GÉOLOGIE. — RÉGIONS VOLCANIQUES
dans la région mon tueuse à Test de Sassari, au milieu de restes de cratères, jusqu'à Castel Sardo sur la côte nord. Là elles forment des falaises de cent mètres au-dessus de la mer. La plupart des maisons de Castel Sardo, ainsi que le mur d'enceinte, sont construites sur la lave. Dans celte région, la rivière Coguinas forme la limite géologique entre les formations primitives de la partie orientale de la Sardaigne, et les formations volcaniques du nord-ouest.
Parles formations volcaniques, que nous venons d'indiquer très-sommairement, la Sardaigne se rattache au système volcanique de l'Italie et de la Sicile, aux volcans en activité, le Vésuve et l'Etna, comme le fait la France par les volcans éteints de l'Auvergne. Une ligne tirée du mont Hecla en Islande, volcan en pleine activité, jusqu'au mont Etna en Sicile, aussi en pleine activité à présent, passe par une suite de régions, Écosse, France, Sardaigne, dans lesquelles se trouvent des indications nombreuses et importantes, d'une grande activité volcanique dans le passé géologique.
Le système des montagnes de la Sardaigne se rattache aussi physiquement et géologiquement à celui des monts Atlas en Afrique. Le point le plus méridional de la Sardaigne, le cap Teulada, est séparé de la côte d'Afrique par moins de 200 kilomètres de distance, et la mer, dans ce détroit, n'a pas une grande profondeur. Evidemment les montagnes de la Sardaigne se rattachent aux chaînes qui constituent les monts Atlas, et qui occupent le nord-ouest de l'Afrique, formant l'Algérie et le Maroc.
Il en est de même de la Sicile et de l'Italie. Le détroit qui les sépare est peu profond, et évidemment les Alpes se continuent, par les Apennins et la Sicile, dans la région sous-marine, jusqu'en A.frique. La montagne la plus élevée de la Sardaigne, le Genargentu a, comme nous l'avons vu, 2,000 mètres d'élévation, ce qui est presque aussi haut que les cimes les plus élevées du mont Atlas. Comme lui, il a « le front chauve, les épaules courhées » » et pour- « rait l'aider à porter le monde. »
Les rivières de la Sardaigne sont nombreuses, mais la plupart ne sont que des torrents, grossis parlapluie et laneige qui tombent sur les montagnes en hiver, et presqu'à sec en été, comme la plupart des petites rivières du midi de l'Europe. Il y en a quatre, toutefois, qui ont un volume assez considérable pendant une grande partie de l'année: 1° le Tirsi, le Thrysus de Ptolémée, qui drainant les montagnes et les plaines des régions centrales de l'île, après un parcours de 130 kilomètres, se jetteà la mer sur la côte occidentale au nord de la ville d'Oristano ; 2° Le Goguinas, qui réunit une grande partie des eaux de la région montagneuse du nord -est, et a son embouchure sur la côte nord à Gastel-Sardo ; 3° Le Flumendoso, le Sœprus de Ptolémée, la rivière pri*cipale de la partie orientale de la Sardaigne, qui après un cours tortueux d'à peu près 100 kilomètres dans des vallées profondes et pittoresques, au milieu des montagnes, se jette à la mer entre deux promontoires rocheux et bas, sur lesquels sont construites les tours deXaUnias et de Coralio ; 4° La Manu qui prend sa source dans les