‹ La Corse et la Sardigne [electronic resource]Chapitre 52 sur 102 · AJACCIO. — PATRIÉ DE NAPOLÉON. IH · texte numérisé non relu

AJACCIO. — PATRIÉ DE NAPOLÉON. IH

qu'il fût tout c\ fait lancé dans sa glorieuse carrière militaire. A partir de ce moment, ce grand homme n'eut plus de loisirs. Son esprit était toujours rempli de projets grandioses et ambitieux, son temps et sespensées furent toujours absorbésparles idéesqui se rattachaient à leur accomplissement. Sa petite île natale, même sa nationalité corse, passèrent dans l'ombre, etsemblent ne lui être guère revenues à l'esprit que quand il fut enchaîné à une autre île perdue dans l'immensité de l'Atlantique, le rocher de Sainte-Hélène. Le souvenir aussi de sa famille, de sa mère, madame Lsetitia, de ses frères, de ses sœurs, se trouve partout et revient à chaque moment à l'esprit. Car eux aussi eurent des fortunes merveilleuses, et s'élevèrent à sa suite, les uns pour devenir des rois, les autres pour épouser des princes.

Ma première visite le lendemain de mon arrivée fut pour la maison de la famille napoléonienne, celle dans laquelle le grand empereur, le héros, naquit. J'y entrai avec recueillement, comme dans un lieu consacré par l'histoire. C'est une bonne maison, bien construite, et évidemment destinée, au siècle dernier, à être habitée par l'une des premières familles du pays. Elle est au centre de la ville, sur un petit square, et tellement environnée par d'autres habitations plus élevées qu'on ne voit ni la mer ni les montagnes. La vieille maison fut restaurée par Napoléon III, qui rechercha, acheta et fit remettre en place, autant que possible, les vieux meubles d'autrefois. Il essaya de replacer la maison entière dans les conditions qu'elle présen-

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