se défendre, ont bien fait voter, ont bien promulgué des lois sur la presse. Pourquoi les parlements ne voteraient-ils pas, pourquoi les chefs d'Etat ne promulgueraient-ils pas une loi, pour protéger les bonnes mœurs?

Voici, par exemple, à mon avis, la loi qui devrait être établie en France :

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