LES MONTAGNES
pas en général une grande élévation. Il y a cependant des exceptions. Ainsi le pic de Limbarra, dans le Gallura, a une élévation de 1 ,200 mètres, et celui de Genargentu , presqu'au centre de l'île, atteint près de 2,0(J0 mètres. Souvent des formations calcaires, secondaires, sont superposées aux schistes, et au point de contact se trouvent des minerais en grande abondance, surtout le plomb et le zinc.
La partie occidentale de la Sardaigne est occupée par plusieurs groupes de montagnes qui ne sont pas reliées entre elles ; les unes primitives, les autres secondaires, et quelques-unes de formation volcanique. Ces montagnes s'avancent irrégulièrement dans la mer sur beaucoup de points, de manière à donner lieu à des promontoires, des golfes ; mais elles ne forment pas des contre-forts réguliers, du nord au sud-ouest, comme dans la Corse. Cette irrégularité de la côte occidentale lui donne un caractère plus pittoresque que celui de la côte orientale, elle est moins découpée, plus accidentée et plus sévère.
La plaine d'Oristano, au centre, et celle de Cagliari, séparent un quadrilatère de montagnes, qui occupe la région sud-ouest de l'île. Au sud-est de ce quadrilatère montagneux, on trouve les montagnes granitiques et calcaires de Sulcis. Plus au nord, ce sont les montagnes de Murgiani et d'Arcuenta, le tout formant un fouillis de montagnes et de vallées boisées très-pittoresques. C'est dans cette région que se trouve la ville d'Iglesias, le centre des opérations ininières de cette partie de la Sardaigne. Depuis une vingtaine d'années une foule de mines
de plomb et de zinc ont été ouvertes dans ce pays par des compagnies italiennes, françaises, anglaiseSj allemandes. Presque partout^ au point de contact des schistes et des formations calcaires, on trouve ces minerais en abondance.
Entre les deux rangées de montagnes qui occupent l'est et l'ouest de la Sardaigne, au centre de l'île, il y a une série de plaines, dites Campidani, qui dans quelques endroits arrivent à la plage occidentale, comme à Alghero et à Oristano. Ces plaines forment une espèce de canal ou d'entonnoir, descendant du nord au sud de l'île, de Sassari à Cagliari, encaissé entre les montagnes qui occupent les régions orientales et occidentales.
A travers cet entonnoir, les vents du nordf du nord-ouest et du nord-est, soufflent avec violence en hiver, et modifient le climat de presque toute la Sardaigne, le rendant plus froid que la rivière de Gênes, qui est de trois degrés plus au nord. La végétation de Caghari, exposée en plein à ces vents, soufflant du nord à travers les plaines centrales, prouve que le climat d'hiver y est un peu plus froid qu'à Monaco, Menton et Saint-Remo. Cependant Cagliari n'est qu'à 200 kilomètres de l'Afrique et les chaleurs d'été y sonttorrides; tant est puissante l'influence de « la protection » contre les vents du nord," quand il s'agit de climat. .
Par suite de cette conformation physique du pays, les plaines centrales de l'île, qui occupent presque le tiers du pays, et où se trouvent les trois villes principales, Sassari, Oristano et Cagliari, pré- . sentent une végétation méridionale, il est vrai, mais
LES PLAINES CENTRALES. « CAMPIDANI ». m
pas une végétation aussi exceptionnellement méridionale que celle de Menton, de Monaco et de San Remo, les points les plus abrités et les plus chauds de la rivière de Gênes.
Quand toutefois Ton quitte les plaines centrales pour entrer dans les montagnes, on reconnaît, en examinant et étudiant la végétation, l'indice nonseulement d'étés très-chauds, mais aussi d'hivers très-doux. On y trouve maintes vallées privilégiées, protégées contre les vents du nord par des montagnes courant de l'est à l'ouest. Dans ces vallées, l'hiver est probablement aussi doux que sur la partie orientale de la rivière de Gênes, ou qu'à Ajaccio en Corse.
D'un autre côté, les étés doivent être encore plus chauds ; aussi l'oranger et le citronnier y vivent et leurs fruits mûrissent tout aussi bien.
Ces plaines centrales ou « campidani », sont extrêmement malsaines en été et en automne, de juin en octobre ou même à la fin de novembre, par suite de la malaria qui s'appelle en Sardaigne intempérie. La cause en est facile à expliquer. Les pluies torrentielles des équinoxes d'automne et du printemps, descendant sur les flancs des montagnes qui occupent les parties orientales et occidentales de l'île, viennent s'épancher dans ces plaines centrales, et y occasionnent des inondations presque générales. Les eaux s'écoulent à la mer avec difficulté, à cause du petit nombre de rivières qui y aboutiss'ent, et les plaines ne se dessèchent complètement que sous l'influence du soleil ardent de l'été. Ainsi se développent, avec exagération, les
conditions qui donnent lieu à la malaria, aux fièvres d'accès, dans tout le bassin de la Méditerranée. Ces plaines qui, comme nous l'avons vu, occupent le tiers de la Sardaigne sont presque inhabitables à cette époque de l'année ; les seuls villages qui s'y trouvent, et qui sont habités toute l'année, sont sur des hauteurs ûu des contre-forts qui s'avancent dans les plaines, çà et là. Ils sont, par conséquent, en partie soustraits aux influences qui produisent (d'intempérie " dans lès régions plus basses.
Une région volcanique occupe le centre de l'île, commençant à Monastor au nord de Cagiiari. Aux environs de cette ville, il y a un double cratère, à présent boisé, et on y a construit un assez beau pont avec du trapp rouge. Les formations volcaniques qui régnent autour de Monastor ont imprinié au pays un aspect très-pittoresque. Ces formations se continuent vers le nord entre les monts Nurri et Sardaru, et comprennent les bourgs d'Ales, Miles et San Lussurgiu. Ce dernier est construit dans le cratère même d'un volcan éteint.
Les formations volcaniques s'étendent à Bonarva et à Queremula, au nord, sur les bords de la grande plaine de Giavesu, où se voit un cratère qui par suite de sa forme conique et de l'état des cendres rouges qui le composent, paraît avoir été récemment en action. Tout le pays à l'entour est formé de laves, de scories irrégulières de roches obsidiennes, de pozzolana indurée, avec de hautes collines de tuf porphyritique, couchées sur des roches calcaires.
Les couches volcaniques se continuent plus au nord, à travers les pays de Codrongianus et d'Osiho,