DEUXIÈME OBSERVATION
Gastralgie rebelle à tous les moyens et liée à un état chlorotique avancé.
« Mademoiselle P. L. . . , de Coggia , âgée de dix-huit ans, d’un tempérament lymphatique nerveux, à constitution éminemment détériorée , présentant tous les stigmates de la chlorose : teint pâle, anémie, bouffissure de la face , bruit de souffle au cœur et aux carotides , menstruation irrégulière et à peine marquée aux époques, était sujette, depuis l’âge de quatorze ans, où ces phénomènes avaient commencé à paraître, à la dyspnée , aux palpitations. Les digestions étaient bien difficiles, le goût dépravé; parfois il y avait des dou-
leurs constrictives à l’épigastre. Ces douleurs s’exaspéraient par moments à tel point, qu’elles donnaient lieu à des attaques hystériformes. Le ventre était presque toujours ballonné, surtout à l’approche des règles, avant, pendant et après chaque 'époque ; elle était sujette à des vomissements qui ne permettaient le séjour d’aucun aliment dans l’estomac. Cet état morbide l’avait x'éduite à un degré de faiblesse très-prononcé, line certaine teinte jaune de la face et les douleurs épigastriques qui semblaient avoir le pylore pour point de départ avaient fait supposer à plusieurs médecins une dégénérescence de celte partie de l’estomac.
» Les ferrugineux , les toniques et toutes sortes d’einménagogues avaient été administrés à cette malade. Puis on avait eu recours aux calmants sous toutes les formes. Enfin ou lui avait largement fait user du. sous-nitrate de bismuth , et tout cela vainement. Elle se décida à aller aux eaux de Guagno. L’examen rigoureux du médecin fit exclure chez celte malade toute affection organique. Elle fut d’abord soumise à quelques bains à température douce et peu prolongée, aux promenades malin et soir, à une nourriture légère. Bientôt elle put prendre les eaux en boisson , coupées d’abord , pures ensuite. Au bout d’un mois, elle en prenait quatre verres par jour; le régime fut basé sur l’usage des viandes rôties, qu’elle commençait à bien digérer. Durant le second mois , avec les bains , les eaux en boisson, on prescrivit l’usage des douches sur la région lombaire et les douches ascendantes sur l’utérus. La fatigue pouvant être supportée, les promenades furent prescrites plus longues. A la fin du deuxième mois, cette demoiselle était débarrassée de sa gastralgie et