L\ CORSE
Sartène, y arrive le soir. Toute la route est d'une beauté remarquable, et du coupé de la diligence, on voit perfaitementle pays que l'on traverse.
Comme sur la côte nord-ouest au nord d'Ajaccio, des éperons ou arcs-boutants granitiques, au nombre de huit, se détachent de la chaîne centrale, et descendent obliquement, dans la direction du sudouest, à la mer. Ces montagnes secondaires encaissent des vallées boisées, fertiles, ravissantes, de sorte que la route ne fait que monter et descendre. Aussitôt qu'elle a péniblement atteint la cime rocailleuse d'une arête, elle descend le versant opposé, pour trouver, au fond de la vallée, un torrent venu de la grande montagne, qui se précipite à la mer, en bondissant sur les pierres de 5on lit. On passe la rivière sur un bon pont, on traverse quelques cultures au fond de la vallée, et puis la montée de l'épej-on suivant recommence. La route a été construite dans ces derniers lemps, à grand frais, et avec beaucoup de peine, à force de mines. On est parvenu ainsi à creuser, à former une voie serpigineuse sur les flancs de ces montagnes, à travers les rochers granitiques les plus durs et des grès sablonneux, compactes ou désagrégés.
Grâce à la profondeur des tranchées faites sur les flancs de la montagne, le caractère de la végétation se révèle à chaque pas de la route. On voit les racines des arbres et des plantes pour ainsi dire à l'œuvre ; leur manière de se conduire est révélée, et des faits très-intéressants de botanique, de nutrition végétale, se produisent au grand jour. Ainsi un des problèmes de la végétation, dans un climat