ROUTES FORESTIÈRES
Des amis corses qui les ont parcourues, me disent que, pénétrant dans les endroits les plus sauvages de l'île, elles sont de toute beauté. J'aurais bien voulu les explorer, mais le temps me manqua toujours. Puis elles conduisent dans des forêts, à travers des montagnes, où il y a peu ou point d'habitants ou de ressources pour un voyageur. Pour explorer la Corse aa moj'en de ces routes, il faudrait voyager comme l'on voyage en Australie ou au Cap de Bonne-Espérance, avec un bon chariot couvert, bien muni de vivres. On coucherait dans ou sous le chariot, et l'on ferait la cuisine en plein air. Un mois, en avril et mai, passé dans les montagnes et les forêts vierges de la Corse, de cette façon, serait un mois de délices pour les amants de la nature.
En descendant le versant occidental de la montagne, nous nous arrêtâmes pour mangera Bocognano. C'est un gros village au milieu d'une forêt de châtaigniers, comme Orezza, à 400 mètres à peu près au-dessus de la mer. Quoique nous fussions à la fm d'avril, les châtaigniers n'avaient pas encore de feuilles.
Les habitants d'Ajaccio viennent se réfugier à Bocognano, sous le feuillage de la forêt, contre les chaleurs de l'été. Il doit toutefois y faire très-chaud, car même en avril la chaleur était intense. Il faut monter bien plus haut pour trouver la fraîcheur en été, ce dont les Corses n'ont pas encore l'air de se douter. La plupart, sinon toutes leurs stations d'été, sont seulement à 4 ou SOO mètres d'élévation.