‹ La Corse et son avenirChapitre 146 sur 256 · TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME OBSERVATION

Tumeur llanclie du genou droit arrivée à un étal alarmant avec menace de perle du membre

» M. V..., d’Ajaccio, jeune homme de dix-huit ans, lymphatique, constitution faible, avait été pris de tumeur blanche au genou droit dès le mois de juin 1851. Cette grave affection marcha envers et contre tous les moyens actifs mis en usage pour l’enrayer. La jambe était dans une demi-flexion permanente; l’articulation malade avait à peu près deux fois le volume de l’autre. II n’y avait aucun mouvement possible dans la jointure. Tout le membre était dans un commencement d’atrophie prononcée ; le moindre mouvement suscitait des douleurs très-vives. Le malade gardait ta lit depuis plus de huit mois, et ne pouvait même pas supporter la marche en béquilles. Il était arrivé à un état d’amaigrissement prononcé ; on avait même cru remarquer quelques commencements de désordre dans tas organes pulmonaires. Des sueurs nocturnes, un état fébrile coutinu, justifiaient à cet égard tas prévisions qu’avait données l’examen direct de la poitrine.

n Un traitement général et local avait été méthodiquement institué : tas sangsues , tas vésicatoires , les cautères sur 1e genou, et ta repos le plus absolu du membre, tas toniques, tas ferrugineux, tas préparations d’iode à l’intérieur, puis l’huile de foie de morue, telle fut en substance la base de ce traitement.

» M. V... arriva aux eaux de Guagno dès les premiers jours de juin, et y resta jusqu’au commencement d’août. Les bains quotidiens d’abord, puis alternant avec des douches sur le membre malade et les eaux eu boisson , telle est la conduite à laquelle il s’astreignait rigoureusement.

» La diminution du volume du genou ne tarda pas à se manifester ; l’appétit se manifesta vif et franc ; quelques commencements de mouvement s’opéraient dans l’articulation malade ; au bout d’un mois le malade pouvait marcher sans douleur, simplement appuyé sur une canne ; le membre arrivait à un état fort voisin de l’extension complète, et sa nutrition s’opérait à tel point qu’il était difficile d’établir une différence avec son congénère quant au volume. Les douches firent accélérer la marche des effets merveilleux commencés par les bains. Bref, quand M. V... retourna à Ajaccio, au mois d’août, il y avait chez lui une mutation complète. Le membre malade ne présentait presque plus aucune différence avec l’autre ; la marche était facile, sans douleur, le jeu de l’articulation à peu près semblable à celui de l’autre articulation , et la constitution générale était reconstituée à tel point qu’on n’eût jamais dit que ce jeune homme avait été malade.

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