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à une résistance nationale, C’est pour y satisfaire qu'ils offrent à leur clientèle les deux cartes de Le Rouge et de San Angelo. A la date du 15 octobre 1768, le Journal Encyclopédique (1) annonce à ses lecteurs que « le sieur Le Rouge, ingénieur-géographe du Roi, à la Croix d'Or, quai Saint-Bernard, vient de publier l'Isle de Corse en trois feuilles, à un pouce pour lieue ; prix, 5 1. en blanc, 6 12 lavée ». C’est une « carte militaire » (1250 X 625 "n), « rectifiée en l’année 1740 suivant les ordres de M. ie marquis de Maillebois ». Quant à la carte de M. de San Angelo — « divisée par juridictions, extraite de plusieurs cartes nationalles, et se trouve à Paris chez Lattré, rue Saint-Jacques, à la ville de Bordeaux, 1768 » (2) — c’est exactement celle de Robert de la Vaugondy qu’elle se borne à compléter, elle n’est originale à aucun titre (3),
En 1769, paraît la « Carte de l'Isle de Corse, dressée sur de nouveaux mémoires et suivant les dernières observations, par le sieur Clermont, ingénieur-géographe, — à Paris, chés le sieur Longchamps, géographe, rue Saint- Jacques, à l'enseigne de la place des Victoires ». C’est une fort belle pièce qui reproduit la division administrative en 10 juridictions et 4 fiefs, mais qui s'attache surtout à préciser les indications orographiques, l'orientation des vallées et des voies naturelles de communication, le nombre des forêts, etc. La légende contient une description géographique et des renseignements d'ordre administratif (130.000 habitants, dont 33.735 en état de porter les armes); deux cartons reproduisent la rivière de Gênes (pour situer exactement la Corse par rapport à la France et à l'Italie) et l’île de Capraja (qui vient d’être enlevée aux Génois). — Cette carte, qui se présente comme un excelient instrument pour suivre les nouvelles venant de Corse et comprendre marche des armées, a inspiré la « Nouvelle carte de
(2) Coll, Ant. Mattei (Bibl, mun. de Bastia),
(3) La légende contient une longue description géographique et un
bref résumé historique, jusqu'à l’arrivée de Marbeuf et aux événements de 1767 (prise de Capraja sur les Génois).
l'Isle de Corse, divisée en ses fiefs et jurisdictions, avec ses différens pièves, dressée d’après les meilleurs auteurs et assujettie aux observations de MM. de l’Académie royale des Sciences », qui paraît en cette même année 1769, « à Paris, chez Mondhare, rue Saint-Jacques, à l'Hôtel de Saumur » (),
1 convient de faire une place à part aux travaux remarquables à tous égards, par la beauté du dessin et l’exactitude des renseignements, de Nicolas Bellin, ingénieur-géographe de la marine. Sa Description géographique et historique de l’isle de Corse est publiée à Paris, en 1769, « pour joindre aux cartes et plans de cette isle ». I y a là un atlas de 32 (en réalite 35) cartes et plans où s’avère une connaïssance particulièrement détaillée des côtes. Sept d’entre elles figurent déjà dans son Petit Atlas maritime (5 vol. in-4°, Paris, 1764), au tome IV &).
Au cours de la campagne 1768-1769, il fut fait extrêmement peu de chose au point de vue cartographique. Trois ingénieurs-géographes avaient été attachés à l’armée : Gaultier, Deplanque et Gense. « Ce dernier, rentré depuis peu des colonies, mourut en Corse ; les deux autres revinrent presque aussitôt et passèrent pour n'avoir rien fait » (6). Faut-il leur attribuer, ainsi qu’on le fait communément, la carte de Corse à 4 pouces pour 5.000 toises, qui existe aux Archives nationales ? Il ne le semble pas, tant cette carte est « fausse en beaucoup de points, peu détaillée et très peu topographique » (4). Ce n’est pas que les officiers de l’armée de Corse n’aient eu à cœur de connaître exactement le terrain sur lequel ils opéraient et d’en relever les détails les plus intéressants au point de vue militaire. Une lettre
(1) Coll. Ant. Mattei (Bibl. munic. de Bastia). (Br la carte de PruvosrT, signalée plus haut et dont la présentation est identique,
(2) Il faut en rapprocher la carte manuscrite de l’île de Corse que possède la Bibliothèque municipale de Nantes (mss 2127). Elle ne re- - présente qu’une toute petite partie de l’île, la pointe de la baie où se trouve Calvi, dont l'enceinte et les voies d’accès sont tracées sur la carte (330 X 295 m/m). Frs 7 #5 À
(3) Colonel BERTHAUT, Les Ingénieurs-Géograpkhes mililaires, 1624- 1831, étude hist. (2 vol. in-4°, 1902), t. I, p. 39.
(4) Col. BERTHAUT, ibid., p. 112.
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inédite de M. de Fontette, maréchal général des logis de l’armée de Corse, nous apporte à cet égard les plus utiles indications (1), Le 21 novembre 1768, il envoie au duc de Choiseul « la carte générale de la partie de cette isle occupée par nos troupes ». Et il note quelques-uns des travaux particuliers qu’il a fait exécuter : « Je l’ai fait étendre de toutes parts en avant de nos quartiers, pour qu’elle mit sous vos yeux, non seulement les villages où les Corses se sont établis au nombre de 500 à 600 jusqu’à ce jour, mais encore les débouchés par lesquels ils peuvent s'y porter en force en traversant le Golo et les cols de Tenda et de Lenta. J'y ai fait tracer aussi distinctement qu'il a été possible la ligne de défense que nous leur opposons tant du côté de Bastia que de celui de Saint-Florent.… » M. de Fontette à fait plus encore et il joint à cette carte générale « une réduction de celle du Cap Corse » avec la seule désignation des villages ou postes occupés par les troupes de M. de Chauvelin. « Si j'avais eu à ma disposition des ingénieurs-géographes, ils m’eussent été d’un grand secours dans le courant de la campagne et je pourrais avoir l’honneur de vous présenter aujourd’hui des connaissances plus détaillées. Je dois la rédaction de celle-cy à M. d’Aumont, chef du Génie, qui a bien voulu me faire aider par les officiers de son corps, autant que leurs occupations multipliées ont pu le leur permettre. » Cette carte faite par d'Aumont existe aux Archives nationales &), +
Une fois l’île devenue française, la curiosité générale se détourne vers d’autres objets et les années qui suivent 1769 n'offrent pas une production cartographique comparable à celle qui marqua les deux années de la cession et de la conquête. Les historiens et les « touristes » insèrent cependant dans leurs publications des cartes souvent très belles et toujours très curieuses. Ainsi en est-il du Florentin Cambiagi, auteur d'une très précieuse /storia del regno
(1) Bibl, munie. de Dijon, mss 1193, f° 238, (2) Cf, Benruaur, Les Ing.-Géog., 1, 39.
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di Corsica : on consultera avec fruit la carte qui figure au tome IL (1771) : Carta corografica, divisa nelle respettive Province, estratta accuramente dalle piu esatte carte e approvata da molti pratici del Regno, fatta per uso dell Istoria di questo Regno. Ainsi en est-il également de la carte extrèmement fouillée mais un peu confuse qui termine le Voyage de labbé Gaudin (1787). Quelques cartes isolées se bornent à reproduire des pièces plus anciennes, La carte que B.-A. Jaillot avait donnée en 1738 () est rééditée en 1783 (2), La même année paraît « l'Isle de Corse, divisée par juridictions, extraite de plusieurs cartes nationales, à Paris, chez Lattré, rue Saint-Jacques », mais elle n'apporte vraiment rien de nouveau : elle s'inspire de la carte de San Angelo (éditée, d’ailleurs, par la même maison), laquelle dérivait directement de celle de Robert de Vaugondy ; à peine peut-on signaler plus de fermeté dans le tracé du ‘relief, plus de précision dans le dessin des côtes (%), qui bénéficie des recherches de N. Bellin.
La grande œuvre cartographique des Français n’est pas là. Elle est d’abord dans l'Atlas des places fortes de France, dressé conformément à la circulaire ministérielle du 7 mars 1774 : série de 96 volumes, conservés à la Bibliothèque du Comité technique du génie, où des mémoires plus ou moins copieux accompagnent des planches coloriées à la main ; les huit derniers volumes sont consacrés à la Corse, ils ont été rédigés de 1784 à 1788 et comprennent 60 planches (550 x 430 M/,) (9, Elle est dans certains travaux un peu spéciaux, tels que da « Carte minéralogique de lisle de Corse », qui paraît à Bastia en 1786 (310 x 160 "%,). Elle
() Cf. plus haut, p. 10. :
(2) A Paris, chez Dezauche, successeur des sieurs de l’Isle et Philippe Buache, premiers Géographes du Roi et de l’Académie royale des Sciences, rue des Noyers. , $ È
(3) Sauf pour la région du Cap, qui s'étire en pointe entre le golfe de Saint-Florent, trop allongé (cf. carte de JErrERYs) et l’étang de Biguglia, communiquant librement avec la mer par sa partie septentrionale. :
(4) Cf. plus bas, p. 47. — De Vrais, qui a écrit les deux mémoires sur Bastia et sur Ajaccio, est aussi l’auteur d’une Description locale et
militaire de l’isle de Corse, qui date de 1783, mais où il reproduit une carte de 1769 (Cf. Mss des Arch, Min. Guerre, 1099).
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est avant tout dans une entreprise de longue haleine, qui commença dès le lendemain de la conquête et qui est de tout premier ordre : les opérations géodésiques et les levés du cadastre, le « plan terrier » et la grande carte topographique de 1824.
Deux ans après que la France fut entrée en possession de la Corse, on commença dans l'ile les opérations nécessaires à l'établissement d’un cadastre territorial, appuyé sur une triangulation géodésique régulière. Un édit d'avril 1770 4) décidait qu'il serait incessamment procédé, « par les soins et sous les ordres de l’Intendant et Commissaire de notre Conseil départi en l'Isle de Corse pour l'exécution de nos ordres », à la confection d’un Terrier général, Avant qu’il soit procédé aux déclarations des propriétés, « il sera levé des cartes topographiques de tous les terrains qui composent l’étendue des pièves, circonstances et dépendances. Lesdites cartes représenteront le plus exactement possible la configuration et l’étendue des terrains, leur contenance et mesurage en arpents et subdivisions d’arpents (2)... Seront tenus les inspecteurs des pièves, podestats et pères du commun de donner tous éclaircissements sur l’étendue et limites des terrains de leurs pièves, et de faire accompagner ou accompagner eux-mêmes ceux chargés d’en lever la carte et les plans pour leur en montrer les limites et leur donner les renseignements sur les parties qui se trouveraient indivises et communes avec d’autres pièves » (3), Les sieurs Testevuide et de Bédigis, accompagnés de trente géomètres (1), furent chargés des travaux géodésiques et du levé des plans cadastraux 6%), Les opérations,
(1) Arch. dép. Corse, À 3, A 16, B 2 ; Code corse. II, 45-63,
TA La valeur des principales mesures de superficie est établie par î arpent : 100 perches carrées ;
1 perche : 20 pieds, mesure de Paris ;
1 perche carrée : 400 pieds carrés.
Donc il y a 40.000 pieds carrés par arpent.
(3) Art. 22.
(1) Etat nominatif des géomètres et autres employés à la confection du Terrier général de l’île de Corse, arrêté à Compiègne le 20 août
1773 (Arch. dép. Corse, C 142).
(5) Aux appointements respectifs de 7.200 et 6.000 livres, Les com-
FSC pe El immédiatement entreprises, ne se poursuivirent pas sans de nombreux incidents qui en ralentirent la marche normale (4), Les géomètres ne rencontraient pas toujours auprès des administrateurs locaux a bonne vo.onté et les secours nécessaires pour faciliter leur tâche ; podestats et pères du commun suscitaient de nombreuses difficultés, et dès le 20 avril 1771, le subdélégué Boullé doit, en l’absence de lPintendant Chardon, rendre une ordonnance (2) édictant des mesures rigoureuses « afin que la Levée des cartes topographiques ordonnées par S. M. puisse être faite avec toute l'exactitude et la célérité qu’elle exige » : mesures sanctionnées par une amende de cinquante livres, « laquelle ne pourra être remise ni modérée pour quelque cause et prétexte que ce soit ». Jusqu'à la fin il y eut des tiraillements et des heurts entre les fonctionnaires du Terrier et les habitants, et la correspondance des intendants enregistre une série de vexations, de désobéissances et de réclamations (%), En 1799, cependant, les travaux, entièrement terminés, ont abouti : 1° à l'établissement d’un pan détaillé, avec échelle d’une ligne pour 12 toises et demie (4), qui comprend 39 rouleaux ; 2° à la rédaction de 17 registres qui en sont le commentaire,
Pendant ce temps, le sieur Tranchot, « trigonomètre et expert des bâtiments publics en Corse », qui prenait une
missions des deux directeurs figurent dans nos collections particulières avec la mention « pour copie : Testevuide ».
(1) Sur l’opposition à laquelle se heurtèrent, dans toutes les régions de France, les ingénieurs-géographes et leurs auxiliaires, les anecdotes abondent. Cf. Et. DUPONT, Les Pionniers du T'ourisme (dans le Journal des Débats du 24 septembre 1923).
(2) Code corse, II, 259-262.
(3) Cf. Archives dép. Corse, C 139 : refus de fournir des chevaux au sieur Pertinchamps, géomètre.
(4) L’échelle primitivement adoptée par lédit de Choiseul avait été celle de 1 ligne pour 4 toises. Mais, l’ouvrage commencé, on s’aperçut qu’il était impossible de pouvoir remplir l’objet proposé, particulièrement dans les cantons incultes, où les plus instruits 1gnoraient les limites. On n’avait fait que la région du Cap jusqu’au Golo, lorsque l’abbé Terray prescrivit de s’en tenir à 1 ligne pour 8 toises. L’En deçà des Monts fini, Necker décida que l’Au delà, moins habité, moins cultivé, serait levé à l’échelle de 1 ligne pour 12 toises 1/2, proportion encore 8 fois plus grande que celle des cartes de France, et que, pour l’uniformité, tous les plans déjà levés seraient réduits à cette échelle.
part prépondérante aux travaux géodésiques, était chargé de la tr'angulation (1), On mesura dans la plaine de Mariana une base de 6.900 toises sur laquelle s’appuya tout un réseau de triangles. Deux autres bases, mesurées successivement dans la plaine d’Aleria et dans la vallée du Taravo, fournirent les vérifications nécessaires. Pour obtenir la position géographique des sommets du réseau et en déterminer l'orientation, on exécuta des déterminations astronomiques de latitude et d’azimut à la tour de Tollare, à San Angelo di Casinca et à La tour de Bonifacio, Quant à la longitude, on la déduisit de celle de l'Observatoire de Pise, dont les observations de l’astronome Slop de Cadenberg, comparées avec celles de Méchain, avaient permis de déterminer la différence par rapport à la méridienne de ia France. On établit donc, à travers les îles de l'archipel toscan, un réseau de triangles ayant ses sommets sur les îles de Monte-Cristo, Pianosa, Elbe, Capraja et Gorgone. Ce rattachement de la Corse au littoral du Grand Duché de Toscane, ainsi qu'aux îles intermédiaires et à la Sardaigne, fut achevé en 1792 (@),
Les mauvais jours pourtant n'étaient pas terminés, — ni pour les ingénieurs-géomètres, qui ne vont obtenir
(1) Cf. le mémoire justificatif de Puisanr, Sur les opérations trigonométriques qui rattachent l'ile d'Elbe et la côle ue Toscane à l'ile de Corse (dans la Connaissance des temps pour lan 1824) ; — une note sur la Géodésie de la Corse, insérée au Journal officiel du 20 juin 1873 et reproduite dans la revue corse la Ruche, en nov, 1873, p, 141-144 ; —— le mémoire du colonel PERRIER, Sur la nouvelle triangulalion de l'ile de Corse (dans le Mémorial du Dépôt général de la Guerre, t. X, Suppl. 1875 ; — les deux savantes études du colonel BerTrHauT, sur La Carte de France, 1750-1898, étude historique (2 vol. in-4°, 1898-1899), et sur les Ingénieurs-Géographes mililairrs, 1894- 1831, étude historique (2 vol. in-4°, 1902) ; — l’article de M, Attilio . Mori, Jonclion géodésique de la Sardaigne au continent (dans les Annales de Géographie, 15 mai 1903, p. 272-276.
(2) Cf. au Dépôt des Cartes et Plans du Ministère de la Marine (2347), le « Discours préliminaire sur la formauïlion «ds bases el grands triangles qui ont servi de fondement aux opérations du Terrier aénéral ou cadastre de l'isle de Corse, ainsi qu'à lier cette isle avec le nord de la Sardaigne el les isles el côtes de la Toscane, depuis Livourne jusqu'au capo Argentale, ensemble sur les observations astronomiques failes pour fixer l'un des méridiens terrestres de la Corse el déterminer la ATP de ses points extrêmes ». Ces opérations sont suivies des jugements de l'Acad. des Sciences en date des 9 février 1785 et 4 juin 1791 et de trois canevas (127 feuillets, 360X240 m/m).
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qu'après un long procès la rémunération de leurs travaux, — ni pour les plans terriers eux-mêmes, qui seront remis aux Anglaïs quand, le 21 mai 1794, la ville de Bastia sera forcée de capituler. Sans doute les Français se réservèrent le droit d'en lever une copie (1) ; mais, en 1796, registres et plans furent emportés par les Anglais évacuant l’île 2), Sous la Restauration, un émigré français ayant trouvé à Londres le plan en double exemplaire et les cahiers explicatifs, signala cette découverte au gouvernement français qui acheta ces documents. Le Ministère de la Guerre les acquit. Il céda au département de la Corse un des deux exemplaires du plan (dont les 39 rouleaux furent rentoilés aux frais du département, coût 5.000 1.) (3), mais garda les volumes explicatifs (#), sous prétexte qu’il n’y en avait qu’un exemplaire. Le département de la Corse a plusieurs fois tenté de récupérer ces registres, nécessaires à l’intelligence du vieux plan et inutiles à Paris (6).
Quoi qu'il en soit, il n'existait toujours aucune carte gravée de la Corse méritant d’être citée. Du moins le Dépôt de la Guerre possédaït « tous les éléments et tous les matériaux propres à en créer une parfaite ». Aïnsi s’exprimait, en 1816, la Commission réunie par le général d'Ecquevilly
(1) Pierre Jacotin, qui depuis 1781 était attaché comme géomètre au cadastre de la Corse, sous la direction de son oncle Testevuide, fut chargé de cette besogne et il la mena à bien, malgré le mauvais vouloir des Anglais. Né à Champigny, près de Langres (Haute-Marne), le 11 avril 1765, Pierre Jacotin, après sa mission en Corse, suivit Bonaparte en Egypte et devint rapidement directeur des opérations topographiques. directeur du corps des ingénieurs-géographes, membre de l’Institut. A son retour en France (1801), il fut promu au grade de colonel du Génie et nommé chef de la partie topographique du Dépôt général de la Guerre, Il conserva ses fonctions jusqu’à sa mort, survenue à Paris le 4 avril 1827. — Cf. Jomanrp, Notice nécrologique (discours prononcé sur la tombe du colonel en 1827) ; — Le- RENAUDIER, Notice lue à la Société de géographie ; — RABBE, VIEILH DE BolssoLiN et SAINTE-PREUVE, Biographie universelle et portative des contemporains.
(2) Comme ils avaient emporté le Registro delle deliberazioni del Consiglio di Stato del Regno di Corsica qui, retrouvé récemment en Angleterre et acquis par un Corse, M. SANTA MartA, consul de France à Chichester (Sussex), vient de faire retour aux Archives départementales d’Ajaccio (cf. rapport de l’Archiviste, 1921).
(3) Arch. départ., C 143-181. Cf. plus bas, p. 56.
(4) Bibl, du Min. de la Guerre. Mss 840-856. Cf. plus bas, p. 46.
(5) Cf. un rapport de M. Narazr au Conseil Général de la Corse
(septembre 1921).
en vue d'étudier l’état des travaux du Dépôt de la Guerre. Il ne s'agissait que d'utiliser les papiers et les plans de Tranchot (), de Bédigis et de Testevuide, La Commission proposait de rédiger sans retard cette carte, dont elle déplorait l’absence, à l'échelle d’un mètre pour 100.000 m. : « six ingénieurs et deux dessinateurs suffiront à la construire en quelques mois, elle sera immédiatement gravée et mise avec succès dans le commerce. » Terminée sous la direction de M. le comte Guilleminot, lieutenant général, pair de France, directeur du Dépôt général de la Guerre, elle fut publiée sous le ministère de S. E. Mgr le baron de Damas, pair de France, secrétaire d'Etat au Département de la Guerre (), à Paris, en 1824. Carte tout à fait remarquable, « parfaite au point de vue de la gravure, du trait de la lettre, du filé des eaux », « un des plus beaux spécimens de montagne en lumière oblique » et à laquelle il ne manque, comme à toutes les cartes de cette époque, que l'indication des cotes d’altitude (3),
Il convenait de comprendre dans le cadre de notre étude cette carte de 1824, dont les « matériaux » et les « éléments » ont été réunis, sur l'initiative de Choiseul, par les géomètres et les ingénieurs envoyés en Corse après la conquête.
() Cf. la Mission hydrographique de Corse (1820-1824), par TRaAN- HOT, 4 vol. (480 X 340 m/m), au Dépôt des Cartes et Plans du Ministère de la Marine (n° 986). :
(2) Cf. les Mémoires du baron pe Damas (1785-1862) publiés par son petit-fils, le comte de Damas, qui viennent de paraître chez Plon (1922 et 1923), en deux volumes in-8° de xv + 342 et 380 pages : t. I (1785-1822), t. II (1823-1862),
(3) Cf. BerTHaUT, La Carle de France, 1, 158-159, C’est en 1802 TT été prise la décision en faveur de la lumière oblique (p. 137-