‹ La Corse de 1768 à 1789Chapitre 40 sur 63 · PA ER · texte numérisé non relu

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James Boswell, d'Edimbourg (1740-1795) () est, suivant l'expression de M. G. Courtillier @), « le premier globetrotter que la Grande-Bretagne ait envoyé à la Corse » et, semble-t-il, « le premier poèle que ses paysages aient troublé ». Ajoutons qu’il fait de Paoli un éloge sans réserve et peut-être () sans mesure. Il publie en 1768 An account of Corsica, the journal of a tour to that island, and memoirs of Pascal Paoli (2 éd., Glascow et Londres) dont le succès est considérable : le Journal Encyclopédique des 1°” et 15. juin 1769 l’analyse aussitôt (1), et déjà l'ouvrage est traduit en allemand, en français, en italien G), Il y a notamment deux traductions françaises : Relation de l’isle de Corse, Journal d'un voyage dans cette isle et Mémoires de Pascal Paoli (trad. sur la 2° éd. angl. par S. du Bois). La Haye, 1769, in-8° de xvi + 240 p., et Etat de la Corse, suivi d’un journal de voyage dans cette ile (trad. de l’angl. et de l’ital.), Londres, 1769, in-8°) (6).

Bellin, Description géographique et historique de l’isle de Corse, pour joindre aux cartes et plans de cette isle (Paris, Didot, 1769) (7), Peu d'originalité, croit à la régénération de la Corse par le commerce.

- L’abbé de Germanes, vicaire général de Rennes, partage le même enthousiasme que Boswell. Mais son Histoire des Révolutions de Corse depuis ses premiers habitants jusqu’à nos jours (3 vol. in-12, à Paris, les deux premiers en 1771,

(1) Cf. L. Brrer, Boswell, Relation de l'Isle de Corse (Revue de la Corse, n° de juillet-août et sept.-oct. 1920, p. 84-88 et 109-113).

(2) Loc, cit., p. 33.

(3) Telle est l’opinion du POMMEREUL, Discours prélim., p. 6-9.

(4) En lui attribuant une date fausse (1763) ; mais en conservant — sur quoi M. G. Courtillier s’appuie-t-il pour affirmer le contraire ? — le titre exact de l’édition anglaise, k

(5) Cf, dans la bibliogr. Roland Bonaparte (1768, 1769, 1770) quelques-unes des traductions les plus importantes.

(6) « BosweLL prit part aussi à la publication d’un petit volume sous le titre d’Essays in favour of the brave. Corsicans, ayant pour objet d’intéresser la nation anglaise en faveur des Corses. On y trouve de bons renseignements et des données intéressantes, Les New Essays, autre ouvrage publié à Londres vers la même époque, contient un grand nombre de traits héroïques et d’actes de courage attestés par

des témoins oculaires » (Jacogt, Hist. gén. de la Corse (1835), I, Intr.,

P. Lui).

(HACMRMATnéeNLTTLAAUTON UE AIN

chez Hérissant le fils ; le 3° en 1776, chez Demonville), est un ouvrage officiel, écrit sous l'inspiration et la surveillance du gouvernement (1), Le premier volume est consacré à une description géographique et à un catalogue d'histoire naturelle, dont Bellin et Jaussin ont fait tous les frais ; puis il commence l'histoire politique de l'ile jusqu’à Théodore. Le second volume relate l’expédition de Maill'bois et l’histoire de Paoli, et se termine (p. 191-309) par une série de considérations fort curieuses : précis historique de la législation de Corse; — génie des Corses ; —— caractère et mœurs des Corses ; — coutumes et usages des Corses; — transmigration des Maïnotes et leur établissement dans l’Isle de Corse. L'abbé de Germanes admire presque tout de la Corse — peut-être par ordre — et il attend beaucoup de ce peuple s'il sait se plier aux impulsions de l'administration française. Ces sentiments reparaissent dans la préface du t. IT et dans les renseignements qu’il donne jusqu’à 1774 (quelques extraits de procès-verbaux des Assemblées de 1770 à 1772, avec quelques autres documents à la fin du volume). La critique contemporaine lui reprocha des erreurs, surtout géographiques ®), et son style trop diffus (3%), Mais le succès en fut considérable et c’est cet ouvrage dont Napoléon Bonaparte, lieutenant en second au régiment de La Fère, réclame les deux derniers volumes à M. Paul Borde, libraire génevois (de Valence, le 29 juillet 1786) (4),

Que faut-il penser du voyage que le comte Maximilien de Lamberg, chambellan de l’empereur, fait en Corse (et

(1) Cf. notamment ce qu'il dit sur la légitimité de la possession génoise et de la transmission à la France. Germanes n’alla en Corse qu’en 1776, comme vicaire général de Sagone et inspecteur général des quatre collèges royaux de l’île (Rossi, Oss. Stor., XIII, 12, p. 52) ; mais il paraît s'être documenté auprès des Etats de Corse, auxquels il adresse en 1773 ses deux premiers volumes (séance du 30 nov. 1773, P. V., p. 144-145). Sur sa documentation aux Archives de la Guerre, cf. plus haut, p. 39, n° 3669,

(2) Il fait couler le Golo au pied du château de Corte,

(3) Journal Encyclopédique, 15 sept. 1771, 15 juin et 1‘ août 1776. Cf. aussi l'Année lilléraire (1771, t, IN) et le Journal de Trévoux (nov. 1778).

(4) Cosron, {, 99 ; F, Masson, Napoléon inconnu, I, 138, n. 1.

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